Ancêtres de Maurice Pignard

1916-1994 (mon père)

Cette "histoire" commence en Normandie aux alentours des années 1650, faute de pouvoir, dans l'immédiat, "remonter" plus loin.

situation en France

Louis XIII a épousé Anne d'Autriche et donné tout pouvoir à Richelieu pour mater la noblesse et anéantir le mouvement protestant. La guerre de 30 ans, 1618/1648, déclenchée par les Hasbourg, aussi longue qu'atroce, a entraîné Louis XIII dans la guerre contre l'Espagne malgré des finances catastrophiques.

Le financement de cette guerre a mécontenté le peuple et, à la fin de l'automne 1639, vingt mille paysans de Normandie dévorés par la guerre, la peste et le fisc, se révoltent contre le pouvoir Royal qui veut rétablir la gabelle, l'impôt du sel. Une cruelle répression s'en suit grâce à de nombreux mercenaires étrangers qui pendront des centaines de meneurs.

Louis XIII va décéder le 13 mai 1643 alors que le jeune Dauphin n'a que quatre ans. La Reine devient régente et Mazarin gouverne le royaume. L'armée du roi affronte l'armée des princes et il ne fait pas bon, en ces temps là, battre la campagne où le danger guette à chaque coin de bois.


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1ère génération : CHARLES, des migrants venus d'ailleurs, aux origines un peu floues.

Né vers 1650, grain de poussière dans l'histoire, sujet de sa majesté Louis XIV, mon ancêtre le plus lointain connu est
Charles PIGNARD. Il décède le 18 mars 1705 à Ferrière-au-Doyen dans l'Orne, village proche de Moulins-la-Marche, aux confins du Perche. Il existe, aussi, un Gilles Pignard dont je n'ai pas retrouvé la trace. Ils sont probablement frères, car des petits enfants du couple porteront ce prénom. Ses conditions de vie resteront mystérieuses et rien de la petite histoire de cet homme ne filtrera à part quelques lignes griffonnées par le curé sur le registre paroissial celui-ci ne prenant pas la peine de noter les noms de ses parents. Pourtant, ils existaient.., ils connaissaient des joies et des peines mais seront perdus à jamais dans la brume du passé.

Charles s'est marié vers 1680 avec Anne Chauvin, celle-ci lui ayant survécu presque vingt ans. Elle sera inhumée dans la même commune le 7 août 1724. Ils auront au moins six enfants, dont deux seulement sont susceptibles d'avoir survécu : Pierre et François, ce dernier devant être mon aïeul.

Aucune trace de leur naissance ou de leur mariage dans les registres de la paroisse. D'où venaient-ils ? Mystère...

Les bûcherons, les charbonniers vivaient au milieu de la forêt qui était autrefois un espace de liberté, même s'il s'agissait de terres féodales, propriété d'un seigneur ou de l'Eglise, car la forêt, à cause de la peur et la crainte qu'elle inspirait, restait un espace de liberté pour ceux qui s'y réfugiaient.

En effet, depuis le Moyen-âge, le défrichement des forêts restait l'oeuvre de "colons" ou "hôtes", c'est-à-dire des gens que le seigneur ou l'abbaye appelait sur son domaine et auxquels il donnait une masure avec un peu de terrain pour un potager, à la seule condition qu'ils mettent la terre en culture ou qu'ils assurent le déboisement et le défrichement des bois alentours.

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Le nom de PIGNARD, auquel on associe souvent : Pillard, Piniard, Pinard et quelques autres orthographes, est beaucoup plus présent dans les actuels départements de la Loire, la Haute-Loire et plus largement le Massif-central, d'où les scieurs de long, les bûcherons, émigraient en groupe pour quelques mois de campagnes forestières, car les routes n'étaient pas sûres.

La plupart sont unis par des liens de parenté ou de voisinage.

Les causes de cette migration sont nombreuses : grande pauvreté, hivers très rigoureux, successions au profit exclusif du fils aîné. Aussi, beaucoup, les cadets en particulier, iront chercher femme et fortune par les chemins de la scie. Mais, pour "entrer gendre" il fallait démontrer son courage, son savoir-faire, son sérieux, avec parfois un brin d'opportunisme.

Les loups deviendront renards..!

Ceci peut expliquer l'essaimage du nom Pignard dans l'Orne, l'Eure, l'Eure-et-Loir, la Sarthe et tend à laisser penser que quelques-uns de ces migrants se sont fixés, dès le XIIIème siècle, à travers des unions avec des Normandes.


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La Ferrière au Doyen

2ème génération : FRANCOIS, bûcheron et charbonnier, un dur métier.

François I PIGNARD (19 février 1681-10 avril 1742), voiturier de charbon (de bois), ferme les yeux pour l'éternité à 61 ans au village "du Boulay" à 7 km au nord de La Ferrière-au-Doyen dans l'Orne. Que son âme repose en paix car sa vie n'a pas du être un long fleuve tranquille, l'insécurité régnant sur les routes lorsqu'il effectuait des livraisons de bois dans les communes d'alentour. Il a affronté de nombreux dangers dans un univers brutal et sans pitié où rôdent les loups et les hommes.

Dans les brumes hivernales, des ombres glissent vers l'église illuminée par la lueur dansante des chandelles qui éclairent le registre des mariages. Le curé de La Ferrière au Doyen trempe sa plume d'oie bien taillée dans l'encrier tout proche pour constater l'union, ce 19 novembre 1701, de son ouaille François Pignard avec Marguerite du Boulay, fille de Robert et Hélène Leroux, une famille bien implantée dans la région, originaire de St-Martin-des-Aspres, une commune située à quelques lieues.

Les jeunes mariés ne savent pas écrire et paraphent à l'encre noire, d'une main tremblante, d'une croix au bas du document, laissant ainsi leur empreinte pour l'éternité et quelques pâtés !

Il faudra encore une bonne centaine d'années pour que ces fils de bûcherons, qui n'ont connu d'autres paysages que les forêts du Perche, qui ne savent lire que dans la position du soleil, des étoiles, dans la couleur d'un feuillage, d'un vol d'oiseau ou la course d'un marcassin, ouvrent un livre et apprennent à lire grâce à un instituteur ce jour-là bien inspiré.

C'est ainsi que, contrairement à la coutume de l'époque, qui veut que les époux soient accompagnés de leurs parents ou tuteur, si ces derniers sont décédés, d'oncles ou de frères, il n'existe sur l'acte aucune mention de ceux-ci concernant François le nouvel époux. Ceci pourrait laisser penser et confirmer qu'il n'est pas de la région.

Ses témoins sont "Pierre et Louis Giboreau, des parents", sans qu'il soit précisé la nature de cette parenté dont on ne retrouve aucune trace sur les livres paroissiaux de la région. (La majorité à l'époque est de 25 ans).

La mariée, quant à elle, est assistée par sa mère et sa soeur Françoise, son père étant décédé.

Marguerite du Boulay, l'épouse, est née en 1687. Elle décèdera à 22 ans le 18 mars 1709, probablement lors de la naissance de son 3ème enfant.

De cette union sont venus au monde : - François en 1703, mon ancêtre, (paragraphe suivant)
- Renée, une fille en 1705,
- Jean en 1709.

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Pendant ce temps, Louis XIV, dont le règne sera long puisqu'il décède le 1er septembre 1715, à 77 ans, avait compris très vite l'importance des richesses forestières du pays. Il fallait construire des navires pour contrer l'imposante flotte anglaise et aller conquérir et peupler les terres d'Amérique du Nord et du Canada. Serait-ce la première mondialisation ?

Aussi, les forêts subiront de nombreux et dévastateurs assauts et leur état, au fil des années, deviendra alarmant. Des édits royaux réglementeront l'exploitation des mines de fer et la création de forges dans les forêts.

Enfin, partant de Tourouvre, ville proche à quelques kilomètres de Ferrière, où l'on trouve quelques traces des Pignard dans ces années 1650/1700, de nombreuses familles s'expatrient vers ces terres de liberté que sont l'Amérique et le Canada, pour fuir les périodes de grandes famines, les épidémies de variole, de choléra, de peste, mais aussi les impôts excessifs prélevés par les Seigneurs propriétaires des terres . Ces gens du peuple, à la vie humble, en avaient assez de courber l'échine devant leurs maîtres.

Où ont-ils émigré nos chers cousins, ceux qui, dans leur rêve de fraternité et d'égalité, ne craignaient pas d'aller porter plus loin leurs sabots, et braver l'océan, pour changer de condition en emmenant leur nichée ?

3ème génération : FRANCOIS, voituriers de charbon, une activité lucrative.

En ce début du 18ème siècle, de nombreuses forges se sont installées auprès des rivières et des étangs. Il faut produire et transporter le charbon de bois nécessaire au traitement du minerai de fer. Des clairières sont ouvertes dans les jeunes futaies et concédées pour nourrir les nombreux mulets et chevaux utilisés pour le transport du charbon de bois, car la charbonnerie est un métier sérieux et le voiturier fait de bonnes affaires.

Les femmes conduisent les attelages, les enfants qui ne sont pas scolarisés gardent et soignent les animaux domestiques, ramassent le bois mort, gardent les tout-petits, ils ne chôment pas !

Contrairement au "charbon de terre", la houille venue des profondeurs du sol, le charbon de bois est issu de sa propre combustion incomplète et lente. C'est un produit fabriqué par l'homme. On l'obtient à partir de meules, de quarante à cinquante stères, établies à partir de coupes de bois. Cette méthode occupait un grand nombre de manouvriers qui vivaient en forêt de façon permanente, dans des loges.

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Les deux fils de François I, (François et Jean) seront marchands et voituriers de charbon (de bois) comme leur père.

Le premier des fils,
FRANCOIS PIGNARD II, mon ancêtre (18 janvier 1703-25 avril 1771), est né à Ferrière-au-Doyen sous le règne du Roi Soleil, il décède dans cette même commune à 68 ans et s'est marié à quatre reprises :

1)- le 10 juin 1721, avec
Marie DURET, dont il aura deux enfants : Jean et Claire. Je ne sais quand elle décède.

2)- le 11 novembre 1726, avec Françoise MARE. Cette deuxième épouse mettra au monde 11 enfants. Trois seulement survivront, dont
Gilles mon aïeul,

3)- le 4 juillet 1750 avec Marguerite LEROUX, veuve en première noce de Louis Choisné dont elle a eu plusieurs enfants,

4)- En dernière noce, avec Marie AUBERT, dont il aura une fille, Marie, née le 21 février 1768, mais qui décède à 14 ans le 12 août 1782.

En ce temps là, la vie d'une femme tient à un fil à cause de grossesses successives toujours problématiques. Le jeune veuf, le plus souvent chargé de famille, doit retrouver un compagne très vite. Nombreuses sont donc les familles recomposées.

Les épidémies, à cette époque, font des ravages notamment chez les jeunes enfants : la fièvre typhoïde, la rougeole, la scarlatine, la varicelle, la rubéole, la diphtérie, le croup, sorte d'angine, sans parler de la peste extrêmement contagieuse lors des années 1740 et 1760, sans oublier la variole dont Louis XV décèdera en 1774.

Nous sommes, en réalité, les descendants des rescapés. Nous l'avons échappé belle ...!

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Le second des fils : JEAN, né en 1709, épouse le 15 septembre 1733 à Bresolettes, hameau près de Tourouvre, Marie Marais, (fille de Jacques et Marguerite Herpentigni) veuve en première noce de Pierre Coignard. (mariage à Bresolettes)
Elle décède le 28 janvier 1768, à Ferrières et il se remarie quatre mois après, le 22 mai 1768, avec Anne Septier.

Il semble qu'il n'ait pas eu d'enfants parvenus à l'âge adulte, car il fait donation de tous ses biens (terrains, bâtiments, meubles...) à sa deuxième épouse et ce, par testament en date du 8 mars 1786. Il quitte ce monde, à 79 ans, le 16 novembre 1786.

Sa veuve, suivant acte de succession du 28 décembre 1786 signé auprès du Notaire Royal de Moulins-la-Marche, partage ses biens en trois lots dont les deux premiers sont alloués à ses petits-neveux François et Jean, fils aînés et majeurs de Gilles mon ancêtre. Elle garde le troisième lot et bénéficie d'une rente, en contrepartie de cette donation.

Cette succession sera contestée en 1789 par les deux cadets Jacques et Nicolas, mineurs en 1786, mais aussi par la fille Louise qui ne veut pas se contenter de la dot reçue lors de son mariage. La Révolution est passée par là.. et les successions doivent être désormais égalitaires entre tous les enfants !

Cette mesure aura pour conséquence le morcellement des domaines et des propriétés et, au fil des générations, les bénéficiaires ne pourront plus vivre décemment sur leurs terres.

Aussi, le 20 septembre 1789, il est établi quatre lots pour chacun des garçons et, l'année suivante, par acte notarié du 28 octobre 1790, une rétrocession d'une valeur de 400 livres sera opérée, par ses frères, en faveur de Louise leur soeur. Elle devra, cependant, verser une rente à sa mère Magdeleine Choisné et à Marie Aubert la dernière épouse de son oncle.

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Pendant ce temps, le Royaume est toujours en guerre. L'encadrement des armées, depuis le Moyen-Age reste l'apanage des nobles. Les officiers achetaient leurs charges, c'est-à-dire le commandement des différents régiments. Les Nobles n'avaient pas le droit de travailler, car dans cette hypothèse ils perdaient leur état de noblesse et devenaient roturiers. Leurs seules occupations : la guerre et la chasse.

Pour les jeunes gens issus du peuple, par contre, c'est l'enrôlement dans l'armée royale par tirage au sort et qui durait sept ans, voire plus en temps de guerre. Il faut pouvoir payer un remplaçant moins fortuné, car la faculté de se faire remplacer permet au jeune conscrit, si la famille a suffisamment d'argent, d'éviter l'incorporation. La transaction se fait au plus offrant.

La Révolution remplacera ce possible "arrangement", par la fameuse égalité, et Napoléon 1er, instituera un peu plus tard le service militaire obligatoire.

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Quatrième génération : GILLES, un mariage en famille.

Gilles PIGNARD, fils de François II et de Françoise Mare, pousse son premier cri le 5 janvier 1734 à La Ferrière-au-Doyen, commune où il se marie le 9 juin 1755 avec Magdeleine Choisné. Elle est la fille d'une première union de sa mère Marguerite, mais aussi sa belle-mère, puisque Marguerite est la troisième épouse de son Beau-Père.

Une dérogation auprès de l'Archevéché avait été obtenue pour célébrer cette union et le contrat de mariage permettra à chacun de faire les comptes sur ce qu'il apportait : terre, linge, volaille, cuillères, assiettes et draps.... Tout était passé en revue, contresigné par la Notaire.

On ne peut s'empêcher de penser que les deux jeunes époux ont, nécessairement, dû vivre ensemble avec leurs parents veufs et remariés, avant de se marier eux-mêmes. Quoiqu'il en soit, la belle-mère l'est devenue encore plus, tout comme le beau-père. Mariage peut-être d'intérêts, visant à faciliter la transmission du patrimoine, les intérêts communs, ou réelle attirance entre ces demi-frère et soeur ?

Magdeleine donnera cinq enfants à Gilles : Jacques, Jean, François III (mon aïeul), Nicolas et Louise. Tous deviendront voituriers de charbon.

Lorsque Gilles décède le 14 juillet 1772, à 38 ans, Marie Antoinette, archiduchesse d'Autriche vient d'être accueillie à la cour du royaume de Louis XV le bien aimé, selon les principes d'un régime qui ne va pas tarder à vaciller.

Magdeleine sa veuve se remarie :

- le 26 juillet 1774 avec Guillaume Mahault, voiturier de charbon, puis celui-ci décédant à son tour,
- le 5 juin 1792 avec Etienne Tempier, garde-forestier, veuf de Barbe Drille.

Magdeleine sera inhumée le 28 octobre 1792, à l'âge de 58 ans à La Ferrière au Doyen, quelques mois avant que Louis XVI ne soit guillotiné. Les têtes vont tomber tout au long de l'an II de la république, (13500 guillotinés), le sang coule à flot.


5ème génération : FRANCOIS, la Révolution, deux frères décèdent avant 40 ans.

Saint Evroult Notre Dame du Bois, vue générale de la verrerie



24 février 1757-28 février 1793

La malheur frappe à la porte, la grande faucheuse rode, sournoise : fils de Gilles Pignard et de Madeleine Choisné, FRANCOIS III décède à 36 ans le 10 ventose an 1 (28 février 1793). Son frère Jacques le rejoint dans l'au delà, à 40 ans, le 30 germinal an 6 (19 avril 1798). Ces décès sont-ils liés aux événements, rien ne l'indique dans les actes, mais il est vrai que nous sommes en pleine période Révolutionnaire. Leurs corps reposent à jamais dans le petit cimetière de La Ferrière-au-Doyen.

François III avait épousé le 4 août 1783, à Ferrière-au-Doyen, Marie-Françoise Levêque, née le 18 août 1756 à Moulins-la-Marche. Quatre enfants avaient complété la famille: François, Gabriel, Jean notre aïeul et enfin Louis.

Au décès de son époux, Marie-Françoise, 37 ans, obtient la tutelle de ses quatre enfants auprès du Juge de Paix et décide de se remarier neuf mois après ce deuil.

Drôle de temps et de misère pour ce remariage alors qu'un faible vent du nord balaie la campagne soupoudrée de neige.

Un homme est assis à un bureau, une plume à la main. Il remplit la page d'un registre d'une écriture régulière : "Aujourd'hui 9 frimaire an II de la République (29 novembre 1793), ..... " Il enregistre ainsi le remariage de Marie Françoise Levesque avec Victor Lecointre, voiturier de charbon comme son défunt mari. De 16 ans son cadet, il a 21 ans, et est originaire de Saint-Evroult-Notre-Dame-du-Bois. Elle lui évite ainsi d'être enrôlé dans l'armée comme soldat de la Révolution puisque l'Assemblée a proclamé la patrie en danger, la guerre déclarée, les hommes non mariés étant réquisitionnés. Mariage d'amour ou de raison ?

Dans la foulée, tous les émigrés non rentrés en France seront considérés comme suspects et passibles de la peine de mort.

La disette sévit pendant l'an III, et comble de malheur l'hiver 1794/95 est très rigoureux. Les étalages se vident, les denrées sont inabordables, des spéculateurs s'enrichissent. Les nantis font ripaille dédaigneux du pauvre peuple affamé. C'est l'époque des "émeutes du pain", car la hausse du prix du grain est continue. En cette région forestière elle dépasse 60 % en trois mois.

L'isolement des hameaux ne sera jamais total. Il subira, de temps à autre, les incursions de bandes irrégulières, les réquisitions, les enrôlements forcés. Les nouveaux époux quitteront définitivement Ferrière, avec les enfants du premier mariage, pour se réinstaller à Tourouve, ville proche en lisière de la forêt du Perche, hameau du Riantz, ville d'où partirent vers 1650 de nombreux migrants pour peupler le Québec.

Marie Françoise décède à Tourouvre le 26 octobre 1830 à l'âge de 74 ans.

Les trois autres frères Pignard et leurs descendances resteront à Ferrière-au-Doyen, du moins jusqu'à la moitié du 19 ème siècle.

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Mais le paysan, plus réformiste que révolutionnaire, entend demeurer maître chez lui et ne demande que l'allègement de la charge fiscale.

Cet espoir est déçu. L'impôt vide son bas de laine et pour le remplir de nouveau, il n'obtient que des assignats en papier au lieu d'écus. Peu lui importe que son curé soit constitutionnel ou non et les enfants vont continuer de s'appeler Louis, François, Marie, alors que d'autres familles choisiront, en ces temps troublés, les prénoms de Victoire, Liberté, Giroflée, Rose, Marguerite puisque les Saints Patrons ont été remplacés par des noms de fleurs...!

Le nouveau calendrier républicain égrènant son chapelet de mois tous plus poétiques les uns que les autres, va cependant subsister 13 ans.

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Les scieurs de long, les bûcherons, peu bavards par nature et encore moins portés sur l'écriture, car la plupart ne savent ni écrire ni lire, n'ont guère laissé de traces dans les registres de doléances mis en place en 1789 pour recueillir les plaintes des nouveaux citoyens. Quant aux registres des naissances, mariages, décès, ils sont désormais tenus par des officiers de l'état civil qui, dans ces régions reculées, sont pour la plupart analphabètes.

Alors que la Révolution s'achève et que le général Bonaparte sauve la Révolution et la Convention, ce qui le propulse à la tête de l'armée d'Italie, tous les hommes de 20 à 25 ans iront accomplir leur service militaire : 5 ans en temps de paix, durée illimitée en temps de guerre. Revenir après avoir été enrôlé, éviter la disette, c'est, évidemment, parmi les préoccupations quotidiennes, les raisons les plus lancinantes.

Entre 1804 et 1814 le tirage au sort éloignera les jeunes hommes de leurs villages pour alimenter les besoins de la désormais Grande Armée. Plus de deux millions de conscrits seront enrôlés sous les bannières de Napoléon 1er.

Napoléon avait un atout, sa femme Joséphine de Bauharnais, une créole aux origines exotiques, ce qui lui donnait un charme unique. C'était une des plus belles femmes de l'époque qui savait s'entourer et profiter des avantages liés à son mariage avec l'Empereur. Elle sera répudiée.

Toutefois, la ferveur du début de la Révolution se transformera, au fil des ans et des batailles, en obligation impopulaire et détestée. Les guerres incessantes laissèrent la France exsangue et appauvrie. Le typhus apparaît en 1810 lié à la guerre d'Espagne et à la retraite de Russie, causant plus de morts que la guerre et le froid.

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6ème génération : JEAN, un métier en voie de disparition

Tourouvre, le village de la verrerie

Dès le milieu du 19ème siècle, la houille, extraite du sol, remplace le charbon de bois. Les forêts françaises sont sauvées d'une lente mais implacable destruction que leur promettait l'exploitation industrielle du bois comme principale source d'énergie.

Aussi, cette génération fera passer la famille de la forêt vers un monde tout aussi modeste mais déjà plus urbain. Cette transplantation, comme souvent, va se doubler d'un changement de statut social.

Né le 11 janvier 1786, Jean PIGNARD n'a que 3 ans à la Révolution française. Petit garçon extasié, il admira l'arbre de la liberté planté devant la mairie du village par des amis de son père excités par tous les événements. De la Convention à l'impérialisme napoléonien, il en connut tous les vertiges. De Wagram au pont d'Arcole, de victoire en victoire, l'ambitieux Bonaparte se fait sacrer empereur des Français sous le nom de Napoléon 1er.

C'est donc sous le premier empire, au son des tambours et des trompettes, des récits des batailles et à l'apothéose de la gloire de Napoléon, que seront célébrées le 22 février 1808, dans le coeur de l'église de Tourouvre, les noces de Jean PIGNARD, 22 ans, ferronnier et voiturier de charbon, avec Marie-Françoise Paty, 37 ans, fille de Charles Paty, bûcheur et de Marie Boulay. Dans son entourage personne n'arrivait à comprendre pourquoi il épousait "une vieille" de 15 ans son aînée, venue au monde le 22 octobre 1770 dans cette même Commune. Les époux apposent une croix au bas du registre des mariages car ils ne savent pas signer.

Son épouse décède le 21 février 1840 à Saint-Lubin-du-Joncheret dans l'Eure, après avoir mis au monde au moins deux enfants :

- Une fille au doux prénom poétique et fleuri de Marie-Rose, et Louis-Romain mon aïeul.

Jean épouse, en seconde noce, le 5 mars 1843 à Ferrière-au-Doyen, Louise Gérard, journalière, née le 1er avril 1798 et veuve de Pierre Vaucher. Elle décède à son tour le 8 juin 1861 à la Ferrière au Doyen, Il convole, le 16 janvier 1862 à Echauffour, à 76 ans, en troisième noce avec Catherine Madeleine Gautier, 40 ans, fille naturelle de Madeleine Gautier.

Il a la santé, le Pépé !

Entre temps, il est devenu marchand de balais, domicilié à Echauffour !

Il décèdera en 1865 encore plus pauvre que ne l'étaient ses parents.

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La suite des événements aura apporté beaucoup de misères dans les campagnes.

Puis ce sera la Restauration et le renouveau de la Royauté instaurées par les frères de Louis XVI. Les acquis de la révolution française seront provisoirement et partiellement renvoyés aux oubliettes d'une monarchie autoritaire et arrogante jusqu'à Charles X, pas aimé, qui sera viré du Trône de France .

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En 1821 les français apprendront la mort à Sainte-Hélène de Napoléon 1er, prisonnier des Anglais sur un île battue par les vents et les tempêtes au beau milieu de l'océan atlantique.

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7ème génération : Louis ROMAIN, de la forêt à la ville.

Tourouvre, place du champs de foire



Nos voituriers auront, au fil des années, vu leur activité réglementée, s'amenuiser puis disparaître progressivement.

De voituriers de charbon de bois prospères, ils redeviendront bûcherons, scieurs de long, ferronniers puis journaliers.

Ils exerceront désormais plusieurs métiers à la fois pour subsister. Les enfants seront désormais scolarisés.


Louis Romain PIGNARD (26 février 1813-15 mars 1892) , fils de Jean et de Françoise Paty, journalier et bûcheron, est né à Tourouvre, au hameau de Riantz qui jouxte la forêt. Il prend comme épouse, le 28 mai 1838 à St Evroult-notre-Dame-du-Bois, Mélanie Viel, fille de Pierre Le Viel et Françoise Piel.

Ils ont 25 et 22 ans.

La verrerie de Tourouvre connaîtra de nombreux aléas et fermera ses portes à diverses reprises. Un des propriétaires, ayant le goût de la grandeur et du plaisir, voulu mener "grand-train" en étant familier de quelques riches familles des alentours. Bientôt, il ne pourra plus payer ses ouvriers, il disparaît, laissant la population ouvrière dans la misère.

Les nouveaux époux quittèrent Tourouvre et s'installèrent à Saint-Evroult Notre Dame du Bois où viendront au monde au moins six enfants :

- Henri Baptiste mon aïeul, né en 1838
- Désirée Mélanie, en 1839,
- Célestine-Clémentine, en 1840,
- Eugène Hypolitte, en 1845,
- Louise Clémentine, en 1846,
- Louis-Marin, dit Alfred, en 1851.

Louis-Romain s'éteindra à 79 ans, le 15 mars 1892 et son épouse à 93 ans, le 15 juin 1909, dans le village qui aura vu grandir leurs enfants.

Pendant ce temps, le développement économique de la France lié à la révolution industrielle profite exclusivement à quelques nantis. Dans les campagnes la vie est toujours aussi rude, la masse ouvrière des verreries, bassins houillers, filatures ...., sombre dans la misère. Un adulte travaille 15 heures par jour, le pain est hors de prix, le salaire de l'ouvrier, exploité et sans défense, est dérisoire et ne suffit pas à nourrir sa famille nombreuse. Les femmes doivent travailler et les jeunes enfants aussi. Aucun secours en cas de maladie ou d'accident, seulement la charité des familles bourgeoises ferventes catholiques.

C'est, aussi, la naissance de nouvelles banques toutes puissantes.

 

Un marchand de balais

Sur la fin de sa vie, Louis Romain exercera le métier de balaitier, car l'industrie balaitière représente une activité considérable dans cette région boisée. Les débouchés parisiens sont énormes ; la ville de Paris, le service du métropolitain, les services du gaz, du chemin de fer, des grandes usines et surtout les grossistes des villes environnantes sont demandeurs.

Balais et charbon allaient souvent ensemble, et, à part quelques bûcherons, personne d'autre ne se hasardait sérieusement dans le métier. Si les bois résonnaient de l'effort des bûcherons dès la Toussaint, le fagotage des cimes de bouleau destinées aux balaitiers ne commençait qu'après la défeuillaison.

Un débardeur en effectuait le voiturage jusqu'à la balaiterai pour les entreposer dans un endroit sec appelé fagotier. Ce métier garantissait un énorme privilège : celui de donner du travail durant l'année entière bien à l'abri des intempéries.

Le faiseur de balais s'attaquait à l'ouvrage sans lanterner car sa première besogne du matin consistait à tirer une vingtaine de bourrées du fagotier, de quoi lier une centaine de balais à trois rotins, dans la journée. Les bottes étaient comprimées puis attachées par trois liens.

Quant un balaitier approvisionnait la ville de Paris, il devait respecter des normes de fabrication. Les paquets étaient inspectés et toute pièce litigieuse repoussée immédiatement. Les balais refusés restaient sur les bras du fabriquant qui tentait, alors, de les brader à un grossiste en ville. Il fut même créé un syndicat des balaitiers pour défendre les intérêts de cette corporation.

Puis vint le temps où les caniveaux ne seront plus balayés, et les fibres plastiques supplanteront les végétaux.

Ce fut la fin du métier !

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8ème génération :
Henri Pignard époux de Joséphine Pottier (voir biographie Pignard)

9ème génération :
Arthur Pignard marié à Juliette Dercourt (voir rubrique bio paternelle Pignard)

10ème génération :
René Pignard conjoint de Madeleine Gosnet (voir rubrique bio paternelle Pignard)

11ème génération :

Maurice Pignard marié à Arlette Ney (voir rubrique bio Ney)

12ème Génération
Eliane Pignard épouse de Daniel Lachaize (voir bio personnelle)

13ème génération
Valérie Lachaize

14ème Génération
Aurélie Gaudin, et Godia Ferret

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Patronymes de la branche PIGNARD

ALLARD, ANDREY, ANDRé, AQUILLAIN, AUGER, BERNOUIN, BERNOUIS, BIGOT, BOISSET, BOUCHER, BOUlé, BOULAI, DUBOULAI, CHALEUX, CHAUDRON, CHAUVIN, CHOISNé, COISPEL, CORNU, DAMERON, DELARENGES, de la RANGéE, DIACRE, LE DIACRE, DERGOT, DERGOTTE, DUGUé, FILLEUL, FRENELLE, GAGNEUX, GAUTIER, GIRARD, GODET, GOMAN, GOMANT, GOMENT, HAIN, JACQUET, JARDIN, LARCHER, LEROUX, LESUEUR, SUEUR, LETHEAULT, LEVESQUE, LIEUDOIS, MARE, MARTEAU, MENEL, MESNEL, MOREL, MORIERE, PATY, PELLETIER, PIEL, PIGNARD, PILLU, PINEL, PINNEAU, POTTIER, POUSSET, PROVOST, PREVOST, RASTINE, ROBIER, ROBILLARD, ROUILLON, ROUSSEAU, ROUSSET, SAUVALE, SEJOURNé, SOUTIF, TAVERNIER, TIERCELIN, TREMBLAY, TREMBLé, THOREL, VAINQUIER, VALLéE, VATTIER, VIEL, LEVIEL, VLé,

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voir le site très intéressant sur la ville de Vimoutiers, ses alentours, ses cartes postales : "http://www.vimoutiers.net" , ville où mon père est inhumé.

voir généalogie PIGNARD sur le site : "http://gw.geneanet.org/elianepignard"

voir les cartes postales de Courbevoie, ville où mes parents vécurent jusqu'à leur retraite : cliquez ici

voir les cartes postales de Vimoutiers : cliquez ici

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