La Saga de Marie De Courboyer

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la saga du manoir et de ses occupants

La guerre de Cent Ans, dont les opérations militaires se terminèrent dans le Perche en 1449, avait décimé la plus grande partie de la noblesse locale et complètement anéanti les châteaux et les demeures seigneuriales.

Aussi, aux premières heures de la Renaissance, une nouvelle noblesse vit le jour et entreprit de relever les terres dévastées par plus d'un siècle de combats. Les manoirs à la différence des châteaux accueillaient, non seulement le corps de logis dont le volume et le décor se devaient d'extérioriser la richesse du seigneur qui l'habitait, mais aussi des bâtiments de ferme.

Courboyer est bâti à l'emplacement d'un manoir plus ancien ou d'une maison forte qui devait porter ce nom. Il plonge ses racines dans le Moyen-Age, et garde sa part de mystère. Ni les dates de construction, ni le nom de son constructeur ne sont connus. Il faut attendre 1368 pour voir apparaître un bail portant ce nom et la fin de la guerre de Cent Ans pour rencontrer, dans les actes, de nouveaux seigneurs de Courboyer : Guyot de Raygniel et Marie de Cintray sa femme (décédés vers 1480/1500).

Il est couramment admis que c'est à ce couple que l'on doit le manoir actuel, construit entre 1450 et 1480. La chapelle, de style gothique flamboyant, fut fondée le 3 novembre 1500 par Jehan de Courboyer et placée sous le patronage de Notre-Dame-de-la-pitié. L'intérieur renfermait des peintures murales représentant des saints et la vie de Saint-Hubert et Saint-Christophe portant l'Enfant Jésus sur ses épaules.

Parmi les descendants de Guyot de Raygniel et de Marie de Cintray, figure Marie de Courboyer, née sous François 1er, mariée quatre fois, décédée en 1594.



Elle épousa successivement :

1°)
Guillaume de Pluviers dont elle aura 4 filles et un garçon. Il est emprisonné à la Conciergerie à Paris et meurt en 1558.
2°)
François de Guérin (mon ancêtre) dont elle aura trois filles. Il est tué le 4 juillet 1573 à Mortagne d'un coup d'épée dans la gorge.
3°)
Pierre de Besnard, tué le 24 mai 1580, d'un coup d'arquebuse alors qu'il se rendait à Saint-Jean-de-la-Forêt, sur la route de Courboyer à Bellême.
4°)
Pierre Simon
, exécuté, pendu, le 17 octobre 1586, au Mans. Affaire de religion ou condamnation pour meurtre et violences ?

Elle décède vers 1591

Courboyer et son domaine échurent aux deux plus jeunes de ses filles :
Marie et Suzanne Guérin, qui se marièrent à deux frères, Jehan et Jacques Frébourg Seigneurs du Plessis. Les deux couples vendirent Courboyer à Pierre de Fontenay, Ecuyer, sire de la Reynière, déjà propriétaire de l'Angenardière à Saint-Cyr-la-Rosière.

Lorsque Pierre de Fontenay fait l'acquisition de Courboyer entre 1594 et 1600, il était déjà un homme puissant, issu d'une grande lignée, possédant terres et seigneuries. Il était également capitaine de cinquante homme d'armes et gouverneur de la ville et du château de Bellême. Capitaine de grande réputation, il se comptait parmi les fidèles de Henri IV auquel il avait soumis toute la contrée au temps des guerres de la Ligue. Aussi, commença une longue période d'inoccupation du manoir, seules les dépendances étaient habitées par les fermiers chargés d'exploiter le domaine.

Après sa mort survenue le 18 mai 1610, son fils René hérita de Courboyer.

Par le jeu des mariages, Courboyer passa vers 1650 aux Pilliers qui cédèrent en 1733 le manoir à Pierre de Barville, frère du seigneur de Nocé. Ce dernier possédait d'autres manoirs et résidences, mais il décida cependant d'habiter Courboyer et de redonner vie au vieux logis abandonné. Après sa mort, en 1761, le manoir entra dans les familles d'Escorches et de Mésenges. Courboyer connut, alors, une nouvelle période d'abandon. Le domaine traversa la Révolution sans encombre avant d'être saisi comme bien national en 1797. Il connut ensuite plusieurs autres familles.

Malgré les réparations survenues au 18ème siècle, la chapelle subit une lente dégradation. En 1947, elle était en ruine, fut démolie et les matériaux servirent à empierrer les chemins et construire une bergerie. Cette affaire eu un retentissement national et le propriétaire condamné devant le tribunal correctionnel, à payer une forte amende.

Courboyer est classé Monument historique depuis le 10 avril 1981.

Depuis février 2000 Courboyer est devenu la propriété du Parc naturel régional du Perche.


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Suzanne Guérin, fille de Marie de Courboyer et de François Guérin, mon ancêtre, se maria deux fois :

1°)
avec Jean de Frébourg,
2°)
avec Jean Suan, Sieur de la Lardière, notaire royal de St Martin du Douet.

De ce second mariage, elle aura au moins trois filles, dont
Jeanne mariée avec Gallois Hamelin, greffier de son état. Toutes les familles issues de cette descendance resteront sur Bellême et ses environs jusqu'au début du 20ème siècle.

Sept générations plus tard, ma grand-mère Madeleine Gosnet, verra le jour le 31 mars 1894 à Saint-Pierre-des-Loges (orne) puis se mariera le 13 avril 1912 dans cette même commune avec René Pignard, mon grand père paternel.


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Ces informations sur Marie de Courboyer m'ont été transmises par l'historienne du Manoir de Courboyer. En outre, j'ai pu "remonter l'arbre" grâce non seulement à mes recherches personnelles, mais aussi à celles effectuées depuis 20 ans par un cousin membre du Cercle Généalogique de l'Orne et du Perche qui a bien voulu me communiquer les dates les plus lointaines. Je les remercie vivement tous les deux.

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La généalogie est une aventure toute simple, à la fois inutile et indispensable ; celle qui m'a permis d'être sur cette terre mais aussi d'exister à mon tour en sachant d'où je viens.


Courboyer de nos jours

 

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Au détour d'un vallon : le Manoir,

Entre Colonard et Nocé, sur le revers d'un vallon, on découvre de façon tout-à-fait inattendue, les toits du manoir de Courboyer dont les poivrières pointues apparaissent curieusement à ras des prés et des pommiers.

Cette position pourrait être fâcheuse sur le plan stratégique si l'on ne savait que la vieille route, aujourd'hui un simple chemin rural, passait jadis au fond de la vallée, et qu'il était donc commode de la surveiller depuis les échauguettes du manoir, tandis qu'à l'arrière, la grosse tour et les solides murailles sans aucune ouverture étaient une défense suffisante, s'appuyant sur la colline dont toute approche était protégée par des bois et d'épais fourrés.

Autant la façade arrière est restée rude et toute militaire, quoique la bretèche ne fut qu'un lieu d'aisance, autant la façade principale, à l'est, se présente d'une manière agréable avec un percement régulier ; une fenêtre à chacun des trois niveaux éclaire une grande salle de chaque côté de la tour d'escalier, de plan octogonal.

La plupart des baies ont conservé leur mouluration et ont retrouvé dernièrement leurs croisées de pierre. Une belle porte gothique s'ouvre au pied de la tour d'escalier, au nord.

Toute la grâce de Courboyer tient à ses toits de vieilles tuiles avec ses échauguettes aux quatre angles portées par des mâchicoulis, avec sa petite tourelle qui accoste la tour d'escalier, avec ses hauts pignons dont les rampants s'ornent de rostres sculptés.

Tout le confort intérieur réside dans les cheminées, encore d'esprit gothique, hautes et à simples moulurations prismatiques ; la grosse tour comporte également une cheminée à chaque étage, mais la dernière est arrachée, ainsi que la souche qui sortait du toit. Au dernier étage de la tour d'escalier, la chambre du guetteur, transformée plus tard en colombier, s'orne également d'une cheminée qui elle aussi, a depuis longtemps perdu son conduit ; la clé du linteau est gravée d'une inscription latine qui peut se traduire en lettres capitales :

"Maison des Muses et de Jacques de Frébourg, avocat au siège de Bellême et gendre de cette maison. Fait l'an du Seigneur 1589; le jour du 4 septembre."

Courboyer était jadis entouré d'une enceinte qui a complètement disparue : les bâtiments de ferme , eux-mêmes, ne semblent dater que du 19ème siècle.

Courboyer avait une chapelle plantée de biais dans la cour ; la porte flamboyante et un petit clocher-mur à deux cloches en étaient le principal ornement. L'intérieur avait comporté des fresques représentant la vie de Saint Hubert et de Saint Christophe relevées par un archéologue au siècle dernier. Cette chapelle a été froidement abattue par le propriétaire en 1947, à cause de son mauvais état. La condamnation par les tribunaux pour cette destruction de Monument historique fit quelque bruit dans le pays et prévint, sans doute, d'autres démolitions en décourageant d'éventuels vandales.

La seigneurie de Courboyer relevait directement de la châtellerie de Bellême car le seigneur était tenu à la garde et à la défense d'une tour du côté du faubourg Saint-Pierre. De nombreux fiefs constituaient les dépendances de Courboyer. Non seulement le chapelain mais aussi le curé de Nocé étaient à la présentation du seigneur de Courboyer qui possédait le droit de haute, moyenne et basse justice.

Il recevait, en outre, les revenus des banalités de Nocé, four et moulin.

Contrairement à beaucoup de manoirs du Perche, dont le nom n'apparaît qu'après la guerre de Cent Ans, Courboyer est connu antérieurement, aux mains d'une famille portant le nom même de cette terre. C'était une maison forte.

 

la porte de la tour d'escalier

 

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DESCENDANCE

DE RAYNIEL Guyot marié à CINTRAY Marie, vers 1450,

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DE COURBOYER Henri marié à ?

DE COURBOYER Christophe marié à MORIN Marie, vers 1500,

DE COURBOYER Jacques marié à LE METAYER Alix, écuyer, vers 1526

DE COURBOYER Marie mariée à GUERIN François vers 1558,

GUERIN Suzanne mariée à SUAN Jean, notaire royal, vers 1613,

SUAN Jeanne mariée HAMELIN Gallois, greffier, vers 1640,

HAMELIN Renée mariée à GUERIN Jean, le 17 avril 1671,

GUERIN François marié à GODIN Jacqueline, le 13 février 1713,

GUERIN Françoise mariée à PICARD Thomas, le 3 février1739, laboureur,

PICARD Jeanne mariée à GUITTIER Louis,le 18 novembre 1777, laboureur,

GUITTIER Jean-Louis marié à COUTANT Marie Jeanne, cultivateur, le 10 septembre 1811,

GUITTIER Marie Madeleine mariée à GOSNET, cultivateur, François, vers 1840,

GOSNET Emile Lucien Armand marié à LEBREC Victorine, cultivateur, le 27 novembre 1875,

GOSNET Madeleine mariée à PIGNARD René, métallurgiste, le 13 avril 1912, et GOSNET Léon x Blanche DELAVIGNE

PIGNARD Maurice marié à Arlette NEY, commerçants, le 6 mars 1937,

PIGNARD Eliane épouse Daniel LACHAIZE, le 19 octobre 1959,

LACHAIZE Valérie,

GAUDIN Aurélie et Godia FERRET.

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généalogie DE COURBOYER voir le site : "http://gw.geneanet.org/elianepignard"

voir les cartes postales de Nocé: cliquez ici

 

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