Biographie Daniel Lachaize

cliquer sur la photo pour agrandir

Charles Lachaize, Albertine Laurent et leurs enfants vers 1910, grands-parents de Daniel Lachaize

Rozay-en-Brie (Seine et Marne)

24 avril 1903 : C'est un garçon !

... Albert Charles , fils naturel d'Albertine Laurent, cabaretière, voit le jour à 5 heures du soir dans l'auberge de Louis-Emile Laurent le frère de sa mère. La jeune maman, célibataire, est anxieuse à une époque où les enfants nés sans père sont souvent mal accueillis dans les familles et dans la vie sociale d'une petite localité de province. Elle est déjà mère d'une petite fille de trois ans, prénommée Raymonde, née de "père inconnu". Cela n'empêche pas les clients du bar de trinquer joyeusement à la santé de la maman et du nouveau né, d'autant que la tournée est offerte gracieusement par le patron.

Le père, Charles Lachaize, est absent et sur les routes de France, l'enfant sera donc déclaré de "père non dénommé", à l'employé de la Mairie, qui prend acte.., il sera reconnu officiellement par ses père et mère en juin suivant et le mariage remis à plus tard.

29 février 1904 : C'est une fille !

... Juliette pousse son premier cri alors que la neige, mêlée de pluie, tombe d'un ciel d'ardoise sur cette petite ville de Seine-et-Marne. Elle est fille d'Emile Cardoux, une famille de vignerons bien implantée dans la région depuis au moins le 17ème siècle et d'Augustine Ricez. L'acte de naissance sera signé par Jules Cardoux, le grand-père, marchand de vins et Alexis Ricez peintre en voitures, un cousin. Elle deviendra l'épouse d'Albert Laurent-Lachaize.

29 mai 1905

Augustine Ricez, la maman de Juliette, décéde, un an plus tard, à 23 ans lors de la venue au monde de son deuxième enfant mort-né. Emile Cardoux, son époux désormais veuf, est submergé par le chagrin. Sa fille unique sera élevée par sa grand-mère paternelle.

Juliette allait recevoir une éducation rigide d'une autre époque, étant privée de faire des bêtises car on lui affirmait sans cesse que sa maman la surveillait du ciel. Son père, artisan serrurier, s'investira, au fil des ans, dans de nombreuses activités dans la commune : adjoint au Maire, capitaine des pompiers, trésorier de la maison de retraite, conseiller municipal. Il ne se remariera pas.

25 mars 1905

Charles Lachaize, né en 1881 à Loudun (Vienne) se décide enfin. Il épouse Albertine Laurent et régularise la situation en reconnaissant "comme-siens" Albert et Raymonde les enfants de sa femme. Il s'installe comme entrepreneur en peinture car il a un réel talent de peintre en décors, qu'il exercera dans les châteaux du voisinage. Il peint des fresques et des tableaux dont son portrait. Deux autres enfants viendront, quelques années plus tard, compléter la famille : Julien et Gisèle la petite dernière.

Charles Lachaize

2 août 1914

La France entre en Guerre contre l'Allemagne, les troupes montent sur le front de l'Est et traversent le village sans discontinuer. Charles, comme beaucoup d'autres, est mobilisé au 69ème régiment d'infanterie.. Pourquoi doit-il se battre alors qu'il a 4 enfants à charge ?

Quatre années de massacres, de folie humaine poussée à l'extrême, de boucherie, des millions de morts, pire que l'épopée des campagnes de Napoléon 1er, autre grand pourvoyeur de cadavres.

1916

Reçue première du canton au certificat d'études, Juliette Cardoux aurait pu poursuivre ses études. Pour cela, il faut aller en pension chez les curés dans une grande ville du canton, mais ses grands-parents s'y opposent car c'est la guerre et elle ne veut pas quitter son père. Elle va travailler dans le commerce de ses grands-parents, marchands de vins, car ils tiennent également un bar-restaurant.

11 novembre 1918

Les cloches se mettent à carillonner comme un matin de Pâques. La sale guerre est finie. En un clin d'oeil les maisons se parent de bleu, de blanc, de rouge et de drapeaux Yankee. On rit tous ensemble, on se jette au cou des soldats, on chante la Marseillaise, les femmes nouent leurs cheveux de rubans tricolores, les avions militaires exécutent des loopings dans le ciel. Charles est vivant et heureux de retrouver sa famille.

7 mars 1925

Mariage d'Albert Lachaize et de Juliette Cardoux dans la commune qui les a vu naître. Le marié travaille dans l'entreprise de peinture de son père et tout semble annoncer un mariage heureux. Ils ont 22 et 21 ans et auront pour témoins Marcel Morillon clerc de Notaire et Fernand Cardoux, serrurier, oncle de la mariée.

avril 1926

Liliane, première fille d'Albert et Juliette, voit le jour dans cette petite ville de Seine-et-Marne balayée par un air vif de printemps qui roule des odeurs de tilleuls et de sureau en fleurs.

mai 1927

La tuberculose, le mal du siècle, fait des ravages dans les familles. Gisèle, 17 ans, la fille cadette de Charles attrape froid à la sortie d'un bal organisé dans le village pour la Sainte Barbe et décède après quelques mois d'agonie. Liliane, la fille d'Albert, contaminée par le virus, quitte ce monde à l'âge de quinze mois. Juliette son épouse restera profondément meurtrie par ces deux deuils.

2 mars 1928

Par une froide et venteuse journée de mars, alors qu'un pâle soleil perce les nuages, naissance de Guy, 2ème enfant du couple.

Juliette et Albert Lachaize habitaient face au porche de l'église

 

25 Août 1928

mariage de Julien Lachaize, le frère d'Albert, avec Annette Alice Letournel,

11 février 1930

Sous un ciel bas et gris d'hiver, alors que le jour vient de se lever dans une lumière de pluie qui dégouline derrière les vitres, leur deuxième fille Janine pousse son premier cri.

21 juillet 1931

Décès à 51 ans d'Albertine Laurent, épouse de Charles Lachaize minée par le chagrin d'avoir perdu sa fille cadette Gisèle. Albertine est emportée par une longue et douloureuse maladie, dont on ne prononçait pas le nom à l'époque.

30 mai 1936

C'est le Front populaire, La France est paralysée par les grèves. En Espagne, les troupes franquistes s'insurgent contre le Front populaire espagnol, des brigades internationales se forment pour venir à son secours. On s'entretue, c'est la guerre civile.

15 juin 1936

Par une journée de juin paisible poudrée de soleil, alors que le ciel est d'un bleu pervenche, Daniel, annonce sa venue sur terre. Le petit dernier n'est pas vraiment désiré car l'entente de ses parents n'est plus vraiment au beau fixe.

30 juin 1936

Pendant que les Français somnolent béatement jouissant de leurs acquis sociaux nouvellement obtenus, et sans nul autres soucis que de partir en vacances au bord de mer, l'Angleterre cultive son flegme retranchée dans son île. Dans ce calme relatif, on croyait à la paix. Tout était rassurant malgré Hitler qui s'agitait, mais personne ne s'en inquiétait. On riait en chantant la dernière chanson à la mode : "Tout va très bien Madame la Marquise, tout va très bien., tout va très bien !".

1er septembre 1939

C'est la guerre contre l'Allemagne Nazie. Albert Lachaize sera mobilisé malgré ses trois enfants . Pourtant, les troupes gardaient le moral : la "ligne Maginot" n'était-elle pas réputée inviolable ?

L'école communale se retrouve sans maître, tous partis au front, mais la situation, en ce jour de rentrée scolaire, n'est pas pour déplaire aux gamins, et l'on ne savait pas combien de temps cette guerre allait durer.

Pendant huit mois, il ne se passa rien. C'était "la drôle de guerre".

juin 1940

L'Allemagne possédait une armée puissante : des blindés, des canons, des avions alors que la France était restée sur les concepts de la guerre de 1914/1918. Ce sera la déroute de nos armées, des militaires sans bataillon, dépenaillés, pleurant en regardant venir des Allemands aux uniformes impeccables, tandis que les vieux de 14/18, assis au bord des champs, levaient les yeux au ciel pour découvrir les Stukas qui piquaient droit sur eux avec d'horribles mugissements de sirène.

A Rozay-en-Brie, on attendait les Allemands. La rumeur propageait l'idée qu'ils massacraient les femmes et les enfants et la population prit peur. Les fonctionnaires, les gendarmes, les employés de poste, avaient reçu l'ordre de partir. Seul le Maire, un ancien de 14/18 qui en avait vu d'autres, demeurait placide car rien ne l'émouvait. Tout était pourtant perdu.

La famille décida d'évacuer la ville, devant l'arrivée des troupes ennemies, entraînée par le flot des réfugiés fuyant les provinces de l'Est, criant "ils arrivent, ils arrivent"..

Ils partirent, un beau matin ensoleillé, dans la voiture d'Emile Cardoux le grand-père maternel de Daniel, au milieu des embouteillages, des coups de klaxon, des convois militaires, des charrettes surchargées tirées par de vieux chevaux, avec des vieillards, des infirmes, des gosses couchés sur des matelas.

Ce sera l'exode : direction la Loire.

 

15 juin 1940 : Daniel fête ses 4 ans, c'est son anniversaire

Ils traversèrent des villes dévastées, mises à sac. Ils avaient chaud, étaient fatigués, en sueur. Multitude misérable d'hommes ressemblant à un grand troupeau en déroute, vêtements froissés, figures livides, enfants en pleurs, tous prononçaient les mêmes mots : de l'essence, des provisions pour manger, une chambre pour dormir.

Mais déjà l'essence manquait, les boutiques étaient dévalisées, les hôtels complets.

Personne savait où ils allaient. Droit devant !

La famille se retrouva sur les routes de France sous la mitraille des avions Italiens, les alliés de l'Allemagne, qui volaient en piqué et en rase-motte sur les civils déboussolés et les soldats en déroute. La panique grandissait, se répandait d'une ville à l'autre comme une flamme. La route était encombrée de véhicules de toutes sortes, l'air retentissait du grincement des freins surmenés, la place des villages traversés ressemblait à un campement de bohémiens, des hommes harassés dormaient par terre, d'autres faisaient leur toilette à la fontaine.

Les habitants sortis sur le pas de leur porte contemplaient ce spectacle avec une expression de profonde stupeur. Pauvres gens, se disaient-ils avec pitié ! Ces réfugiés venaient de Paris bombardé, du Nord et de l'Est, ces provinces vouées depuis toujours à l'invasion et à la guerre. Eux, se croyaient bien tranquilles, avec, en secret, un sentiment de satisfaction.

Le grand-père Cardoux reprit la route, l'auto faisait trois mètres, s'arrêtait, prise dans une inimaginable confusion de véhicules, de bicyclettes, de piétons. Puis, ils virent les premiers régiments en déroute, mais la confiance était tellement chevillée au coeur des français, que les réfugiés crurent que les soldats allaient livrer bataille, par petits groupes, par des chemins détournés du front. Ils croyaient nos forces armées encore intactes. Toutefois, les bidasses n'étaient pas loquaces, certains dormant dans le fond des camions et les chars s'avançaient dans la poussière du chemin, camouflés par quelques branchages fanés.

Ils n'avaient pas encore été mitraillés. Lorsque cela arriva, ils ne comprirent rien, tout d'abord. Dans un ciel bleu d'azur, ils s'étaient habitués aux avions qui planaient souvent en toute tranquillité et qui se faisaient, parfois, la chasse en tournoyant. Les appareils à la "croix gammée" n'étaient pas abattus, tandis que ceux à "la cocarde" étaient transformés en torches fumantes.

La "Luftwaffe" Allemande était maître du ciel. C'était la débâcle de l'armée française. Les avions tombaient dans les champs et le pilote se trouvait rarement au bout de son parachute.

Soudain, l'avion a surgit au dessus de leurs têtes et piqua. Ils n'ont pas eu le temps d'arriver au petit bois touffu où ils espéraient se cacher. Ils entendirent le bruit d'une explosion, des cris, "à terre, couchez-vous", le groupe d'arbres avait été bombardé et ils ont frôlé la mort de près.

Cachés dans les fossés de l'exode, à plat ventre dans l'herbe, le nez dans les chardons, le coeur battant avec force, tout près d'une mitrailleuse française qui ripostait aux attaques venues du ciel, ils tentaient de se protéger des balles.

La peur aux tripes, ils entendirent "c'est fini, ils sont partis". Ils allaient dénombrer des corps déchiquetés, des blessés qui appelaient à l'aide, des femmes hurlantes cherchant leurs enfants. Certains morts avaient le visage intact, avec une expression étonnée comme s'ils essayaient de comprendre, en vain, ce qui leur arrivait.

Ils reprirent la route, hébétés, arrivèrent dans une ville où la gare avait été bombardée, un convoi sanitaire atteint, deux wagons pleins de morts. L'hôpital était plein à craquer des victimes du dernier bombardement. Ils s'arrêtèrent dans une ferme, à l'écart de la débâcle, habitée par des femmes seules et des enfants, les hommes étant au front. Les femmes se plaignaient, elles avaient déjà assez à faire avec les travaux des champs et les soins à donner aux bêtes, sans s'occuper, en plus, des réfugiés.

Il fallait continuer.... Dans les villes, une soupe populaire distribuait des aliments aux affamés, rien d'autre à manger.

plus un seul croûton de pain !

La France capitulait. On disait que le nombre des prisonniers atteignait deux millions mais que les pertes de l'armée française étaient relativement peu élevées.

18 juin 1940

17 heures Londres : Appel du Général de Gaulle à la résistance. On entend "les sanglots longs des violons.."

19 juin 1940

Signature de l'armistice par Pétain. Puis installation de son gouvernement à Vichy de l'autre coté de la ligne de démarcation qui coupait désormais la France en deux.

20 juin 1940 Rozay-en-Brie

Après plusieurs nuits passées à la belle étoile, la famille Lachaize décida de rebrousser chemin, mêlée aux colonnes allemandes. Ils rentrèrent chez eux à Rozay sans trop de difficultés malgré les routes défoncées par les bombes et encombrées par toutes sortes d'épaves. Les morts commençaient à pourrir au bord des champs à coté de chevaux éventrés. Se réapprovisionner en carburant comme en victuailles posait de nombreux problèmes de plus en plus difficiles à résoudre.

Ils pensaient retrouver leur village bouleversé, mais les rues étaient intactes, les maisons non réduites en cendres, et ils n'en pouvaient croire leurs yeux. Le bourg avait son air de paix dominicale. Rien ne s'était passé : aucun bombardement, pas de saccages, seuls les magasins étaient fermés. Des soldats allemands en uniforme vert de gris et des Panzers occupaient la place de la Mairie où flottait, sur le fronton, de grands étendards rouges à la croix gammée. Le gros de la troupe, avec de magnifiques chevaux bien gras, bien nourris, s'était installé sur les faubourgs près des anciennes fortifications.

Le bourg s'emplissait de bruit de bottes. Le garde champêtre, sous la surveillance de deux sous-officiers, collait des affiches dont la plupart commençaient par le mot "Verboten" (interdit) et finissaient par "sous peine de mort".., en caractères noirs deux fois soulignés.

La famille monta quatre à quatre l'escalier, sonnée par cette exode dément, mais heureuse de retrouver son logement, même si souvent, ils avaient pesté contre cet appartement trop petit et sans confort, mais qui enfermait entre ses murs de si chauds souvenirs.

L'église et la Mairie s'étaient mises à l'heure allemande, mais dans chaque foyer français, par bravade, on refusera de retarder sa pendule de soixante minutes.

Ils devront s'habituer aux Allemands : des hommes blonds aux yeux clairs chercheront à deviner s'ils seront haïs, tolérés, aimés par ces vaincus qu'ils trouvaient bien étranges ? Ils souriaient aux jeunes filles de loin, en dessous, mais celles-ci passaient fières et dédaigneuses en baissant les yeux. C'étaient les premiers jours.

Rapidement, les portes grandes ouvertes des cafés laissèrent entrer un flot d'uniformes verts. Les militaires dégrafaient leurs ceinturons puis s'attablaient en faisant de l'oeil à la servante. Ils réclamaient une bière en jetant autour d'eux un regard vaguement anxieux.

La vie reprenait doucement.

septembre 1940

L'armée allemande occupait désormais la petite ville. Le commandement s'était installé dans les châteaux des alentours et la troupe dans l'école communale. Les enfants du bourg, fascinés par les uniformes, les galons d'argent, les chevaux, les hautes bottes n'entendaient pas les mères qui interdisaient d'accepter des bonbons, des sous. Pourtant, c'est bien tentant surtout qu'ils étaient libres et n'avaient pas classe.

Et pour cause, les maîtres d'école, partis au front dès septembre 1939, ne revinrent, pour certains, qu'après une longue période passée dans les stalags allemands comme prisonniers de guerre. Certains ne survivront pas aux conditions difficiles voire inhumaines qui leur seront imposées. Albert Lachaize, échappé de cette grande rafle, ne sera pas fait prisonnier et sera démobilisé rapidement.

 

Ecole des garçons où Daniel fera sa scolarité

hiver 1940/41

L'hiver 39/40 avait été difficile, mais celui de 1940/41 fut redoutable. Dès fin novembre, commencèrent froid rigoureux et neige. La nourriture commença à manquer. Les femmes grelottaient en faisant la queue devant la porte des magasins souvent vides malgré les bons de rationnement. Dans l'appartement glacé le froid était tenace, le charbon rare, le bois hors de prix. Il gelait sur les vitres à l'intérieur du logement et seule une boule de caoutchouc pleine d'eau bouillante donnait un petit peu de confort lorsqu'on la serrait contre son coeur.

1941

La mairie allait chercher d'autres locaux pour continuer l'enseignement des plus jeunes. Mais les classes, faute d'instituteurs, allaient se tenir, pour les garçons, une semaine sur deux le matin et une semaine sur deux l'après-midi. Pour occuper les enfants, ils seront chargés, pendant leur temps libre, de ramasser les doryphores dans les champs car ces insectes détruisaient les récoltes de pommes de terre.

Ce seront les premiers "travaux-d'intérêt-général", préconisés par une circulaire administrative qui en soulignait les bienfaits !

Le nouveau slogan prôné par Pétain "Travail, Famille, Patrie" et les enfants chantent à tue-tête "Maréchal nous voilà..."

1942
La population de la ville se ralliera, pour une partie, au Maréchal Pétain et à la politique de Vichy qui prônait la collaboration avec l'Allemagne. Une autre, dont Albert Lachaize, s'engagea dans la résistance locale et les FFI. Cela divisait et déchirait les familles. C'était l'époque des dénonciations...

On réglait ses comptes. Une rancoeur tenace persistera.

8 janvier 1944

mariage de Raymonde, (la fille naturelle d'Albertine Laurent) avec Lucien Raymond,

Juin 1944

Ce fut le débarquement Allié en Normandie, suivi de la libération et de la chasse aux Collabos. Dans la foulée on allait tondre les femmes qui s'étaient liées d'amitié avec des Allemands. Peut-être par solidarité féminine inconsciente, le turban vint à la mode, ce qui faisait que les tondues se remarquaient moins.

septembre 1944

L'école était désormais occupée par l'armée Américaine. L'oncle SAM n'avait pas débarqué que ses troupes, il était là avec sa culture et sa musique Yankee, le jazz, le blues. C'était nettement plus gai.

Les soldats US distribuaient du chocolat, des chewing-gum, des cigarettes blondes, du lait concentré, du corned-beef, du coca-cola, du pain de mie. Les officiers décontractés et sapés comme des dieux, à bord de leurs jeeps, se taillaient des passages dans la cohue à coup de klaxon. Les jeunes étaient en extase, imaginant le "rêve américain", voulant tordre le cou aux vieilles habitudes de province, se libérer du joug familial, voler de leurs propres ailes, sortir du trou dans lequel la guerre avait englouti leur jeunesse.

Les maîtres d'école seront progressivement de retour. Ils devaient reprendre en mains leurs élèves après tous ces mois passés sans grande surveillance ni contrainte. Les coups de règle sur les doigts pleuvaient sur les mauvais élèves ou les indisciplinés. Les punitions étaient des lignes à copier plusieurs dizaines de fois "bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou et pou prennent un x au pluriel" " je ne dois pas bavarder avec mon voisin pendant les heures de classe" ..!

Les Maîtres d'école faisaient régner une discipline rigoureuse, ils n'étaient jamais en grève, ni absents. Leur souci essentiel était de faire passer avec succès le certificat d'études au plus grand nombre d'élèves.

On les craignait. On se taisait. On les respectait.

arrivée des Américains à Rozay, Guy de face, Daniel de dos,

 

octobre 1944
Tout en étant enfant de choeur à la messe du dimanche, Daniel sera de tous les coups pendables : casser les carreaux de l'église, couper la queue de l'âne, attacher ses petits camarades de classe à un arbre et allumer un feu à leurs pieds.. Très vite, il sera le "chef" de toute cette bande de copains : son obsession.

8 mai 1945

La guerre était finie, le pays en ruine, les ressources quasiment nulles, l'alimentation déplorable.

Daniel avait neuf ans. Son père était le plus souvent absent du logis familial. Il n'en avait guère de souvenirs, excepté une correction sévère, à la suite d'une réprimande. Il avait envoyé, à toute volée, une fourchette qui se planta dans la porte, après lui avoir frôlé la tête. Dur, dur...

C'était sa première rébellion. Il décida ce jour là qu'il frapperait, désormais, toujours le premier, ce qu'il ne manquera pas de faire tout au long de sa vie.

septembre 1945

Adulte, Daniel n'aura aucun sentiment filial envers cet homme qui restera toujours un inconnu. D'ailleurs, rien n'allait plus entre les deux époux et son père quittera définitivement le foyer familial pour suivre les armées alliées en Allemagne en qualité de chauffeur d'un haut gradé. Il sera employé par le gouvernement militaire de la Sarre. Il s'y installera pendant plusieurs années et sera rejoint par sa maîtresse : la postière de Rozay.

octobre 1945

Désormais, sa soeur travaillait. Elle faisait son apprentissage de couturière dans un atelier de confection parisien. Daniel était le plus souvent seul avec sa mère qui lui passera tous ses caprices, et c'était une "forte tête".

12 août 1946

Décès de Charles Lachaize. Le grand-père paternel possédait de nombreux biens immobiliers en ville, l'héritage était substantiel. Dans son testament, il faisait donation d'une maison à sa gouvernante et le reste sera partagé entre Albert, Julien, Raymonde ses enfants.

septembre 1946

Juliette ne recevra aucune aide financière de son mari volage qui allait dilapider sa part d'héritage. Elle survivra grâce à ce que l'on appelle, aujourd'hui, des petits boulots mais, aussi, à l'aide que lui apportera son père. Elle voulait rester libre et ne désirait pas intégrer d'emploi fixe.

Les femmes ne possédaient pas encore de lave-linge et la mère de Daniel fera des lessives pour les familles les plus aisées. Elle ira, été comme hiver, rincer le linge à la rivière. L'ambiance était souvent joyeuse, on y colportait tous les ragots du village. Il y avait, aussi, après ces années de guerre et de restrictions, de nombreuses fêtes locales, des baptêmes, des communions, des mariages.

Elle sera, à ces occasions, serveuse dans les restaurants du bourg.

19 décembre 1946

Début de la guerre d'Indochine. Ho-Chi-Minh avait pris le maquis, la guérilla s'intensifiait. Mais l'après-guerre en France, c'était aussi les bals, le jazz, cette musique noire américaine. La jeunesse était joyeuse et oublieuse en écoutant Tino Rossi et Edith Piaf.

1948

Guy, le fils aîné, fera son service militaire dans les spahis. Dans la foulée il s'engagea dans la garde mobile, sera transféré en Autriche puis, en 1950, en Indochine pour mener la guerre contre le Vietmin.

1950
Daniel avait 14 ans. Son grand-père maternel l'employait dans son entreprise de serrurerie. Il partageait son temps entre les cours d'apprentissage et l'atelier où il s'activait autour de la forge. La discipline était bon enfant.

C'était le temps des copains et des premières filles. Il ne connaîtra ni les colonies de vacances ni l'été au bord de mer.

1er août 1953

Mariage à Rozay-en-Brie de sa soeur Janine avec Claude Carroy. Mais la belle-famille, aisée, bourrée de préjugés, liée avec les meilleures familles du bourg, n'était pas enchantée du choix de leur fils aîné. Le couple partira en voyage de noce sur la Côte d'Azur pendant 15 jours, une découverte pour la jeune mariée.

En août 1969, en vacances en Corse, Claude disparaîtra en plongée sous-marine. Il faudra plusieurs jours pour retrouver son corps. Il laissera deux jeunes fils et une épouse effondrée. Cependant, l'avenir financier sera assuré par la belle-famille grâce au soutien de ses beaux-frères.

Claude et Janine

octobre 1953

Daniel voulait s'enrôler dans l'armée, dans les parachutistes. Il passera une visite médicale de routine. Le médecin lui trouvera un problème de santé : refusé !

7 mai 1954

Diem-Bièm-Phu, la fin de la guerre d'Indochine. Ce refus d'être enrôlé l'aura sûrement sauvé d'une mort certaine. Aucun de ceux qui sautèrent ce jour là ne sont revenus vivants.

juin 1954

Début de la guerre d'Algérie. La situation se dégradait de jour en jour.

D'un coté une population de colons dont les arrières grands-parents, bannis dont ne sait où, avaient retroussé leurs manches pour défricher la terre et en faire des vergers. Ils avaient connu l'enfer toutes les saisons, la galère de jour et de nuit, mais ils avaient tracé des routes, posé les rails d'un chemin de fer jusqu'aux portes du Sahara, jeté des ponts sur les rivières, construit des villes, transformé ces plaines arides et infestées de reptiles en un fabuleux jardin d'Eden, et... de l'autre, autrefois, un peuple de bergers qui vivait au rythme des saisons, se contentant de peu, mais à qui on avait tout pris : les terres, les troupeaux, la liberté. Population désormais misérable et réduite, pour la plupart d'entre eux, au rang de bêtes de somme. Les colons n'avaient pas su, ou pas voulu, partager avec eux, sans même un soupçon d'égards.

La guerre, au fil des années, allait s'envenimer de jour en jour avec son lot d'attentats aveugles, de représailles foudroyantes, d'enlèvements, de découvertes macabres, de pièges mortels, jusqu'au jour où les premiers départs pour l'exil seront devenus inéluctables dans une anarchie indescriptible de voitures, de charrettes, d'autocars encombrés de ballots et de sanglots d'une population européenne vacillant sous le chagrin, fuyant vers le port le plus proche où un paquebot, bourré à craquer, attendait de lever l'ancre pour un exil sans retour.

L'Algérie, 7 ans après, devra se réinventer. En attendant, cela allait concerner toute une génération de jeunes hommes partis faire leur service militaire. Il reviendront meurtris et enfouiront ce cauchemar au plus profond de leur mémoire.

1er janvier 1955

Daniel allait sur ses 20 ans. Il travaillait désormais à plein temps avec son grand-père. C'était la période des congés de fin d'année.

A Rozay, seules distractions : le bistro et la salle de cinéma. Ce jour là, le film "les portes de l'enfer", un navet. Est-ce prémonitoire ?

Aussi, pour se sortir de l'ennui, dans la salle de projection et dans le pénombre, c'était le chahut. Une bande d'adolescents s'intéressait de près à une jeune fille qui n'était pas originaire de cette ville, car Daniel les connaissait toutes. Lassée de leurs "agaceries" (on lui tirait les cheveux, on lui passait la main dans le dos..) , elle se retourna et gifla le premier qui lui tombait sous la main. Cela calma le jeu un moment.

C'était l'entracte. Daniel décida d'intervenir. Tous le connaissaient de réputation et aucun n'avait envie de lui tenir tête car il avait le coup de poing facile. Il entama la conversation, se fit charmeur, apprendra qu'elle était parisienne, en vacances chez des amis de ses parents. Il était beau et entreprenant, et elle, avait une totale innocence qui attirait les prédateurs. Il était bien décidé à draguer, car maître dans ce petit jeu, son passe-temps favori. Ils se quittèrent à la sortie du cinéma en se promettant de se revoir.

Il faudra presque cinq ans avant qu'elle ne devienne son épouse.

Eliane
Daniel

2 janvier 1955

Le lendemain de cette rencontre, il s'arrangea pour la revoir. Elle était très jeune puisqu'elle n'avait pas quinze ans. Il avait de la suite dans les idées, mais surtout rien à faire de mieux ce jour là. En effet, il la croisa, renoua la conversation, lui faisant promettre d'aller les jours suivants à la fête annuelle d'une petite localité toute proche. Qu'est-ce qu'on peut s'ennuyer dans ces campagnes !

3 janvier 1955

Elle ira, en effet, se jeter dans la gueule du loup alpha, le chef de meute....Ils se revirent un soir dans la pénombre d'une ruelle du village et lui vola un baiser.

A l'époque, le téléphone n'existait pas, du moins dans leurs familles respectives. Ils s'écriront, elle le lui avait promis. Il lui répondra en adressant le courrier chez sa meilleure amie pour éviter les représailles maternelles.

1956

A Rozay, Daniel n'avait guère d'avenir. Son grand-père Cardoux était désormais âgé et l'entreprise de serrurerie périclitait. L'artisanat était sur son déclin, on évoluait vers la serrurerie métallique industrielle. Il devait partir faire son service militaire. Aussi, en attendant son incorporation il décida d'aller vivre quelques semaines chez son frère à Paris qui, désormais, travaillait chez IBM. Il reverra alors son père, car sa concubine était concierge d'immeuble et lui peintre en bâtiment.

L'ascenseur social n'avait guère fonctionné !

15 octobre 1956

Il fera son armée dans les bérets rouges : refusé en tant qu'engagé volontaire mais accepté en tant que simple appelé, il allait enfin pouvoir réaliser son rêve : sauter en parachute, sortir du cocon familial qu'il n'avait jamais quitté. Il était fier de faire partie de ces combattants d'élite, purs et durs, que sont les paras. La guerre d'Algérie et les colonies lui offraient un vaste champ d'action et les bérets rouges ne faisaient pas la guerre en dentelles !

Pourtant, avant de partir, il voulait revoir cette petite parisienne avec qui il correspondait plus ou moins régulièrement.

20 octobre 1956
Un dimanche, il se décida enfin, pensant la trouver chez ses parents. Soudain il l'aperçu venir vers lui accompagnée d'un homme qui semblait sensiblement du même âge que lui. Ils se tenaient par la main, revenaient de la patinoire, leurs patins sur l'épaule. L'homme était grand, solide, sûr de lui. Aussi, il traversa la rue ne voulant pas les croiser sur le même trottoir. Elle l'avait reconnu, son copain et elle se séparèrent, chacun allant de son coté.

Il la rejoindra et lui dira qu'il partait, probablement en Algérie. Ils savaient tous deux que la guerre était meurtrière, que des appelés étaient tués tous les jours dans les pires conditions. Quelle sera sa destinée, reviendra-t-il vivant ?

Il faisait nuit, il l'embrassa dans l'ombre d'une porte cochère en se promettant de s'écrire.

Il partit, quelques jours plus tard, pour Pau, faire ses classes.

Il sortait enfin de sa "brousse" natale. Enfin, il était soldat ! Il n'était plus qu'un numéro sur un plaque d'identité pendue à son cou, son premier cadeau de l'armée. Sur le métal deux numéros identiques séparés par des trous en pointillé. Et s'il meurt, un morceau sera découpé par celui qui aura la chance d'en réchapper. Métal qui lui brûlera la peau, parfois, lors des après-midis trop chauds sous le soleil africain.

janvier 1957

Trois mois plus tard, il quitta Pau, direction Marseille, objectif Dakar (Sénégal) et les troupes aéroportées coloniales destinées aux fortes têtes, et non l'Algérie. Pour lui, c'était le bout du monde. Il était heureux, il allait voir la mer pour la première fois de sa vie. Une image de carte postale pleine de soleil et de ciel bleu.

Dans cette ville de garnison, c'était le grand branle-bas. Il y avait ceux qui partaient en Algérie, ceux qui en revenaient. Le camp militaire était un point obligé, avec le vacarme des appels crachés des hauts-parleurs, les engueulades, les jérémiades, et ces affreux lits où grouillent les puces, les punaises, parfois les morpions. Cà pue l'urine, la transpiration et le moisi. Il y restera trois jours dans l'inconfort le plus complet avec la crainte de se faire voler son paquetage auquel il reste accroché.

Son seul souci : avait-il le pied marin ? Il ira voir la mer, même de nuit. Il traînera avec ses nouveaux copains dans les bas quartiers, celui des bars mal famés et des putes bon marché. Ils avaleront bières sur bières pour se donner du courage et oublier l'angoisse.

Il fallait quitter la France, embarquer le soir en catimini, le boudin kaki à l'épaule. On a écrit à la craie le n° de son régiment sur son casque. Il est fatigué, il n'a guère dormi les jours derniers. Il y a quelques badauds sur le quai qui agitent la main et l'embarquement sera un moment chargé d'émotion. Puis le coup de sirène annonce le départ. Alors, quittant les quais de la Joliette dans l'air froid qui cingle, c'est l'étrange silence, soudain, lorsque l'énorme bateau s'élance vers le large accompagné des remorqueurs et du cri des mouettes. ..

Après avoir doublé le Château d'If, Daniel jettera un dernier regard sur le port et la ville.

Dans combien de temps reviendra-t-il ? En principe 27 mois.

Entassés sur le bateau le voyage sera long et dans l'univers nauséabond du fond de cale, les hommes de troupes peinaient à s'endormir. Comme nombre de ses camarades, il sera malade, ne supportant pas le roulis ni le tangage dès que la tempête se levait un peu. Au bout de plusieurs jours, ayant vomi tripes et boyaux, les hommes seront exténués et livides. L'appréhension des lendemains leur sapait le moral.

L'arrivée sur la terre ferme sera un soulagement. Dakar est un choc pour cet homme qui n'est jamais sorti de sa campagne. L'odeur particulière de l'Afrique, les rires éclatants des femmes, les enfants joyeux qui couraient en tout sens...

Daniel, à Dakar

1958
Daniel sera tireur au fusil-mitrailleur. Il fera surtout de l'entraînement militaire et du maintien de l'ordre. Il crapahutera pendant des jours, des nuits, suant sang et eau, dans une chaleur suffocante et sous un soleil implacable. Les paras ne connaissent guère le repos. Ils lèvent le camp à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, dorment peu. Les hommes sont exténués, parfois incapables de mettre un pied devant l'autre, et pourtant, ils marchent, ils marchent encore..et encore. Les plus résistants aident ceux qui sont à bout, ceux qui coulent avant d'arriver au ponton situé en pleine mer, dans les stages de plongée. La solidarité règne.

Super-entraînés, les paras sont d'une disponibilité et d'une mobilité extrêmes.

Il y a, aussi, l'image du mauvais sauts en parachute, lorsque le "pépin" ne s'ouvre pas ou mal et le copain qui s'écrase malgré ses efforts désespérés pour tenter de freiner sa chute.. La mort parfois est au rendez-vous.

C'est l'époque des référendums organisés à l'initiative du Général De Gaulle pour aller vers la décolonisation. Des largages au dessus de la foule africaine surexcitée où tout peu arriver lorsque le vent s'en mêle et vous fait atterrir là où il ne faut pas : un mur, un arbre, un groupe de manifestants en colère, une rivière ...

Il participera à une opération en Mauritanie, parachuté sur une oasis aux allures de paradis paisible avec son oued qui coule en contre-bas. Une bande de rebelles, un peu plus aguerrie chaque jour, s'était réfugiée au milieu des civils qui n'avait pas pu ou voulu évacuer les lieux. Ils tiraient sur les militaires largués des avions. Les balles sifflaient à ses oreilles en approchant du sol et, dès le pied à terre, il fallait riposter, ça canardait de partout. Des femmes et des enfants furent tués et la plupart des fellaghas s'enfuirent. Pas de quoi être fier. Du coté des militaires, il y aura plusieurs blessés graves mais aussi des visages sales et tirés où se lisaient la rage et l'émotion après cette journée sanglante.

Au début, il tirait parce qu'il avait la trouille, désormais il ripostait, comme les autres, pour sauver sa peau.

Ni d'un coté ni de l'autre, on ne faisait de quartier.

novembre 1958

Deux années d'armée, sans aucun retour en métropole, c'est long. Daniel, en permission libérable, retrouve avec joie sa mère, ses copains, son village. Démobilisé en janvier 59, il cherchera du travail sur Paris et reprit contact avec Eliane qui terminait ses études à l'Ecole de la Chambre de Commerce de Paris.

Elle était libre, son petit copain venait de partir en Algérie dans les paras, les bérets verts.

19 octobre 1959

Mariage à la Mairie de Courbevoie. Une erreur de casting. Ils ont 24 et 19 ans.
Une nouvelle vie commençait... Ils emménagèrent dans une pièce-cuisine rue du Commerce à Paris.

avril 1961 : le couple s'installe à Bagneux (92)

11 décembre 1961 : Naissance de Valérie,

9 janvier 1962 : décès d'Emile Cardoux, grand-père de Daniel,

1er mai 1968 : installation de la famille à Massy dans l'Essonne

18 avril 1984

C'était une belle journée de printemps ensoleillée qui annonçait la venue de l'été.

Le ciel était sans nuage, et c'était l'anniversaire d'Eliane : 44 ans.
Séparation mouvementée sur une route de campagne en Seine-et-Marne,... Elle est clouée sur place. A cet instant, elle n'est plus rien.

Submergée par la colère, elle l'a giflé et tout c'est figé. Il était allé trop loin. Il a redémarré sa voiture emmenant la nouvelle élue, sa nouvelle conquête. Il voulait être libre, il a créé les conditions de la rupture et s'est arrangé pour qu'elle prenne la décision.

C'est tactique et c'est lâche ! Leur couple avait atteint un point de non retour.

Peut-être fallait-il qu'il la quitte pour finir de grandir avant de vieillir... Il avait déjà 49 ans.

Deux êtres qui n'ont pas grandi à la même allure et qui finissent par se faire de l'ombre.

Le temps s'est arrêté, la "guerre" est déclarée.

Leur univers explose .. . une page se tourne définitivement et il fallait désormais apprendre à évoluer dans un champ de mines pour tenter d'oublier le passé.

février 1985 : divorce par consentement mutuel : TGI d'Evry (Essonne).

******

26/1/1982 : décès de Jeanine Carette épouse de Guy Lachaize, frère de Daniel

30/7/1983 : décès de Nadine Lachaize, 22 ans, fille de Guy

14/11/1984 : décès de Bruno Lachaize, 20 ans, fils de Guy

10 février 1987 : décès de Juliette Cardoux épouse Lachaize, mère de Daniel

17 novembre 1991 : décès d'Albert Lachaize, père de Daniel

30 mai 2006 : décès de Guy Lachaize, frère de Daniel,

 

Guy Lachaize vers 1950 Janine Lachaize épouse Carroy
Daniel Lachaize-sénégal 1958

 

voir la suite : bio années 1959/65, les années de mariage : cliquez ici

ou retour à la page d'accueil