Biographie Daniel Lachaize

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Charles Lachaize, Albertine Laurent et leurs enfants vers 1910, grands-parents de Daniel Lachaize

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Rozay-en-Brie (Seine et Marne)

24 avril 1903 : C'est un garçon !

L'air vif du printemps roule des odeurs d'aubépine et un rayon de soleil, déjà chaud, glisse à travers les persiennes....

La régularité des contractions ne laisse pas de doutes à la sage-femme qui, à cinq heures du soir, met au monde, dans l'auberge de Louis-Emile Laurent, le fils naturel d'Albertine Laurent sa soeur.

La jeune maman, célibataire, est anxieuse à une époque où les enfants nés sans père sont souvent mal accueillis dans les familles et dans la vie sociale d'une petite localité de province.

Elle est déjà mère d'une petite fille de trois ans, prénommée Raymonde, née de "père inconnu". 

Toutefois, cela n'empêche pas les clients du bar de trinquer joyeusement à la santé de la jeune femme, à celle du père présumé, pas aussi inconnu que cela d'ailleurs, et du nouveau né,

d'autant que la tournée est offerte gracieusement par le patron du bar, oncle de l'enfant..

Le père, Charles Lachaize, tout juste majeur, absent ce jour là, est quelque part sur les routes de France.

L'enfant portera le prénom d' Albert Charles et sera déclaré de "père non dénommé", à l'employé de la Mairie, qui prend acte. 

Il sera reconnu officiellement par ses père et mère en juin suivant tandis que le mariage est remis à plus tard.

29 février 1904 : C'est une fille !

.. Juliette pousse son premier cri tandis que la neige, mêlée de pluie, tombe d'un ciel d'ardoise sur cette petite ville de Seine-et-Marne. 

Elle est fille d'Emile Cardoux, une famille de vignerons bien implantée dans la région depuis au moins le 17ème siècle, et d'Augustine Ricez, fille de jardiniers au château du Breuil à Courpalay, village situé à quelques kilomètres.

L'acte de naissance sera signé par Jules Cardoux, le grand-père, marchand de vins et par Alexis Ricez peintre en voitures, un cousin.

Elle deviendra quelques années plus tard l'épouse d'Albert Laurent-Lachaize.

25 mars 1905 enfin, le mariage,

Le temps est doux et ensoleillé. 

Charles Lachaize, né en 1881 à Loudun (Vienne) se décide enfin.

Il épouse Albertine Laurent et régularise la situation en reconnaissant "comme-siens" Albert et Raymonde les enfants de sa femme. 

Il s'installe comme entrepreneur en peinture car il a un réel talent de peintre en décors, qu'il exercera dans les châteaux du voisinage. 

Il peint des fresques et des tableaux dont son portrait. Deux autres enfants viendront, quelques années plus tard, compléter la famille : Julien et Gisèle la petite dernière.

Charles Lachaize

 

29 mai 1905

Emile Cardoux Augustine Ricez

Augustine Ricez, la maman de Juliette, décède, un an plus tard, à 23 ans lors de la venue au monde de son deuxième enfant mort-né.

Emile Cardoux, son époux désormais veuf, est submergé par le chagrin tandis que sa fille unique est confiée à sa grand-mère paternelle.

Juliette va recevoir une éducation stricte et rigide d'une autre époque, étant privée de faire des bêtises car on lui affirme sans cesse que sa maman la surveille du ciel.

Son père, artisan serrurier, s'investit, au fil des ans, dans de nombreuses activités dans la commune : adjoint au Maire, capitaine des pompiers, trésorier de la maison de retraite, conseiller municipal. Il ne se remarie pas.

 

2 août 1914 : la guerre

La France entre en Guerre contre l'Allemagne. 

Les troupes montent sur le front de l'Est et traversent le village sans discontinuer. 

Charles Lachaize , comme beaucoup d'autres, est mobilisé au 69ème régiment d'infanterie.. Pourquoi doit-il se battre alors qu'il a 4 enfants à charge ?

Quatre années de massacres, de folie humaine poussée à l'extrême, de boucherie, des millions de morts, pire que l'épopée des campagnes de Napoléon 1er, autre grand pourvoyeur de cadavres.

 

1916

Reçue première du canton au certificat d'études, Juliette Cardoux aurait pu poursuivre ses études.

Pour cela, il faut aller en pension chez les curés dans une grande ville du canton, mais ses grands-parents s'y opposent.

C'est la guerre et elle ne veut pas quitter son père. Aussi, elle va travailler dans le bar-restaurant de ses grands-parents, également marchands de vins.

 

11 novembre 1918 : fin de la guerre

La sale guerre est finie. L'automne flamboie d'or, de pourpre et de lumière dans la paix retrouvée.

Les cloches du village carillonnent comme un matin de Pâques et, en un clin d'oeil, les maisons se parent de bleu, de blanc, de rouge et de drapeaux Yankee.

On rit tous ensemble, on se jette au cou des soldats, on chante la Marseillaise. Les femmes nouent leurs cheveux de rubans tricolores, les avions militaires exécutent des loopings dans le ciel.

Charles Lachaize est vivant, contrairement à beaucoup d'autres soldats et heureux de retrouver sa famille.

 

7 mars 1925 : mariage à Rozay-en-Brie

Juliette et Albert Lachaize vont habiter dans l'immeuble face au porche de l'église

 

Le vent léger sent l'aubépine et le lilas en annonçant un printemps précoce.

Dans la nef glacée de la belle église du bourg, Albert Lachaize et Juliette Cardoux échangent des anneaux d'or, des promesses de fidélité, d'aide et assistance.

Le marié travaille dans l'entreprise de peinture de son père et tout semble annoncer un mariage heureux, avec pour témoins : Marcel Morillon clerc de Notaire et Fernand Cardoux, serrurier, oncle de la mariée. 

Ils ont 22 et 21 ans et quatre enfants viendront compléter la famille : Liliane, en avril 1926, Guy en mars 1928, Janine en février 1930, et Daniel en juin 1936.

Mais le petit dernier n'est pas le bienvenu, car l'entente des parents n'est plus vraiment au beau fixe.

 

mai 1927 : les deuils

La tuberculose, le mal du siècle, fait des ravages dans les familles.

Gisèle, 17 ans, la fille cadette de Charles attrape froid à la sortie d'un bal organisé pour la fête de la Sainte Barbe et décède après quelques mois d'agonie.

Liliane, 13 mois, la fille d'Albert, contaminée également par le virus, quitte ce monde un an après. Juliette son épouse restera profondément meurtrie par ces deux deuils.

Minée par le chagrin depuis le décès de sa fille cadette, Albertine Laurent, 51 ans, épouse de Charles Lachaize, décède le 21 juillet 1931 d'une douloureuse maladie dont on ne prononce pas le nom à l'époque.

 

1936 : le Front populaire

Le 30 mai 1936, c'est le point culminant d'une longue et aiguë lutte des classes qui dure depuis des mois.

La France est paralysée par les grèves. Les ouvriers occupent les usines.
Mais, il est vrai, aussi,  que l'usine occupe pas mal les ouvriers. 
Ils sont là et pas ailleurs... 

Surtout pas dans la rue à se heurter aux barrages de police avec leurs chants révolutionnaires et leurs drapeaux rouges.
Ils jouent aux cartes, aux dominos, font ripaille au milieu des rires et des ritournelles.

2.000.000 de travailleurs font grève soutenus par les paysans et les commerçants qui organisent le ravitaillement.

Les patrons sont prêts à n'importe quelle concession pour sauver les meubles.

Et les accords prévoient : la reconnaissance des Syndicats, les Conventions Collectives, les Délégués du Personnel, les 40 heures, les congés payés, une hausse de salaires de 10 à 15 %. 

Ces mesures sont approuvées sans broncher par le patronat tétanisé et l'accord est signé sans délai par l'Assemblée Nationale et le Sénat.

En Espagne, les troupes franquistes s'insurgent contre le Front populaire espagnol. Des brigades internationales se forment pour venir à son secours. On s'entretue, c'est la guerre civile.

 

Eté 1936

Les Français somnolent béatement, jouissant de leurs acquis sociaux nouvellement obtenus, sans nul autre souci que de découvrir, enfin, les vacances au bord de mer.

Pendant ce temps là, l'Angleterre cultive son flegme, retranchée dans son île, et dans ce calme relatif on croit à la paix.

Tout semble rassurant malgré Hitler qui s'agite, et personne ne s'en inquiète. 

On rigole en chantant la dernière chanson à la mode : "Tout va très bien Madame la Marquise, tout va très bien., tout va très bien !".

 

1er septembre 1939 : la drôle de guerre

La France déclare la guerre à l'Allemagne Nazie qui envahit la Pologne.
Les troupes françaises gardent le moral. La "ligne Maginot" n'est-elle pas réputée inviolable ?

C'est la mobilisation ! 

Albert Lachaize prépare son paquetage et l'école communale se retrouve sans maître, tous partis au front.

La situation, en ce jour de rentrée scolaire, n'est pas pour déplaire aux gamins, car on ne sait pas trop combien de temps cette guerre va durer,

Pendant huit mois, il ne se passera rien des deux cotés du Rhin ! On s'observe curieusement.. C'est "la drôle de guerre".

 

juin 1940 : l'exode

L'Allemagne s'est décidée à envahir la France !
Fi de la ligne Maginot... elle sera contournée ! Tant pis pour la Belgique, pourtant neutre.

L'armée Nazie est puissante, elle possède des blindés, des canons, des avions alors que la France est restée sur les concepts de la guerre de 1914/1918.

Et c'est la déroute de nos armées, des militaires sans bataillon et dépenaillés pleurant en regardant les Allemands aux uniformes impeccables, tandis que les vieux de 14/18, assis au bord des champs, lèvent les yeux vers le ciel pour découvrir les Stukas qui piquent droit sur eux, avec d'horribles mugissements de sirène.

A Rozay-en-Brie, comme dans toutes les communes de France, on attend les soldats Allemands avec anxiété.
Car la rumeur propage l'idée qu'ils massacrent les femmes et les enfants. La population prend peur. ....
La France commence à se vider du nord au sud, comme un sablier,  avec ces centaines de milliers de réfugiés répandus sur les routes.

En effet, les fonctionnaires, les gendarmes, les employés des postes, ont reçu l'ordre de partir suivant le plan d'évacuation mis en place par le gouvernement. Seul le Maire, un ancien de 14/18, qui en a vu d'autres, demeure placide car rien ne peut, désormais, l'émouvoir.

Il faut se rendre à l'évidence, tout est pourtant perdu.

La famille Lachaize décide d'évacuer le bourg devant l'arrivée des troupes ennemies, entraînée par le flot des réfugiés fuyant les provinces de l'Est, et criant "ils arrivent.... les boches arrivent"..

C'est ainsi, qu'ils partent, par un beau matin ensoleillé dans la voiture d'Emile Cardoux le grand-père maternel de Daniel, au milieu des embouteillages, des coups de klaxon, des convois militaires, des charrettes surchargées, tirées par de vieux chevaux, avec des vieillards, des infirmes, des gosses couchés sur des matelas.

Dans ce début d'été brûlant, ils vont traverser des villes dévastées et mises à sac. Ils ont chaud, sont fatigués et en sueur.

Multitude misérable d'hommes ressemblant à un grand troupeau en déroute, vêtements froissés, figures livides, enfants en pleurs. 

Tous prononcent les mêmes mots : de l'essence, des provisions pour manger, une chambre pour dormir.
Mais déjà l'essence manque, les boutiques sont dévalisées, les hôtels complets.

Personne sait où il faut aller....

C'est la fuite en avant, l'exode : direction la Loire, devenue en quelques jours la ligne de front ...

 

15 juin 1940 : Daniel fête ses 4 ans, c'est son anniversaire

En ce 15 juin plein de soleil tout bourdonnant d'abeilles, la famille se retrouve sur les routes de France sous la mitraille des avions Allemands (et Italiens, les alliés de l'Allemagne), qui volent en piqué et en rase-motte sur les civils déboussolés et les soldats en déroute. La panique grandit, se répand d'une ville à l'autre comme une flamme. La route est encombrée de véhicules de toutes sortes, l'air retentit du grincement des freins surmenés, la place des villages traversés ressemble à un campement de bohémiens, des hommes harassés dorment par terre, d'autres font leur toilette à la fontaine.

Les habitants sortent sur le pas de leur porte pour contempler ce spectacle avec une expression de profonde stupeur.

Pauvres gens, se disent-ils avec pitié !

Ces réfugiés viennent de Paris bombardé, du Nord et de l'Est, ces provinces vouées depuis toujours à l'invasion et à la guerre.

Eux, se croient bien tranquilles, avec, en secret, un sentiment confus de satisfaction.

Le grand-père Cardoux reprend la route à une allure d'escargot, l'auto fait trois mètres, s'arrête de plus en plus fréquemment, prise dans une inimaginable confusion de véhicules, de bicyclettes et de piétons poussant des landaus où s'entassent des valises, une personne âgée. Pas un souffle d'air ne circule entre les quatre vitres ouvertes. La tôle de la portière est brûlante, on ne peut y poser son coude, et les trois enfants sont hébétés de chaleur sur la banquette arrière.

On mijote dans son jus sous le soleil infernal. Les cheveux raides de sueur.

Puis, ils croisent les premiers régiments en déroute.  

Mais la confiance est tellement chevillée au coeur des français, que les réfugiés pensent que nos soldats vont livrer bataille, par petits groupes, par des chemins détournés du front. Ils croient nos forces armées encore intactes. Toutefois, les bidasses ne sont pas très loquaces, certains dorment dans le fond des camions et les chars motorisés s'avancent dans la poussière des chemins, camouflés par quelques branchages fanés.

Tandis que les ponts sur la Loire forment des goulets d'étranglement.

La "Luftwaffe" Allemande est maître du ciel

Dans un ciel bleu d'azur sans aucun nuage, les réfugiés se sont habitués aux avions qui planent souvent en toute tranquillité et qui se font, parfois, la chasse en tournoyant.

Les appareils à la "croix gammée" ne sont pas abattus, tandis que ceux à "la cocarde" sont transformés souvent en torches fumantes.

Toutefois, ils n'ont pas encore été mitraillés, et lorsque cela arrive, tout d'abord, ils ne comprennent rien...

Brusquement, le stuka a surgi au-dessus des hommes et des chevaux affolés. "Couchez vous, à terre" hurle un militaire en déroute..

L'avion pique dans un mugissement de sirène et la famille n'a pas le temps d'arriver au petit bois touffu où elle espérait se cacher. Les balles des mitrailleuses percent la carrosserie des voitures avec un fracas de casseroles chahutées, crépitant sur l'asphalte, lacérant les chairs dans une moisson de gémissements et les cris hystériques de ceux qui ne surent pas réagir assez vite.

Vont-ils tous crever là, dans ce fossé, tandis que la terreur bloque les larmes qui leur vient aux yeux dans des sanglots étouffés ?

Le revoilà.. car l'avion revient, remontant la route tel un laboureur maniaque reprenant inlassablement le même sillon.
Les obus éclatent avec un bruit mat d'explosion. Le groupe d'arbres est bombardé. La famille tente de se protéger des balles, le nez enfoui dans les chardons. 

Ce n'est plus une mitrailleuse mais le halètement saccadé d'un petit canon suivi d'une forte explosion.

Les réfugiés ont frôlé la mort de près, cachés dans les fossés de l'exode, à plat ventre dans l'herbe, le coeur battant avec force, tout près d'une mitrailleuse française qui tente en vain de riposter aux attaques venues du ciel.

Puis, la peur aux tripes, ils entendent "c'est fini, ils sont partis".

Ils vont dénombrer de nombreux corps déchiquetés, des blessés qui appellent à l'aide, des femmes hurlantes cherchant leurs enfants, des chevaux toujours attelés aux charrettes mais perdant tripes et boyaux par des plaies ouvertes dans un chaos de véhicules disloqués brûlant et crachant des flammes. Certains morts ont le visage intact, avec une expression étonnée comme s'ils essayaient de comprendre, en vain, ce qui leur arrive.

Tous n'en reviennent pas d'être sains et saufs..

Ils reprennent la route, hébétés, arrivent dans une ville où la gare a été bombardée, un convoi sanitaire atteint, deux wagons pleins de morts.

L'hôpital est plein à craquer des victimes du dernier bombardement. La famille s'arrête dans une ferme, à l'écart de la débâcle, habitée par des épouses seules et des enfants, les hommes étant au front. Les femmes se plaignent qu'elles ont déjà assez à faire avec les travaux des champs et les soins à donner aux bêtes, sans s'occuper, en plus, des réfugiés.

Il faut continuer coûte que coûte... Dans les villes, une soupe populaire est distribuée aux affamés, rien d'autre à manger.
Plus un seul croûton de pain !

C'est la débâcle de l'armée française.

Tandis que les avions tombent dans les champs comme des oiseaux blessés et le pilote se trouve rarement au bout de son parachute.

 

La France capitule.

La rumeur propage l'idée que le nombre des prisonniers atteint deux millions et que les pertes de l'armée française sont, à contrario, relativement peu élevées.

 

18 juin 1940

17 heures Londres : Appel du Général de Gaulle à la résistance. On entend "les sanglots longs des violons.."

 

19 juin 1940

Signature de l'armistice par Pétain. Puis installation de son gouvernement à Vichy de l'autre coté de la ligne de démarcation qui coupe désormais la France en deux.

 

20 juin 1940 : retour à Rozay-en-Brie

 

Après plusieurs nuits passées à la belle étoile, la famille Lachaize décide de rebrousser chemin, mêlée aux colonnes allemandes.

Ils rentrent chez eux à Rozay sans trop de difficultés malgré les routes défoncées par les bombes et encombrées par toutes sortes d'épaves. Les morts commencent à pourrir au bord des champs à coté de chevaux éventrés. Se réapprovisionner en carburant comme en victuailles pose de nombreux problèmes de plus en plus difficiles à résoudre.

Ils pensent retrouver leur village bouleversé, mais les rues sont intactes, les maisons non réduites en cendres, et ils n'en peuvent croire leurs yeux.

Le bourg a son air de paix dominicale.

Rien ne s'est passé : aucun bombardement, pas de saccages, seuls les magasins sont fermés.

Des soldats allemands en uniforme vert de gris et des Panzers occupent la place de la Mairie où flottent, sur le fronton, de grands étendards rouges à la croix gammée. Le gros de la troupe, avec de magnifiques chevaux bien gras, bien nourris, est installé sur les faubourgs ombragés à l'abri des anciennes fortifications datant du Moyen-âge.

La famille va monter quatre à quatre l'escalier, sonnée par cet exode dément, mais heureuse de retrouver son logement, même si souvent dans le passé, ils ont pesté contre cet appartement trop petit et sans confort, mais qui enferme entre ses murs de si chauds souvenirs.

Dans les jours qui suivent, le bourg s'emplit de bruit de bottes. Le garde champêtre, sous la surveillance de deux sous-officiers, colle des affiches dont la plupart commencent par le mot "Verboten" (interdit) et finissent par "sous peine de mort".., en caractères noirs deux fois soulignés.

L'église et la Mairie se sont mises à l'heure allemande, mais dans chaque foyer français, par bravade, on refuse de retarder sa pendule de soixante minutes.

 

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Il faudra s'habituer aux Allemands : des hommes blonds aux yeux clairs qui cherchent à deviner s'ils seront haïs, tolérés, aimés par ces vaincus qu'ils trouvent bien étranges ? Ils sourient aux jeunes filles de loin, en dessous, mais celles-ci passent fières et dédaigneuses en baissant les yeux. C'est les premiers jours.

Rapidement, les portes grandes ouvertes des cafés laissent entrer un flot d'uniformes verts. Les militaires dégrafent leurs ceinturons puis s'attablent en faisant de l'oeil à la servante. Ils réclament une bière bien fraîche, en jetant autour d'eux un regard vaguement anxieux.

La vie reprend doucement.

 

septembre 1940 : l'occupation

L'armée allemande occupe désormais la petite ville.

Le commandement s'est installé dans les châteaux des alentours et la troupe dans l'école communale. 

Les enfants du bourg, fascinés par les uniformes, les galons d'argent, les chevaux, les hautes bottes, n'entendent pas les mères qui interdisent d'accepter des bonbons, des sous. Pourtant, c'est bien tentant surtout qu'ils sont libres et n'ont pas classe.

Et pour cause, les maîtres d'école, partis au front dès septembre 1939, ne reviendront qu'après une longue période passée dans les stalags allemands comme prisonniers de guerre. Certains ne survivront pas aux conditions difficiles voire inhumaines qui leur seront imposées. Albert Lachaize, échappé de cette grande rafle, n'est pas fait prisonnier et sera démobilisé rapidement.

 

Ecole des garçons où Daniel fera sa scolarité

 

Hiver 1940/41 : une froidure de gueux

L'hiver 39/40 a été difficile, mais celui de 1940/41 est redoutable.

Dès fin novembre, commencent froid rigoureux et neige. La nourriture vient à manquer.

Les femmes grelottent en faisant la queue devant la porte des magasins souvent vides malgré les bons de rationnement. Dans l'appartement glacé le froid est tenace, le charbon rare, le bois hors de prix. Il gèle sur les vitres à l'intérieur du logement et seule une boule de caoutchouc, pleine d'eau bouillante, donne un petit peu de confort lorsqu'on la serre contre son coeur.

 

1941 : la collaboration

La mairie va chercher d'autres locaux pour continuer l'enseignement des plus jeunes.

Mais les classes, faute d'instituteurs, se tiennent pour les garçons, une semaine sur deux le matin et une semaine sur deux l'après-midi. Pour occuper les enfants, ils sont chargés, pendant leur temps libre, de ramasser les doryphores dans les champs car ces insectes détruisent les récoltes de pommes de terre.

Ce sont les premiers "travaux-d'intérêt-général", préconisés par une circulaire administrative qui en souligne les bienfaits !

Nouveau slogan prôné par Pétain "Travail, Famille, Patrie" et les enfants chantent à tue-tête "Maréchal nous voilà...".

La Marseillaise est aux oubliettes !

 

1942 : la résistance

La population de la ville se rallie, pour une partie, au Maréchal Pétain et à la politique de Vichy qui prône la collaboration avec l'Allemagne. Albert Lachaize, s'engage dans la résistance locale et les FFI. Cela divise et déchire les familles. C'est l'époque des dénonciations...

On règle ses comptes. Une rancoeur tenace persistera.

 

Juin 1944 : la libération

C'est le débarquement des Alliés en Normandie, suivi de la libération et de la chasse aux collabos. Dans la foulée on va tondre les femmes qui se sont liées d'amitié avec des Allemands.
Peut-être par solidarité féminine inconsciente, le turban vient à la mode, ce qui fait que les tondues se remarquent moins.

 

septembre 1944 : les Américains

L'école est désormais occupée par l'armée Américaine. L'oncle SAM n'a pas débarqué que ses troupes, il est là avec sa culture et sa musique Yankee, le jazz, le blues.

C'est nettement plus gai.

Les soldats US, bronzés et triomphants, en uniforme kaki, distribuent du chocolat, des chewing-gums, des cigarettes blondes, du lait concentré, du corned-beef, du coca-cola, du pain de mie. 

Les officiers décontractés et sapés comme des dieux, à bord de leurs jeeps, se taillent des passages dans la cohue à coup de klaxon. Les jeunes sont en extase, imaginant le "rêve américain". Ils veulent tordre le cou aux vieilles habitudes de province, se libérer du joug familial, voler de leurs propres ailes, sortir du trou dans lequel la guerre a englouti leur jeunesse.

Les maîtres d'école sont progressivement de retour. Ils doivent reprendre en mains leurs élèves après tous ces mois passés sans grande surveillance ni contrainte.

Les coups de règle sur les doigts pleuvent sur les mauvais élèves ou les indisciplinés. Les punitions sont des lignes à copier plusieurs dizaines de fois "bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou et pou prennent un "x" au pluriel" ou " je ne dois pas bavarder avec mon voisin pendant les heures de classe" ..!

Ils font régner une discipline rigoureuse, ils ne sont jamais en grève, ni absents. Leur souci essentiel est de faire passer avec succès le certificat d'études au plus grand nombre d'élèves.

On les craint. On se tait. On les respecte.

 

arrivée des Américains à Rozay, Guy de face, Daniel de dos,

 

8 mai 1945 : la guerre est finie,

Le pays est en ruine, les ressources quasiment nulles, l'alimentation déplorable.

Daniel a neuf ans. Son père est le plus souvent absent du logis familial. Il n'en a guère de souvenirs, excepté une correction sévère, à la suite d'une réprimande. Il a envoyé, à toute volée, une fourchette qui s'est planté dans la porte, après lui avoir frôlé la tête. Dur, dur...

C'est sa première rébellion. Il décide ce jour là qu'il frappera, désormais, toujours le premier, ce qu'il ne manquera pas de faire tout au long de sa vie.

 

septembre 1945

Rien ne va plus entre les deux époux.

Le père quitte définitivement le foyer familial pour suivre les armées alliées en Allemagne en qualité de chauffeur d'un haut gradé. Il sera employé par le gouvernement militaire de la Sarre. Il s'y installe pendant plusieurs années et sera rejoint par sa maîtresse : la postière de Rozay. Sa mère est pratiquement sans ressource. 

Désormais, sa soeur travaille. Elle poursuit son apprentissage de couturière dans un atelier de confection parisien. Daniel est le plus souvent seul avec sa mère qui lui passera tous ses caprices, et c'est une "forte tête". Adulte, il n'aura aucun sentiment filial envers son père,  cet homme qui restera toujours un inconnu,  ne le revoyant brièvement que quelques jours avant son départ au service militaire..

 

12 août 1946

Boutique du grand-père Charles Lachaize

 

Décès de Charles Lachaize. Le grand-père paternel possède de nombreux biens immobiliers en ville, l'héritage est substantiel. Dans son testament, il fait donation d'une maison à sa gouvernante et le reste est partagé entre Albert, Julien, Raymonde ses enfants.

Juliette ne reçoit aucune aide financière de son mari volage qui va dilapider sa part d'héritage. Elle survit grâce à ce que l'on appelle, aujourd'hui, des petits boulots mais, aussi, à l'aide que lui apporte son père. Elle veut rester libre et ne désire pas intégrer d'emploi fixe.

Les femmes ne possèdent pas encore de lave-linge et la mère de Daniel fait des lessives pour les familles les plus aisées. Elle va, été comme hiver, rincer le linge à la rivière. L'ambiance est souvent joyeuse, on y colporte tous les ragots du village. Il y a, aussi, après ces années de guerre et de restrictions, de nombreuses fêtes locales, des baptêmes, des communions, des mariages.

Elle est, à ces occasions, serveuse dans les restaurants du bourg.

 

1946 : l'Indochine

Début de la guerre d'Indochine. Ho-Chi-Minh a pris le maquis, la guérilla s'intensifie.

Mais l'après-guerre en France, c'est aussi les bals, le jazz, cette musique noire américaine. La jeunesse est joyeuse et oublieuse en écoutant Tino Rossi et Edith Piaf.

Guy, le fils aîné, fait son service militaire dans les spahis. Dans la foulée il s'engage dans la garde mobile, est transféré en Autriche puis, en 1950, en Indochine pour mener la guerre contre le Vietminh.

 

1950

Juliette Cardoux/Lachaize, Jeanine, Daniel et le chien Tarzan

 

Le grand-père maternel de Daniel l'emploie dans son entreprise de serrurerie. Il va partager son temps entre les cours d'apprentissage et l'atelier où l'on s'active autour de la forge. La discipline est bon enfant. C'est le temps des copains et des premières filles et il ne connaîtra ni les colonies de vacances ni les étés au bord de mer.

 

1er août 1953

Mariage à Rozay-en-Brie de sa soeur Janine avec Claude Carroy.

Mais la belle-famille, aisée, bourrée de préjugés, liée avec les meilleures familles du bourg, n'est pas enchantée du choix de leur fils aîné. Le couple part en voyage de noce sur la Côte d'Azur pendant 15 jours, une découverte pour la jeune mariée.

En août 1969, en vacances en Corse, Claude disparaît en plongée sous-marine. Il faut plusieurs jours de recherches pour retrouver son corps. Il laisse deux jeunes fils et une épouse effondrée. Cependant, l'avenir financier est assuré par la belle-famille grâce au soutien de ses beaux-frères.

 

Claude et Janine

 

octobre 1953

Daniel rêve de s'enrôler dans l'armée, dans les parachutistes. Il passe une visite médicale de routine. Le médecin lui trouve un problème de santé : refusé !

7 mai 1954 : Diem-Bièm-Phu

Fin de la guerre d'Indochine. Ce refus d'être enrôlé l'a sûrement sauvé d'une mort certaine. Aucun de ceux qui sautèrent ce jour là n'est revenu vivant.

juin 1954 : Début de la guerre d'Algérie

La situation se dégrade de jour en jour. D'un coté une population de colons dont les arrières grands-parents, bannis dont ne sait où, avaient retroussé leurs manches pour défricher la terre et en faire des vergers, et... de l'autre, autrefois, un peuple de bergers qui vivait au rythme des saisons, se contentant de peu, mais à qui on avait tout pris : les terres, les troupeaux, la liberté. Population désormais misérable et réduite, pour la plupart d'entre eux, au rang de bêtes de somme.

Les colons n'ont pas su, ou pas voulu, partager avec eux, sans même un soupçon d'égards.

La guerre, au fil des années, va s'envenimer de jour en jour avec son lot d'attentats aveugles, de représailles foudroyantes, d'enlèvements, de découvertes macabres, de pièges mortels, jusqu'au jour où les premiers départs pour l'exil sont devenus inéluctables dans une anarchie indescriptible de voitures, de charrettes, d'autocars encombrés de ballots et de sanglots d'une population européenne vacillant sous le chagrin, fuyant vers le port le plus proche où un paquebot, bourré à craquer, attend de lever l'ancre pour un exil sans retour.

L'Algérie, sept ans après, devra se réinventer. En attendant, cela va concerner toute une génération de jeunes hommes partis faire leur service militaire.

Ils reviendront meurtris et enfouiront ce cauchemar au plus profond de leur mémoire.

1er janvier 1955

C'est la période des congés de fin d'année. Daniel va sur ses 20 ans. Il travaille désormais à plein temps dans l'atelier de son grand-père.

A Rozay, seules distractions : le bistro et la salle de cinéma. Ce jour là, le film "les portes de l'enfer", un navet. Est-ce prémonitoire ?

C'est là, à l'entracte, qu'il a connu Eliane, elle n'a pas quinze ans.

Il faudra presque cinq ans avant qu'elle ne devienne son épouse.

Eliane
Daniel

1956 : départ à l'armée

Cette année là, l'été est particulièrement chaud.

A Rozay, le grand-père Cardoux est désormais âgé et l'entreprise de serrurerie périclite. L'artisanat est sur son déclin, on évolue vers la serrurerie métallique industrielle. 

Daniel doit partir faire son service militaire.

Refusé en tant qu'engagé volontaire mais accepté en tant que simple appelé, il va enfin pouvoir réaliser son rêve : sauter en parachute, sortir du cocon familial qu'il n'a jamais quitté. Il est fier de faire partie de ces combattants d'élite, purs et durs, que sont les paras. La guerre d'Algérie et les colonies lui offrent un vaste champ d'action et les bérets rouges ne font pas la guerre en dentelles !

Il part, pour Pau, faire ses classes et sort, enfin, de sa "brousse" natale.

Il est soldat, n'est plus qu'un numéro sur une plaque d'identité pendue à son cou, son premier cadeau de l'armée. Sur le métal deux numéros identiques séparés par des trous en pointillé. Et s'il meurt, un morceau sera découpé par celui qui aura la chance d'en réchapper. Métal qui lui brûlera la peau, parfois, lors des après-midis trop chauds sous le soleil africain.

janvier 1957 : Dakar

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Trois mois plus tard, il quitte Pau, direction Marseille.

Objectif Dakar (Sénégal) et les troupes aéroportées coloniales destinées aux fortes têtes, et non l'Algérie. Pour lui, c'est le bout du monde. 

Il est heureux, il va voir la mer pour la première fois de sa vie. Une image de carte postale pleine de soleil et de ciel bleu.

Dans cette ville de garnison, c'est le grand branle-bas. Il y a ceux qui partent en Algérie, ceux qui en reviennent. Le camp militaire est un point obligé, avec le vacarme des appels crachés des haut-parleurs, les engueulades, les jérémiades, et ces affreux lits où grouillent les puces, les punaises, parfois les morpions. Ça pue l'urine, la transpiration et le moisi. Il y reste trois jours dans l'inconfort le plus complet avec la crainte de se faire voler son paquetage auquel il reste accroché.

Son seul souci : a-il le pied marin ? 

Il ira voir la mer, même de nuit. Il traîne avec ses nouveaux copains dans les bas quartiers, celui des bars mal famés et des putes bon marché. 

Il avale bières sur bières pour se donner du courage et oublier l'angoisse.

Il faut quitter la France, embarquer le soir en catimini, le boudin kaki à l'épaule. On a écrit à la craie le n° de son régiment sur son casque. Il est fatigué, il n'a guère dormi les jours derniers. Il y a quelques badauds sur le quai qui agitent la main et l'embarquement sera un moment chargé d'émotion. Puis le coup de sirène annonce le départ. Alors, quittant les quais de la Joliette dans l'air froid qui cingle, c'est l'étrange silence, soudain, lorsque l'énorme bateau s'élance vers le large accompagné des remorqueurs et du cri des mouettes. ..

Après avoir doublé le Château d'If, Daniel jette un dernier regard sur le port et sur la ville illuminée.

Dans combien de temps reviendra-t-il ? En principe 27 mois.

Entassés sur le bateau, le voyage est long et dans l'univers nauséabond du fond de cale, les hommes de troupes peinent à s'endormir. 

Comme nombre de ses camarades, il est malade, ne supporte ni le roulis ni le tangage dès que la tempête se lève un peu. Au bout de plusieurs jours, ayant vomi tripes et boyaux, les hommes sont exténués et livides. L'appréhension des lendemains leur sape le moral.

L'arrivée sur la terre ferme est un soulagement. Dakar est un choc pour cet homme qui n'est jamais sorti de sa campagne.

L'odeur particulière de l'Afrique, les rires éclatants des femmes, les enfants joyeux qui courent en tout sens...

Daniel, à Dakar

 

1958

Daniel est tireur au fusil-mitrailleur. Il fait surtout de l'entraînement militaire et du maintien de l'ordre. 

Il crapahute pendant des jours, des nuits, suant sang et eau, dans une chaleur suffocante et sous un soleil implacable. Les paras ne connaissent guère le repos. Ils lèvent le camp à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, dorment peu. Les hommes sont exténués, parfois incapables de mettre un pied devant l'autre, et pourtant, ils marchent, ils marchent encore..et encore. Les plus résistants aident ceux qui sont à bout, ceux qui coulent avant d'arriver au ponton situé en pleine mer, dans les stages de plongée. 

La solidarité règne.

Super-entraînés, les paras sont d'une disponibilité et d'une mobilité extrêmes.

Il y a, aussi, l'image du mauvais saut en parachute, lorsque le "pépin" ne s'ouvre pas ou mal et le copain qui s'écrase malgré ses efforts désespérés pour tenter de freiner sa chute.. La mort parfois est au rendez-vous.

C'est l'époque des référendums organisés à l'initiative du Général De Gaulle pour aller vers la décolonisation, et le projet de sauter sur Paris pour forcer la main au gouvernement. Mais aussi, des largages au dessus de la foule surexcitée où tout peu arriver lorsque le vent s'en mêle et vous fait atterrir là où il ne faut pas : un mur, un arbre, un groupe de manifestants en colère, une rivière ...

Il participe à une opération en Mauritanie, parachuté sur une oasis verdoyante aux allures de paradis paisible avec son oued qui coule en contrebas. Une bande de rebelles, un peu plus aguerrie chaque jour, s'est réfugiée au milieu des civils qui n'ont pas pu ou voulu évacuer les lieux. Ils tirent sur les militaires largués des avions. Les balles sifflent aux oreilles en approchant du sol et, dès le pied à terre, il faut riposter et ça canarde de partout. Des femmes et des enfants sont tués et la plupart des fellaghas s'enfuient. Pas de quoi être fier.

Du coté des militaires, il y aura plusieurs blessés graves mais aussi des visages sales et tirés où se lisait la rage et l'émotion après cette journée sanglante.

Au début, ils tirent parce qu'ils ont la trouille, désormais ils ripostent, comme les autres, pour sauver leur peau.

Ni d'un coté, ni de l'autre, on ne fait de quartier.

 

novembre 1958 : retour en France

Deux années d'armée, sans aucun retour en métropole, c'est long. Daniel, en permission libérable, retrouve avec joie sa mère, ses copains, son village. Démobilisé en janvier 59, il cherche du travail sur Paris et reprend contact avec Eliane avec qui il a correspondu, plus ou moins régulièrement, pendant ses mois de service militaire. Elle vient de terminer ses études.

Elle est libre, son petit copain vient de partir en Algérie dans les paras, les bérets verts.

Qui va à la chasse.... perd sa place ! se dira-t-il..

 

19 octobre 1959 : mariage

Mariage à la Mairie de Courbevoie. Une erreur de casting. Ils ont 24 et 19 ans.
Une nouvelle vie commence...

 

février 1985 : divorce par consentement mutuel : TGI d'Evry (Essonne).

fin de la saga !!!

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26/1/1982 : décès de Jeanine Carette épouse de Guy Lachaize frère de Daniel

30/7/1983 : décès de Nadine Lachaize, 22 ans, fille de Guy

14/11/1984 : décès de Bruno Lachaize, 20 ans, fils de Guy

10 février 1987 : décès de Juliette Cardoux épouse Lachaize, mère de Daniel

17 novembre 1991 : décès d'Albert Lachaize, père de Daniel

30 mai 2006 : décès de Guy Lachaize, frère de Daniel,

octobre 2016 - décès de Janine, soeur de Daniel

 

Guy Lachaize vers 1950 Janine Lachaize épouse Carroy
Daniel Lachaize-sénégal 1958

 

Les années 2010

Sydney Carroy, -fils de Janine Lachaize- avec deux de ses fils : Kévin et Dylan

 

 

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