mes parents
1936-1945 (la deuxième guerre mondiale, la débâcle, l'après guerre..)
1932- Trouville, ma mère Arlette
Ma grand-mère maternelle Georgette NEY, depuis le décès de son mari pendant la grande guerre, vivait chichement de son allocation de veuve venant compléter de maigres revenus de métayage pour le compte d'un riche propriétaire de terres agricoles. Elle avait la réputation légère, ne s'était pas remariée et trois autres enfants viendront au monde : Renée, Edouard, Hélène. Ma mère s'accommodait mal de cette situation et de la vie à la ferme en pleine campagne normande : porter des sabots, traire et curer les vaches, préparer la pâtée pour les canards, ramasser de l'herbe pour les lapins, aller chercher l'eau au puits, s'occuper de ses frères et soeurs....., elle rêvait d'une vie plus citadine avec l'eau courante et l'électricité..!
1936
Aussi, fuira-t-elle la campagne pour aller travailler, en premier lieu, à Trouville, une ville balnéaire chic et chez un dentiste. Puis elle décidera de "monter" à Paris. C'est là qu'elle a connu mon père, un dimanche soir "au balajo", un dancing bien connu et à la mode. Mon père était bon danseur et persuasif. Ils se plaisent et vont se revoir d'autant qu'ils sont tous deux originaires du même coin de Normandie, ce qui les rapprochera.
Cependant, mon père doit effectuer son service militaire qu'il fera au 149ème régiment d'infanterie à Longuyon (Meurthe et Moselle), là où s'amorce les fortifications de la ligne Maginot. Il participa aux marches à pied, exercices, défilés, bivouacs de nuit, garde-à-vous, manoeuvres, montées des couleurs, corvées de pluches et de ratas, bref le quotidien du biffin, le tout accompagné par les sonneries du clairon.
Ma mère alla le rejoindre et ils se marièrent dans cette ville de garnison en mars 1937.
Mais le bonheur ne dura guère...
mes parents 1937
En 1936, en Espagne, un coup de force militaire conduit par le général Franco déclenche une guerre civile.
Londres et Paris ont choisi la "non intervention".
En France, c'est le Front Populaire et les premiers congés payés.
1938
En Allemagne, il y avait les ambitions forcenées d'Adolf Hitler qui, en mars, pénétra en Autriche comme dans du beurre. Il atteindra Vienne sans coup férir. L'Anschluss était accompli. Ce sera, aussi quelques mois après, l'occupation de la Tchécoslovaquie.
La guerre d'Espagne faisait rage.
Le service militaire terminé, mes parents s'installaient au pied de la butte Montmartre, dans un logement de deux pièces au rez-de-chaussée d'un immeuble situé au 41 rue des trois Frères près du Sacré-Coeur. Rues commerçantes, actives, bruyantes, peuplées d'une foule bigarrée, quartier d'artistes, de demi-mondaines, d'artisans, de petits fonctionnaires et de "filles".
L'époque était à l'insouciance et on croyait en la paix. Maurice Chevalier chantait "ma pomme" et Edith Piaf "mon légionnaire". Une chanson ancienne revenait à la mode "Tout va très bien, Madame le Marquise. tout va très bien, tout va très bien...."
Le retour à la vie parisienne sera pourtant de courte durée.
1939
Les troupes de Hitler avaient envahi la Pologne. Que pouvaient faire les cavaliers polonais contre les chars allemands ?
Le Royaume-uni et la France déclarèrent la guerre à l'Allemagne.
Un nouveau conflit se profilait 25 ans après le début de la guerre mondiale de 1914, avec une nouvelle boucherie comparable... et les anciens combattants de 1914/1918, ceux qui avaient eu 20 ans au début du conflit, avaient à peine 45 ans !!
Ils allaient réapprendre à marcher au pas aux cotés de leurs fils !!
septembre 1939
Les affiches blanches de la mobilisation avec leurs petits drapeaux croisés, oubliées depuis 1914, avaient refait leur apparition. Les mobilisés préparèrent leur barda et rejoignirent leur caserne d'affectation.
Puis, les soldats prirent le train sans tambour ni trompette, sans fleurs ni cris "à Berlin". Ils devaient rejoindre le front de l'Est, ou en forteresse sur la ligne Maginot, ces bunkers construits à grand frais par le Gouvernement français et qui devaient éviter l'invasion du pays par les troupes allemandes.
Tous les réservistes faisaient des têtes d'enterrement et, d'ailleurs savaient-ils, eux, où se trouvaient Dantzig et son couloir en Pologne, motif de l'énervement d'Hitler ? Ils ne voulaient pas mourir pour Dantzig et tous s'en foutaient dans la pagaille de la gare de l'Est et à l'heure du départ !
Une fois arrivés dans les casernes, ils constatèrent avec effarement qu'ils ne disposaient que d'une paire de godillots pour deux, d'un casque pour trois, d'un fusil pour quatre. Ils réapprirent laborieusement à enrouler leurs bandes molletières, à retrouver les gestes qui expriment les marques extérieures de respect envers la hiérarchie militaire tandis que le haut commandement, (Waygand, Pétain) demeurait accroché aux conceptions stratégiques de 1918.
Un autre temps s'installait : le début des craintes et de l'angoisse pour ma mère, elle qui avait perdu son père tué par les Allemands en 1915.
Les mois passèrent... les hostilités n'étaient pas déclenchées. Aussi, comme personne ne se battait dans le Nord, un peu d'espoir revint dans les familles françaises.
Caserne de Longwy
Pendant ce temps là, les intellectuels, les pacifistes, les idéalistes, froussards à tout crin, restaient obsédés par l'antibolchévisme et le désarmement unilatéral de la France. L'air du temps était à l'antimilitarisme, au pacifisme et le patriotisme relégué aux oubliettes.
Résultat : la France n'avait ni avions ni chars pour défendre le territoire national. Aussi, pour pallier à cette insuffisance, on allait réquisitionner tous les quadrupèdes : chevaux, mules, mulets, tout ce qui peut tirer un fourgon, un canon, une ambulance, une cuisine roulante... Dans la foulée, les pigeons voyageurs complétérent le manque de matériel de liaison.
Les Etats Majors allaient faire leur possible pour rattraper leur retard dans l'armement de la nation, ordonnant aux usines de fabriquer deux cents avions par mois au lieu des vingt qui en sortaient habituellement, alors que les Allemands en produisaient un millier chaque mois.
Hitler, de son coté, galvanisait les foules allemandes à l'esprit de la revanche, afin de secouer le carcan du traité de Versailles qu'il ne voulait plus supporter. Il désirait, aussi, récupérer l'Alsace et la Lorraine.
hiver 1939/1940
En France, personne ne se souvenait d'avoir connu un hiver aussi rude.
Des millions d'hommes étaient dans leurs cantonnements, leurs casemates, leurs postes de garde ou de guet, maudissant ce froid glacial, cette malédiction qui s'était abattue sur l'Europe, en même temps que la guerre.
On allumait des braseros et les soldats jouaient à la belote... pour passer le temps.
Les guetteurs s'observaient sur chacune des deux rives du Rhin. Il n'y avait pas de bombardements, même aériens.
Pendant huit mois, rien ne se passa, ce fut "la drôle de guerre", usante pour les nerfs et le moral des soldats français formés pour une guerre offensive.
Printemps 1940
La Guerre éclata en Europe, tel un abcès. Les pays allaient tomber les uns après les autres sous les ruades nazies avec une facilité déconcertante. Une résistance pathétique se mettra difficilement en place, vite écrasée par les panzers frappés de la croix gammée. Les nouvelles n'étaient pas bonnes, le spectre d'un embrasement général hantait les esprits.
En Espagne, les rebelles franquistes achevèrent de mettre en pièces les forces républicaines. Madrid capitulait. Les combattants vaincus marchaient vers la France, passaient les Pyrénées, troupeau d'hommes, de femmes, d'enfants, d'éclopés, guenilleux, traînant des fusils sans munitions. On les interna dans des camps de concentration avec ce qu'il fallait de baraques, barbelés, miradors, sentinelles en armes, en les traitant de "sales communistes et d'anarchistes".
18 avril 1940 Paris 18ème
La météo annonçait de nombreux orages sur la France.
L'Allemagne envahissait la Norvège pour le contrôle de la "route du fer", minerai indispensable à l'industrie Allemande. La Russie : la Finlande et les Pays Baltes.
16 heures, je venais au monde à l'Hôpital Bretonneau à Paris dans le 18ème. Je pesais 4 kg,..
Ma mère me donnera comme prénoms Eliane, Madeleine ; le premier étant celui d'une artiste bien connue de l'époque, le deuxième celui de ma grand-mère paternelle. Elle "oubliera" volontairement celui de sa mère, rancune tenace envers celle-ci.
ma mère en 1940
Mon Père était à l'armée sur le front de l'Est et ma mère, seule à Paris, devait travailler pour survivre. Elle me confiait la journée à la crèche et, parfois, le soir, elle ne pouvait me récupérer à cause du couvre-feu, des alertes et des bombardements.
Elle allait m'élever en tirant le diable par la queue.
mai 1940
A partir de Mai, ce sera la débâcle générale, tout foutait le camp alors que les Français pensaient le ligne Maginot infranchissable. Les journaux en avaient fait l'éloge, vanté la force de l'armée française et pronostiqué une victoire facile et rapide.
Les armées ennemies envahirent la Hollande puis la Belgique (pourtant neutre). Le front de l'Aisne et de la Somme fut rompu, le pays envahi et les Allemands occupèrent rapidement la France. Le Haut Commandement envoyait la cavalerie, l'Allemagne ses blindés et ses avions. Le succès fulgurant des troupes allemandes allait susciter autant d'effroi que de fascination dans la population française abasourdie.
Et, l'incapacité de nos Etats Majors allait nous infliger, rapidement, la honte et le désastre. Paris, délaissé par le pouvoir, était abandonné aux chars ennemis. On évacuait l'or de la France dans des camions blindés. On brûlait d'épais dossiers secrets et les archives des Ministères.
C'était l'exode dans la hâte et la panique : tous les civils terrorisés par les récits de la première guerre mondiale, par la hantise d'une nouvelle invasion, fuyaient devant la poussée allemande en sanglotant de désespoir. C'était une longue et noire procession de voitures, de charrettes tirées par de gros chevaux de labour, dans une confusion phénoménale empêchant toute circulation et sans bien savoir où ils allaient.
Pourtant, il fallait, tant bien que mal, laisser le passage aux débris de l'armée française et à quelques bidasses, à pied, en camion, à vélos, avec ou sans officiers, échappés de la rafle gigantesque opérée par l'armée Allemande, et qui lançaient des cris de terreur "les Boches arrivent".
Des déserteurs sans armes ni barda fuyaient vers le sud une guerre qu'ils ne voulaient pas faire, au milieu des ambulances qui transportaient des blessés au combat, vers l'arrière et les hôpitaux. Flot pathétique d'hommes, de femmes, d'enfants épuisés et sanglotant, déversé sur les routes alors que les avions ennemis larguaient des bombes dans le mugissement des sirènes. Il y avait des morts, des blessés dans les fossés et une foule désemparée appelant au secours. Où allaient-ils ? Ils ne le savaient pas. Fuir, fuir...
Et, tous réclamaient de l'eau, du lait pour les enfants, à manger, où dormir et de l'essence.
*****
A l'autre bout du monde, les Etats Unis, estimèrent avoir versé trop de sang, envoyé trop d'argent américain en 1917/18 pour venir secourir l'Angleterre et la France. Ils ne voulaient pas entrer en guerre. Beaucoup pensaient qu'ils auraient pu empêcher ce conflit s'ils s'étaient montrés solidaires de leurs alliés, mais on ne leur refera pas, deux fois, le coup de "La Fayette nous voilà"
3 juin 1940
Paris était une ville exposée. Elle risquait de tomber. La Luftwaffe larguera plus de mille bombes, sur les Usines Renault, Citroen, et un cantonnement à Versailles.
10 juin 1940
Encerclé et bombardé jour et nuit, le bataillon de mon père reçu l'ordre du Colonel de déposer les armes. Ce fut le "sauve qui peut", plus aucune résistance n'entravait la marche triomphale de l'armée Allemande, équipée de tenues légères adaptées à la température, tandis que les soldats français portaient des tenues de laine, très difficiles à supporter dans la chaleur étouffante de ce début d'été.
"Rendez-vous sur la Loire" précisaient les officiers d'active à leurs troupes encerclées par les armées Allemandes, alors qu'ils s'enfuyaient à bord de leur voiture personnelle avec l'essence de l'armée. A Dunkerque, les Anglais repassaient le Chenal en demandant aux Français de tenir bon. La guerre était terminée, mais l'Angleterre n'acceptait pas la défaite et restait décidée à poursuivre le combat, bien retranchée dans son île.
Une rumeur circula : "les Allemands seront à Paris demain" ! Le bruit du canon était presque continu.
Paris, en trois jours, se vida des deux tiers de sa population. Ce fut l'exode.. la terreur, la panique qui rend le peuple hagard.
Sur les routes de France, les ampoules aux pieds, la fatigue, la faim et la soif transformaient les gens en loques. L'exode des parisiens venait s'ajouter à la foule des réfugiés qui avait fui l'Est, le Nord, les Ardennes et les Flandres.. Ces fuyards, aux yeux agrandis par la peur, annonçaient la venue du malheur, l'horreur des bombardements, la mort qui saccage tout au hasard. Ils étaient victimes des bombardiers qui larguaient des bombes et des stukas allemands qui, en piqué, mitraillaient les colonnes de réfugiés dans le hurlement strident de leurs sirènes.
Ce n'était plus que corps mutilés, chevaux éventrés, carcasses de voitures calcinées, enfants perdus au regard hébété, grands-mères assises sur des brouettes ou des landaus, encombrements routiers gigantesques...
Et Mussolini déclara la guerre à la France. Les divisions italiennes s'élancèrent à l'assaut des Alpes françaises, tandis que les blindés allemands fonçaient sur Paris.
14 juin 1940
Paris sera déclarée ville ouverte, ce qui évitait des combats destructeurs et meurtriers.
Les Allemands défilèrent sur les Champs Elysées. On hissait la croix gammée sur la tour Eiffel et les monuments publics.
La capitale était à moitié vide. Derrière leurs volets clos, les français cloîtrés, anxieux, attendaient des nouvelles autour du poste de TSF.
Au cours de cet été splendide, au milieu des coquelicots et des bleuets, la Loire était devenue la ligne de front. Une "bataille de la Loire" : pouvait-elle sauver la France, comme jadis la bataille de la Marne ? Les ponts sur le fleuve commencèrent à sauter les uns après les autres bloquant sur ses rives des milliers de réfugiés affamés, terrifiés par les bombardements et les mitraillages. Cet exode-panique rappelait les grandes peurs du Moyen-Age engendrées par la peste..
17 juin 1940 : la capitulation
Le Maréchal Pétain, cet héros de la guerre de 1914/1918, légué par les morts de Verdun, est une icône dont on n'imagine pas qu'à 84 ans il ait d'autres ambitions que de servir notre pays. Il annonce la capitulation de la France en prononçant cette phrase fatidique "C'est le coeur serré que je vous dis qu'il faut cesser le combat".
Cette débacle incita les soldats français à déposer les armes, à se rendre, puis à partir à pied, en longues étapes, vers les camps de prisonniers. Des millions de réfugiés civils, ces naufragés de l'exode, évacués des zones envahies, puis occupées par les Allemands, n'espéraient qu'une chose : retrouver leur foyer, leur maison, leur région, leur pays.
Mais l'armistice n'était pas encore signé.
Toutes les mères, toutes les épouses se sentirent soulagées de savoir la guerre terminée ; leurs enfants, leurs époux allaient rentrer, ils n'étaient plus en danger. Qu'avait-on à redouter de la paix revenue ?
18 juin 1940
De Londres, c'est l'Appel du général de Gaulle à la résistance : "la France a perdu une bataille mais n'a pas perdu la guerre !"
Qui doit-on écouter ? Pétain ou ce général que personne ne connaît et qui aura 50 ans en novembre prochain ?
Beaucoup considérait qu'ils avaient de la chance d'être toujours en vie dans un pays qui venait de rendre l'âme. La première guerre avait laissé des traces douloureuses et les Français, broyés, avaient compris qu'il valait mieux être débrouillard et vivant qu'héroïque et mort.
20 juin 1940
La "drôle de guerre", cessa rapidement d'être drôle et ne sera pas drôle pour tout le monde.
Sous un ciel d'un bleu intense et dans l'insolence de l'été radieux, mon père sera fait prisonnier à Epinal. Puis, débarrassé de son Lebel sans munitions, il sera déporté à marche forcée et en traînant les pieds, sous escorte de gardes vers un stalag. Avec ses compagnons engoncés dans leurs lourdes capotes d'hiver, car l'armée n'avait pas prévu des tenues d'été, ils ressemblaient plus à un troupeau d'animaux qu'à un rassemblement d'hommes.
Affamés pendant des jours, les yeux battus par des nuits d'insomnie, vareuse déchirée, couverts de poussière, visage pas rasé depuis une semaine, godillots boueux, bidons flottant sur le ceinturon, n'ayant pour toute nourriture qu'un breuvage teinté dans lequel nageaient quelques morceaux de patates, ils étaient harassés de fatigue et de faim. A cette épreuve et par manque d'hygiène, s'ajoutèrent de nouveaux venus : les poux et les morpions.
Armée en guenilles, encadrée par l'ennemi vainqueur, ils croisaient des camions chargés d'hommes de troupes, des fourgons bâchés, des citernes de carburant, des voitures décapotables avec à leur bord des officiers supérieurs ennemis, mais aussi des escadrons à moto, tous prenant la direction de la capitale française. Les vaincus, en voyant ces unités mécanisées et ces jeunes soldats ennemis, baissaient les yeux, humiliés et honteux.
Toute idée de libération fut vite abandonnée. Ils étaient à la disposition du Grand Reich, pris en otages ou considérés comme monnaie d'échange.
22 juin 1940
signature de l'armistice
28 juin 1940
L'avion de Hiltler se posa au Bourget. Triomphant, il réalisa un de ses rêves : visiter Paris ...
Juillet 1940
Terrassés par la fatigue, la chaleur, la soif et la faim, les prisonniers français arrivèrent à la frontière allemande où ils furent embarqués à 50 par wagons, lucarne grillagée, tinette dans un coin, bouclés dans des wagons à bestiaux aux portes verrouillées.
La locomotive fut attelée, il y eu des coups de sifflet, puis le départ du convoi vers l'inconnu en vue d'un long parcours. Ils avaient le coeur rempli d'angoisse car se posait la question : "pour quelle destination ?". Chacun essaya de s'installer comme il pouvait, les membres recroquevillés et ils traversèrent l'Allemagne non seulement harassés de fatigue mais en plus affamés.
Enfermés dans ces wagons, l'atmosphère devint rapidement irrespirable. L'entassement des corps en sueur, couverts de crasse et la tinette vite pleine, répandaient une puanteur intolérable dans l'air déjà saturé. Aux arrêts, on leur fournissait du pain noir et une soupe claire de pomme de terre. Cela dura des jours et des nuits avant l'arrivée à la destination finale.
Ouverture des portes : ils descendirent sur le quai de la gare où flottaient des drapeaux nazis, et ce fut la vocifération des ordres. Mis en colonne par quatre, comptage des prisonniers, ce sera une marche, en traînant les pieds pendant des kilomètres, encadrée par des gardes pour découvrir leur lieu de séjour pour de "longues vacances dépaysantes" : le stalag XVII B, en Autriche.
C'était un grand camp de prisonniers, entouré de fil de fer barbelé sur trois rangées et trois mètres de haut, flanqué de miradors munis de puissants projecteurs dans lesquels on pouvait deviner des hommes de garde équipés de fusil mitrailleur. Ce qui constituait une barrière infranchissable.
Pour combien de temps étaient-ils là ? Question sans réponse.
Ils furent soumis aux formalités d'inscription d'entrée et de leur état civil, on leur attribua un numéro matricule -83573 pour mon père- et ils passèrent à la désinfection pour éliminer les parasites. Du moins, pour quelques jours ! On leur communiqua les ordres à la discipline imposée, en leur précisant que toute rébellion, trouble ou tentative d'évasion seraient passibles de très graves sanctions pouvant se terminer en un camp disciplinaire ou pire, en travaux forcés. Ils risquaient de devenir des loques.
Rapidement, allongés sur la paillasse, l'estomac vide, le désoeuvrement allait engendrer de la lassitude. C'était une situation malsaine qui s'avérera fatalement dévastatrice pour beaucoup d'entre eux. Sortir de cet enfer, mais par quels moyens ? Des exploitants agricoles réclamaient des travailleurs pour remplacer les hommes partis à la guerre. Mon père se porta volontaire.
Quelques jours plus tard, il sera affecté dans une ferme en Autriche pour assurer les travaux des champs où il sera mieux traité, dormant dans la paille de la grange, nourri d'une patate et d'un bout de lard.
*****
stalag XVII B - Autriche
Paris
Ma mère ne quitta pas la capitale malgré les bombardements l'obligeant à se réfugier en pleine nuit, au milieu des voisins qui sanglotaient, dans les caves des immeubles mitoyens car les explosions ébranlaient le sol et les maisons. Puis, les avions reprenaient de la hauteur, les sirènes sonnaient la fin de l'alerte et elle regagnait son logis, stressée et épuisée.
Dans la journée, elle connu les bousculades vers les bouches de métro servant d'abris. Elle organisa son existence, géra le quotidien, tenta de s'assumer financièrement, se débrouilla comme elle pu.
Puis, ce fut l'occupation, les longues files d'attente devant les rares commerces ouverts. Mais les étals étaient vides, les rations alimentaires insuffisantes, le marché noir florissant. La France devenait une immense fourmilière qui tentait de faire provision de n'importe quoi pour survivre. Tout s'écoulait dans les arrières-boutiques, rideaux baissés, voix assourdies à ceux qui pouvaient payer. Les pauvres devinrent plus maigres et les riches plus gras.
Une première lettre arriva, précisant à ma mère "qu'il était prisonnier et pas blessé". En réalité, la guerre n'était pas finie, mon père était vivant, mais loin des combats. Car c'était une guerre étrange qui n'en était plus une, mais qui adoptait d'autres formes d'oppression et d'angoisse.
La capitale sera déclarée "ville ouverte". Le gouvernement fuyait vers les chateaux de la Loire puis, devant l'avancée allemande, se réfugiait à Bordeaux et enfin à Vichy, à l'Hôtel du Parc, derrière la ligne de démarcation. Les membres du gouvernement profitaient des bains et des charmes de cette petite ville thermale et avaient l'impression d'être en vacances. La France était coupée en deux.
Les anciens, ceux de 14/18 avaient honte. Ils se demandaient avec stupeur comment nos armées avaient pu connaître une pareille défaite. L'occupation nazi annulait tous leurs sacrifices, rendait totalement vains leurs souffrances, leurs pieds gelés, les millions de morts de ces quatre années de massacre et d'horreur.
Bien la peine d'avoir tué tant de monde pour en arriver à ce sinistre résultat !
Paris était devenu Allemand.
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Pétain, à la voix chevrotante, ramassa la France abandonnée, piétinée, il voulait la remettre d'aplomb, rétablir l'ordre et sauver l'honneur de notre beau pays.
Il avait ses "fans" habituels : les anciens combattants de 14/18, mais aussi les autres : les paysans à qui il proclamait les bienfaits du retour à la terre ; les vieux et les vieilles en les gratifiant d'une petite retraite que la IIIème République avait votée, mais pas eu le temps d'appliquer ; les mères de familles que personne n'honorait jusqu'à présent et à qui il octroyait une fête officielle ; les familles de prisonniers qui comptaient sur lui pour que leurs maris, leurs fils reviennent au plus vite ; les riches possédants effrayés par le Front populaire, les Communistes ; les chrétiens, les curés et la hiérarchie ecclésiastique ; beaucoup d'instituteurs qui faisaient chanter à tue tête à leurs élèves "Maréchal, nous voilà, devant toi le sauveur de la France ... ". Cet hymne remplaçait la Marseillaise !
Tout cela dans un débordement de patriotisme retrouvé.
Certains tenteront d'expliquer les motifs de la défaite : les quarante heures, les quinze jours de congés payés pour visiter la France en tandem, les assurances sociales, les allocations familiales, les instituteurs avec leur pacifisme, leur socialisme, leur internationalisme. Tout cet argent distribué au détriment de l'armement de la France.
Le culte du Maréchal allait s'organiser, avec son regard bleu, sa moustache blanche, ses sept étoiles d'or. Les écoles allaient recevoir sa photo encadrée pour tapisser les murs de chaque classe. Nouveaux principes à appliquer immédiatement : Travail, Famille, Patrie, trois mots remplaçant désormais ceux d'Egalité, Liberté, Fraternité, issus de 1789 et de la Révolution Française.
La République avait rendu l'âme. Pétain, autoritaire, avait les pleins pouvoirs.
1941
Ce sera la collaboration, les mesures prisent contre les juifs, les communistes, les résistants. Les déportations allaient s'accélérer de semaine en semaine.
L'allemagne nazie étendait le front de l'est, de la Baltique à la mer Noire, en rompant le pacte de non-agression signé avec les Russes leurs anciens alliés. Puis, les Japonais attaquèrent Pearl Harbor et les Etats-Unis entrèrent dans la guerre.
Le malheur devint planétaire.
L'Angleterre, retranchée dans son île cernée par les eaux, narguait cette armée allemande stoppée sur l'autre rive d'en face, supportant stoïquement les bombardements de ses villes. Les pilotes faisaient des prouesses pour intercepter les bombardiers de la Luftwaffe avant le survol de leur territoire et le largage des bombes.
De Londres, les Français parlaient aux Français, à la nuit tombée, dans le poste TSF acheté d'occasion et qui gémissait comme un vieux moulin à café. Les émissions commençaient par les sons sourds d'un gong.
D'étranges messages étaient lancés, d'une voix grave, sans rire du tout : "le chien jaune mange de la confiture de groseille", "le chat de la voisine a le rhume des foins", "le silence avance à reculons" ..., ou des choses pour contes de fée "cendrillon viendra au bal ce soir"...
Comprenne qui pourra..., mais cela faisait rêver les français à des jours meilleurs ! Ils restèrent scotchés à leur radio, du matin au soir, des mois durant, les doigts tripotant le bouton en quête de stations moins brouillées, d'où sortaient des bruits de friture et dans la crainte d'être repérés et dénoncés. Le sifflement strident des ondes remplissait les maisons de rumeurs galactiques.
Il y aura, aussi, une émission radio intitulée "Radio Paris ment, radio Paris est Allemand".
1942
mon père accoudé au vélo taxi
Pierre Laval, Chef du gouvernement de Pétain, promettait la libération progressive des prisonniers de guerre, mais demandait, aussi, plus de collaboration aux français, en inventant "la Relève" et en l'expliquant ainsi : "je donne des ouvriers qualifiés et motivés, on me rend des prisonniers". Les Allemands se faisaient tirer l'oreille. Les prisonniers, ils les avaient sur place dans leurs usines, les fermes, les carrières. Ils travaillaient et construisaient même les autoroutes, cela ne leur coûtait rien, ou si peu. Ils pouvaient aussi, sans problème et en cas de besoin, opérer des rafles, réquisitionner la main-d'oeuvre voulue.
Quel était donc ce marché de dupes, du "donnant-donnant" ?
Ce sera le STO "Service du travail obligatoire", et l'Allemagne libérera, en réalité, un prisonnier contre cinq travailleurs volontaires qualifiés. La finalité, surtout, était d'éloigner les hommes jeunes susceptibles de reprendre les armes. Rapidement, les intéressés s'enfuiront se cacher dans les maquis pour ne pas être envoyés en Allemagne. Ils grossiront les groupes de résistants.
Mon père bénéficiera de ces étranges dispositions, étant l'aîné et le soutien de famille de ses six frères et soeurs, ses parents étant tous deux décédés. Il rentrera à Paris tout étonné d'un tel miracle. Il fallait travailler, il était courageux, il s'instaura vélo-taxi. Roger, son frère, également prisonnier, ne rentrera qu'en 1945. Vivant, mais dans quel état de délabrement physique et moral.
Pendant ce temps là, les Allemands construisaient le "Mur de l'Atlantique" à grand renfort d'ouvrages bétonnés dans le but d'interdire toute tentative de débarquement par les troupes anglaises et autres alliés éventuels. Hitler faisait pleuvoir sur Londres ses armes secrètes, appelées V1 ou météores, avions sans pilote que la chasse anglaise n'arrivait guère à intercepter.
L'automne marquait un tournant dans la guerre, les évènements s'enchaînaient en rafales : Les Américains repoussaient les Allemands en Lybie, les Alliées débarquaient en Algérie et, en représailles, la zone sud était envahie, la flotte française se sabordait à Toulon.
A Paris, on manquait de tout, mais en province, malgré les razzias officielles, il restait de la volaille, des cochons, des oeufs, du beurre. Aussi mes parents firent, en tandem, de nombreux allers-retours dans les fermes familiales pour trouver du ravitaillement.
Mon Père, Eliane et ??
1943
L'aviation alliée allait commencer le bombardement systématique de tous les centres industriels importants, les mines, les noeuds ferroviaires, les dépôts de carburant, les ports où les sous-marins allemands pouvaient se cacher. Naturellement, la moitié des bombes ratait leurs cibles, s'égarait sur les fermes isolées, les hôpitaux, les écoles, les villes et les cités ouvrières, tuant aussi la population civile.
D'autres avions ravitailleurs approvisionnaient les maquis, en armes, médicaments, postes de radio, boeuf en conserve, billets de banque : tout ce qu'il fallait pour vivre et résister. Des consignes en clair ou en obscur circulaient sous le manteau, dans les livres de messe, dans les jambes de bois. Des dépôts d'armes se dissimulaient dans les puits, sous les tuiles des maisons, sous les fleurs des jardins, sous la paille des poulaillers, attendant le moment opportun pour paraître au grand jour.
La libération du pays se profilait enfin à l'horizon
1944
Le ciel continuait de dégringoler sur les têtes, au petit bonheur la chance. L'aviation libératrice bombardait les villes françaises, du Nord au Sud et des milliers de français paieront de leur vie la myopie américaine. La Normandie payait un lourd tribut.
D'immenses concentrations de troupes, de matériel, de bateaux se mettaient en place sur les côtes de l'Angleterre en vue du débarquement décisif, qui ne pouvait plus tarder. Puis ce fut "le jour le plus long" comme l'appela Rommel.
Il devenait évident que l'Allemagne ne gagnerait pas la guerre. Même les idiots des villages le comprenaient.
6 juin 1944
La bataille de Normandie commença au lever du jour : débarquement des forces alliées sur les plages normandes, par un temps gris d'automne et après 5 heures de mal de mer par une mer agitée. Les soldats Britanniques, Canadiens, Américains prenaient pied sur les plages, appuyés par de puissants moyens en hommes, navires, aviation, matériels, sous un feu enragé et au prix de pertes considérables. Bombardements ratés, barges à la dérive, noyades de soldats trop chargés, chars amphibies coulant dans les vagues...
Mais le pire restait à venir ; une terrible guerre de haies émaillée d'atrocités pendant trois mois dans les bocages normands, les chemins creux, contre les redoutables Panzers allemands et les jeunes SS fanatisés et aguerris. Martyre de la Normandie en ruines mais aussi actes de bravoure et de sacrifice de ces jeunes Américains mobilisés, mal formés, chargés de sauver la France dont beaucoup ignoraient jusqu'à l'existence avant de débarquer sur les cinq plages sanglantes. Ces jeunes américains faisaient penser aux croisés du Moyen-Age allant reconquérir la Terre Sainte : même don de soi, même enthousiasme, même ferveur.
Caen sera rasé. Les Alliés établirent une tête de pont, mais les Allemands contenaient leur avance. De Gaulle débarquait sur le sol français. La Résistance multipliait ses attaques. Une écrasante supériorité aérienne des forces alliées permit de l'emporter et de percer jusqu'à Paris.
les alliés dans la campagne normande
14 juin 1944 Vimoutiers où habitait ma grand-mère maternelle
Il faisait beau ce matin là. Un ciel d'un bleu intense, quelques petits nuages qui jouaient à saute-mouton et ma tante Hélène était en train de traire ses vaches sur les collines du Vitou.
7 heures 55 du matin. Un trentaine de bombardiers des forces Alliées, pareils à de gros bourdons, passèrent majestueusement sur la ville en formation impeccable. Les habitants étaient émerveillés, voilà tant de mois qu'ils parlaient en catimini d'un probable débarquement des Américains. Les forteresses volantes, si reconnaissables pour celui qui a connu ces heures difficiles, passèrent puis revinrent.
Soudain, l'air sembla se froisser. Une soixantaine de bombes U.S. furent déversées sur Vimoutiers en 15 minutes. Une fumée lourde et épaisse s'éleva au dessus de la ville et tendra un écran noir où se reflétèrent des flammes et des ombres géantes.
La ville aux vieilles maisons à colombages était complètement détruite. Seule l'église, au milieu des ruines, échappa, par miracle, à la destruction. Il y eu 200 morts, la population était sous le choc, anéantie.
Le ciel leur était tombé sur la tête, plongeant les habitants dans une terreur incontrôlable. Les alliés avaient détruit la ville afin que les Allemands ne puissent pas s'y retrancher, mais les soldats ennemis l'avaient évacuée sans dommage, pendant la nuit !
Ainsi, pendant de nombreuses semaines, un raz de marée de feu et d'acier déferla sur la Normandie et ne fera pas de différence entre les soldats allemands et les civils français.
juillet - août
Les Américains brisèrent les lignes allemandes, l'armée de Patton s'empara de la Bretagne début août, la 2ème DB française approcha de Paris insurgé. Les Allemands épuisés battirent partout en retraite. Les SS remontaient vers l'Allemagne mais ils tétanisaient les populations, faisant fuir les habitants de leurs maisons, pillant les basse-cours, tuant les animaux.
Pendant plusieurs semaines, ma grand-mère et ses enfants, jetés hors de leur maison par les Allemands et les bombardements alliés, seront obligés pour survivre, de se cacher dans d'anciennes carrières de pierre qui devinrent un havre miraculeux pour les réfugiés qui s'y enfonçaient par familles entières pour y trouver la sécurité. Comme l'avait fait leurs ancêtres des millénaires avant eux, la vie s'organisa comme au premier âge. Tous retrouvèrent les gestes ancestraux pour se nourrir et survivre dans ces grottes.
Les gens dormaient à même le sol enveloppés dans des couvertures, éclairés par la lumière des bougies et des lampes-tempête. Les hommes partaient à la "chasse" aux vaches et chevaux tuées dans les champs. Découpée, la viande était cuite sur des feux de bois.
On y mourait aussi, entre deux draps dressés, dans un murmure de prières, de gémissements, de soupirs et de sanglots.
Ma grand mère retrouvera sa maison complètement saccagée, les meubles cassés ou brulés, les lits éventrés et souillés, les armoires fouillées, les volailles à la tête coupée, les bêtes égorgées, crevées.
Puis, ce sera la libération de la ville par les troupes canadiennes..., nos cousins d'outre Atlantique !
14 Août 1944 Vaudeloges (calvados)
Le frère de ma mère, André, 32 ans, venu se réfugier dans ce village situé près de Vimoutiers, sera tué lors d'un affrontement entre soldats allemands et soldats alliés. Cinq Américains reposent ainsi dans la paix béate du petit cimetière : Nathan Folwel, Robert Brown, Ralph Deary, Thomas Finch, John Davies. Leurs noms figurent sur une plaque commémorative au pied du monument aux morts de 14/18..
Ouvrier agricole, il était domicilié normalement à Grisy une ville bombardée située à proximité d'une ligne de chemin de fer, point stratégique et objectif possible des alliés pour anéantir les armées allemandes en déroute.
Ils s'étaient mariés en mars précédent. J'ai recherché en vain sa tombe et celle de son épouse.
monument aux morts de Vaudeloges
8 mai 1945
Enfin l'Allemagne capitulait, après 5 années, neuf mois et huit jours de guerre et d'horreurs perpétrées par les deux camps. La foule était en liesse et bavardait joyeusement, chacun étant prêt à embrasser son voisin.
Des femmes furent rasées, promenées presque nues en public, accusées de "collaboration horizontale" avec l'ennemi. On leur crachait à la figure, on les tabassait. La France allait nettoyer son territoire en arrêtant miliciens, traîtres et collabos qui n'avaient pas vu le vent venir et su retourner leur veste à temps. On fusillait dans la foulée...
D'Amérique ou d'Angleterre arrivèrent mille choses nouvelles : les stylos bille mais l'encre se coinçait souvent dans le tube ; les bas nylon, sorte de soie artificielle ; la pénicilline annoncée comme un remède miracle, plus besoin d'aller à Lourdes prier la Vierge Marie. . Mais beaucoup de marchandises manquaient encore, notamment les tissus qu'il fallait sortir des réserves où ils étaient cachés depuis tant d'années à la grande joie des souris et des mites.
L'Allemagne n'était plus qu'un amas de ruines, Adolph Hitler était mort dans son abri berlinois, le Grand Reich avait perdu ses territoires annexés par l'URSS telle la Pologne, ou rendus à l'Autriche et à la Tchécoslovaquie. Le restant divisé en deux : moitié sous la surveillance soviétique, moitié sous celle des Alliés. Les rescapés des camps nazis, les prisonniers de guerre, fantômes parmi les fantômes, revenaient peu à peu sous le regard horrifié de la population sidérée.
En France, Pierre Laval sera jugé et fusillé. Pétain condamné à mort, gracié par De Gaulle, finira sa vie en prison.
C'était l'après-guerre. La France devra travailler dur pour sortir de ses décombres.
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