souvenirs perso suite : années 1995 à aujourd'hui

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France : de Jacques Chirac à Nicolas Sarkozy,

Etats Unis : de Georges Busch à Barack Obama.

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1995 : la généalogie, mes ancêtres,

Après le décès de mon père je me suis lancée dans la généalogie avec passion et détermination et j'aimais l'Histoire.

S'agissant d'explorer la vie de mes ancêtres, puis le temps passant celle de mes parents, je suis arrivée, à travers ces derniers, sur mon enfance et mon adolescence. Evoquer mon mariage était douloureux parce qu'élevée dans un monde de pudeur et de discrétion où il n'était pas habituel, comme aujourd'hui, d'ouvrir les placards et déterrer les fantômes..

. Les tombes ne répondent plus.

Au départ, je savais peu de chose sur ma famille, et je voulais en savoir plus. Mon grand-père paternel René Pignard, gazé pendant la guerre de 1914/1918, est décédé accidentellement en 1930. Sa femme Madeleine Gosnet est morte de la tuberculose quelques temps après. Mon grand-père maternel Joseph Ney a été tué en 1915 par un éclat d'obus allemand. Toute l'horreur de la grande guerre. Quant à ma grand mère maternelle, je l'ai à peine connue, ma mère étant fachée avec elle, et j'en ignore toujours les raisons.

C'était bien maigre. Pour aucun d'eux je ne connaissais les lieux, les dates de mariage, de décès ou de naissance. Cela commençait fort !

C'est ainsi que je me suis lancée dans la grande aventure ayant envie de reconstituer leur histoire, ce qui me prendra plus de 10 ans. Ne voulant pas me limiter à un alignement de noms et de dates sur un tableau sans âme, j'ai ainsi mêlé la petite histoire de leur vie à l'histoire locale et à la grande Histoire de la France.

Mon plus lointain ancêtre paternel, né sous Louis XIII, bûcheron et scieur de longs, s'est marié vers 1650 dans un hameau dénommé La Ferrière au Doyen au fin fond du pays d'Ouche en Normandie. Ses descendants deviendront voituriers de charbon de bois et le resteront pendant plusieurs générations jusqu'à ce que la houille vienne remplacer ce combustible millénaire, sauvant ainsi les forêts de la déforestation, mais plongeant les générations suivantes dans ce que l'on appelle aujourd'hui "les petits boulots".

Par chance, mes aïeux paternels n'étaient pas trop nomades et j'ai pu remonter le temps assez facilement en consultant les archives des communes, génération après génération. J'ai essayé de redonner vie à chacun d'entre eux. C'est ainsi qu'au détour d'un acte, j'ai trouvé, du coté de ma grand mère paternelle, de la petite noblesse de province et même un château dans le Perche, les "de Courboyer".

Ceux de ma mère m'ont donné plus de fil à retordre, car sabotiers pendant de nombreuses générations du coté de son père, devenus ouvriers agricoles lorsque le métier s'est éteint, ils bougeaient beaucoup. Curieusement, alors qu'il s'agit de gens très modestes,et en remontant le temps, j'ai trouvé dans les années 1600 une branche noble les "de Saint Pair", puis les" de Verdun" pour, ensuite, remonter, par les femmes, sur les Comtes de Vendôme ! J'avais du mal à y croire, car les lacunes existantes peuvent laisser planer de sérieux doutes. Mais, les aléas de l'histoire, les guerres incessantes, ont fait et défait bien des familles et des fortunes au cours des siècles passés.

Un autre de mes ancêtres allait mourir en prison à Caen condamné pour des faits gravissimes ! L'éventail de ces recherches est large..., ce qui en fait le charme et l'intérêt. Des recherches pleines de surprises.

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Du coté des Lachaize, se sont en réalité des "De La Chèse" sous l'Ancien Régime. Au seuil de la Révolution, un changement de statut social les transporte vers la fonction de Notaire Royal, Procureur et même Sénéchal dans les belles-familles.

Les signatures sont élégantes, les noms comme les mariages sont prestigieux. Nobles et grande bourgeoisie se côtoient qui vont se perdre, et pour certains mourir, dans l'horreur des guerres de Vendée : pour les uns guillotinés, pour d'autres fusillés. Plongeon dans l'Histoire ....avec un grand "H" ce qui m'a permis de revisiter des pages de la Révolution Française.

 

J'ai avancé à petits pas, j'ai refait surface, me sauvant ainsi de la noyade..

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A part cela, mon job m'absorbait toujours autant, mais je m'arrangeais pour voyager le plus possible afin de découvrir notre belle planète.

 

fevrier 1995 : croisière de Fort de France à Porto Rico

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croisière aux Antilles

Départ de Paris : il neige, un ciel de plomb pèse sur une capitale gelée et grelottante... mais, arrivée à Fort de France sous un soleil radieux......

Retour à Paris après 8 jours de rêve

Je reprends le travail avec plein de soleil dans la tête. Ces voyages sont vraiment mon oxygène.

J'oublie la misère du monde, même si j'en croise une autre, et le vide de ma vie.

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Octobre 1995 : Chine

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Pékin : la cité interdite

 

La Chine est un pays fascinant, la plus vieille civilisation de notre planète. Cela mérite un petit détour......

Puis retour pour Paris, toujours patraque, le travail m'attend.

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1995 : retour d'Angleterre de Valérie

Valérie et Aurélie

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Mai 1996 : Arizona, Colorado, voyage au Far-west

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silverton

Sans doute l'une des plus fabuleuses merveilles du monde : le Grand Canyon, mais ce n'est pas le seul spectacle en Arizona, même si le survol en hélicoptère me laissera un souvenir inoubliable. La beauté sauvage de la nature à l'état pur. Il y a Monument Valley et l'imaginaire des passionnés de westerns avec des Indiens et des villes fantômes datant de la ruée vers l'or.......

A découvrir avec les yeux du coeur et j'ai aimé très fort.

retour à Paris, éblouie...

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juin 1996

Mes dirigeants, désormais à la retraite, ont cédé la place à leur fils que j'ai connu gamin dès mon recrutement en 1963. Promu PDG récemment, il était en pourparlers avec une entreprise anglo-saxonne, intéressée par le rachat de l'activité industrielle "Fruits pour l'industrie de la glace". Il voulait se consacrer exclusivement à la fabrication des marrons glacés qu'il voulait développer, mais, surtout avoir moins de contraintes que ses parents. Il disait facilement "je ne veux pas travailler comme les cons !". De qui parlait-il, de ses parents ou des employés de la société ?

Il arrivait au bureau, en effet, vers midi, décrétait une réunion immédiatement sans se préoccuper si nous avions faim, ou à 17 heures, et ainsi de suite., Il déclarait péremptoire "je veux des cadres disponibles à tout moment et même les week-ends comme au Japon", sauf que "nous ne sommes pas Japonais", lui ai-je répondu !

Il ne respectait aucun horaire, désormais la journée débutait à 8 heures pour se terminer vers 19 heures, voire plus. J'ai vu rester jusqu'à 22 heures, sans impératif véritable sauf son bon vouloir. Les Japonais, c'étaient les autres, ses employés.

Drôle d'ambiance ! C'était "travailler plus, sans gagner plus", et déjà gagner moins devenait l'air du temps. Les licenciements faisaient partie du paysage quotidien depuis plusieurs années avec l'objectif de baisser la masse salariale grâce à de nouveaux recrutements de jeunes dîplomés payés au minimum.

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J'étais chargée d'élaborer le dossier financier de cette cession d'activité celui-ci devant être transmis au plus tard début septembre. Aussi, pour obtenir une proposition de la part de l'acheteur potentiel, il fallait définir les marges par ligne de produits, par type de fruits, par client etc.., un travail titanesque qui m'obligea à travailler de nombreux soirs et week-end et pendant tout le mois d'Août, sans aucune aide extérieure. Comme convenu, je transmettais le dossier complet début septembre à la direction de l'entreprise Kerry basée en Irlande.

Les négociations allaient traîner en longueur. Un audit devait être organisé par l'autre partie, et comme rien de concret ne se passait, je voulais prendre deux semaines de congés sur les quatre auxquelles j'avais droit ayant prévu de partir au Pérou avec Monique une amie. D'un ton sec et cassant mon jeune PDG me lancera "je vous interdis de partir !". J'étais stupéfaite, "Tu m'interdis ?"encore plus étonnée par le ton employé que par sa décision, car je m'étais vraiment défoncée pour clôturer ce dossier dans les temps impartis et j'avais besoin de vacances. Quinze jours, c'est si court..

J'annulais ce voyage prévu depuis plusieurs mois. Mon amie Monique partira seule et m'en voudra pendant un bon bout de temps. Désormais, je ne pourrai plus rien prévoir d'avance, totalement à la merci de l'humeur fantasque de mon jeune dirigeant qui, faute de mieux et de formation, essayait d'asseoir son autorité par un comportement plutôt fluctuant et vindicatif.

Puis, l'audit sera fixé en janvier et la date se précisant, il me menacera à nouveau "Je vous préviens, si l'affaire ne se fait pas à cause de vous, vous entendrez parler de moi !". Je croyais rêver, toujours le même ton cassant et brutal ! ...Pourtant, jusqu'à présent j'avais toujours eu de bons rapports avec lui. L'enjeu devait probablement le dépasser.

Il ne s'était jamais impliqué dans le dossier, me laissant carte blanche. Il ne s'intéressait à rien, du moins en ce qui concernait la gestion de la société, mettant en doute les chiffres que j'avais pu fournir sans jamais s'être penché sur la question. Cela commençait à me contrarier car je n'avais jamais travaillé dans de telles conditions de suspicion, ses parents m'ayant toujours fait confiance pendant plus de 30 ans.

L'affaire en effet ne se fera pas, non à cause de moi, mais de son laxisme et de son incompétence. Un contrôle des fraudes, déclenché un jour qu'il était absent comme la plupart du temps, tournera mal et le principal client impliqué dans cette affaire fera un procès à notre société. Impossible de céder l'activité à qui que ce soit dans de telles conditions. C'était l'arrêt pur et simple des fabrications incriminées et la perte de la moitié du chiffre d'affaires annuel ! Coup dur.

De toute manière, quelques semaines plus tard, j'allais être en arrêt de travail pendant 10 mois et je ne ferai rien pour reprendre mes activités plus rapidement ceci, d'autant qu'il m'avait "mise en garde" à sa manière brutale, par téléphone et sans rire du tout : "Ne venez pas dans la société avant votre reprise de travail, car s'il vous arrive quelque chose, je vous préviens, je n'appelerai pas les pompiers, je vous déposerai moi-même sur le parking du super-marché voisin et vous vous démerderez comme vous pourrez !"

Merci patron !

Avait-il trouvé tout seul une telle solution ou sa nouvelle copine avocate lui avait-elle soufflé de tels procédés ?? j'étais sidérée par de tels propos.

Charmante mentalité, mais, je n'avais pas l'intention de m'incruster....

Il est vrai que, depuis un certain temps, son comportement avait changé : les téléphones de la société étaient tous sur écoute ainsi que l'ensemble des bureaux. Son talky-walky en permence à la main il ne cessait d'espionner les employés, même lorsque nous déjeunions au restaurant à plusieurs centaines de mètres de l'entreprise, il écoutait toutes les conversations ! C'était devenu malsain. Il était parano. En fonction de ce qu'il entendait, il décidait des licenciements et j'étais amenée à défendre devant le Tribunal des prudhommes des dossiers de plus en plus tordus.

Il a bien fallu qu'il se passe de moi ! Personne n'est indispensable ... la preuve !

4 Décembre 1996

Renversée par un chariot élévateur sur le parking de mon entreprise,--le cariste ne m'ayant pas vue et moi ne l'ayant pas entendu arriver dans mon dos--, j'allais faire un malaise carabiné. Les pompiers appelés à la rescousse m'emmenèrent aux urgences de l'hôpital de Longjumeau hurlante à chaque cahot de l'ambulance et gémissante de douleur.

Je souffrais tellement que je pensais ma dernière heure arrivée. En même temps, je me disais qu'il valait mieux mourir vite qu'agoniser pendant des heures. Arrivée aux urgences vers 17 heures, c'est seulement vers minuit que j'allais pouvoir bénéficier d'un lit. Malgré ce laps de temps très long, les médecins ou plutôt les internes ne firent pas le bon diagnostic à savoir : multiples fractures du bassin, luxation de l'épaule, mais aussi une fracture du cotyl qu'ils ne diagnostiquèrent pas. On tira d'un coup sec sur mon bras pour le remettre en place ce qui me soulagea immédiatement alors que les fractures du bassin et les contusions multiples me faisaient atrocement souffrir.

Mais de même que l'extrême douleur balaie tout, dans les jours qui suivirent, les moments où elle me laissait un court répit, la peur de mourir me faisait m'accrocher à la vie.

Quelques jours plus tard, ils m'obligèrent à me lever, puis à marcher, ce qui me faisait tellement souffrir que j'étais au bord de la perte de connaissance. Ils s'entêtèrent à m'imposer des séances de rééducation pensant que je tirais au flanc, mais le résultat ne se fera pas attendre : désormais je boitais, mes os s'étaient mal ressoudés du coté droit.

J'allais sortir de l'hopital pour le week-end du 1er janvier. Au cours d'une nouvelle visite médicale, donnée cette fois-ci à la Clinique Jacques Cartier de Massy par un médecin plus inspiré que les précédents, celui-ci découvrit une fracture du cotyl et je devrai à nouveau m'aliter. Mais, il était trop tard, le mal était fait. En effet, jamais plus, je ne pourrai marcher aussi facilement qu'avant, malgré un grand nombre de séances de rééducation.

Claudiquant du coté droit, je fus en arrêt de travail pendant neuf mois, ce qui laissait augurer, un an plus tard, ma mise en pré-retraite à l'occasion d'un énième licenciement économique déclenché dans mon entreprise pour cause de récession notoire d'activité. Le chiffre d'affaires divisé par deux obligeait l'entreprise à se séparer de la moitié de son personnel, cadres inclus.

Octobre 1997

Je repris mon emploi, mais l'absence avait été trop longue et mon jeune patron, pas assez sympathique pour me faire croire que j'étais la bienvenue malgré mes 35 années passées dans la société. Rapidement, par ses réflexions minables, et ce que je compris, effarée, être des ordres sans discussion possible, (car je n'aimais pas que l'on me donne des ordres sans aucun ménagement), je réalisais alors que je n'avais plus de place au sein de cette entreprise.

L'ère du fils était loin d'être celle de ses parents, dirigeants que j'avais appréciés pendant toutes ces années. Je n'avais pas l'intention de me laisser martyriser par leur rejeton imbu de sa personne, caractériel, ayant loupé toutes ses études, même le bac, et jouant au grand manitou pour impressionner son monde. J'avais déjà donné sur ce plan dans un autre registre plus personnel.

De plus, sa copine du moment, avocate pénaliste non habituée à gérer une entreprise industrielle, n'arrangeait pas les choses en lui faisant entrevoir nombre de scénarii catastrophes, alors qu'il la déposait au petit matin devant la porte d'entrée de la prison de la Santé, pour des rendez-vous avec ses clients.. Elle se faisait "mousser" , --c'était il est vrai un beau parti--, mais il prenait peur, faute de compétence et de connaissance approfondie de la société qu'il dirigeait désormais !

Dans de telles conditions, je n'aspirais plus qu'à une chose : partir à la retraite. Dans l'immédiat, j'allais me concocter un petit voyage.

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février 1998 : Cuba

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le bus local

Je formule une demande de congés, que mon Pdg n'ose pas me refuser, compte-tenu du nombre important de semaines qu'il me reste à prendre. Voilà presque deux ans que je n'ai pris de vacances, je vais quitter l'hiver parisien et le stress de cette année éprouvante : direction Cuba. Une autre planète !

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mars 1998

Restait à organiser ma pré-retraite, ce qui demandera encore quelques mois. Je voulais partir de mon plein gré, peut-être par orgueil !

Pourtant j'allais éprouver le stress d'un énième contrôle fiscal, le dernier de ma longue carrière professionnelle car j'en avais connu un certain nombre... , avec cependant une "épée de Damoclès" posée au dessus de ma tête, c'est-à-dire une nouvelle menace de mon jeune patron : "je vous préviens, si j'ai des ennuis, vous en aurez encore plus que moi en votre qualité de secrétaire générale, je ne serai pas le seul à aller en prison"..... Le délire, la paranoïa !

Son comportement, ses propos me sidéraient, car les abus de biens sociaux et autres entorses courantes aux règles fiscales, ce n'était certes pas moi qui en bénéficiait ! Cela accentua mon désir de quitter l'entreprise au plus vite. Celle-ci n'avait plus rien de commun avec la société que j'avais connue. Mon PDG compensait son manque de formation et son incompétence par une arrogance de fils à Papa autoritaire et odieux. Je n'avais vraiment pas envie de collaborer avec lui et encore moins de me "battre" pour lui.

Le contrôle se terminera bien, malgré de nombreuses sources de redressement possibles passés à la trappe par un contrôleur fiscal soucieux de "ne pas en faire trop".

avril 1998

Le licenciement pour baisse d'activité touchait non seulement le personnel ouvrier mais l'encadrement de production, du service entretien, des achats, les commerciaux, les services comptables, du personnel etc..

J'avais 58 ans, 40 ans de cotisations au régime général et plus du tout envie de travailler avec mon jeune PDG qui d'ailleurs voulait réduire au maximum l'activité de la société afin de se libérer pour d'autres loisirs plus attrayants (Il fera le Dakar, des compétitions d'hélicoptère, de motos etc...).

Il voulait en outre passer toute la gestion informatique sur "micro" et abandonner l'iBM 400 qui fonctionnait merveilleusement bien à tous les niveaux de l'entreprise depuis une bonne dizaine d'années. Le logiciel qu'il voulait mettre en place était une aberration, juste bon pour un épicier. Comme il n'y connaissait rien, il s'entêtait, conseillé soit disant par des copains. Il avait cependant quelques doutes sur le bien fondé de sa décision, mais voulait aussi réduire les coûts d'exploitation, ce qui, vu le contexte, devenait indispensable.

Je ne voulais pas le suivre dans cette démarche et lui demandais de m'inclure dans le licenciement, ce qu'il refusera en premier lieu. Son projet informatique n'était pas de tout repos, car inadapté, et il comptait sur moi pour essuyer les plâtres étant donné que j'avais participé à la conception et à l'exploitation du système en place que je connaissais par coeur.

Je n'avais vraiment plus ma place dans une telle entreprise qui ne présentait plus aucun intérêt pour moi, d'autant qu'il voulait réduire aussi mon salaire, estimant qu'il était trop élevé. Je lui riais au nez.

Après quelques négociations, je fus licenciée. Je lui gardais un chien de ma chienne et il ne faudra pas qu'il compte trop sur moi dans l'avenir, car il voulait me garder comme conseil extérieur ! L'ère du dévouement était terminé.

On n'avait plus besoin de moi, j'avale le choc, j'encaisse mon chèque. Il n'y eu pas de pot de départ, voilà déjà plusieurs années que mon jeune PDG les avait interdits...

Comme cadeau de départ il m'offrit un micro ordinateur portable, espérant ainsi que j'adhérerais à son projet. Ordinateur qu'il me demanda de lui restituer quelques mois plus tard sous prétexte d'essayer un nouveau logiciel et qu'il ne me rendit pas, malgré ma demande, prétextant qu'il était cassé. Minable !

Mai 1998

J'étais enfin libérée de toute activité professionnelle. L'ANPE me renvoya aux ASSEDIC et j'allais toucher mes indemnités jusqu'en avril 2000, date de mes soixante ans où je passais définitivement dans le régime retraite.

A la demande de mon Pdg, je suis intervenue, à plusieurs reprises, sur des problèmes ponctuels et je ne remis plus les pieds dans la société à partir du mois d'Août. Un cabinet extérieur contrôlait désormais le personnel des services comptables réduit au minimum. C'était à des années lumières de ce que j'avais connu avec l'ancienne équipe dirigeante. Puis il prendra sa copine avocate comme "conseillère" pour la gestion du personnel, ce qui faillit lui coûter très cher devant le Tribunal des prud'hommes, car elle était pénaliste, non spécialisée en droit du travail, dossier sauvé à la dernière minute.

Mais, au fil des jours, le business-blues allait me tomber dessus, l'angoisse totale, j'étais tétanisée. J'avais plein de temps devant moi. Pas des petites miettes éparpillées dans l'année, pas de vacances de-ci de-là, non, une longue période à me donner le vertige. Alors se pose la question, que vais-je faire de tout ce temps ?

Comme cette liberté s'accompagnait de revenus garantis et d'une bonne forme physique, je commençais par me programmer un voyage...

A mon retour, j'aviserai.. la généalogie me tentait.

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Octobre 1998 : Afrique du Sud et Zimbawe

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rhino

Je voulais tourner la page sur 40 ans de vie professionnelle.

Départ pour Le Cap, 14 heures de vol vers l'Afrique du Sud que je croyais un Eldorado.

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1998 : Le Puy Notre Dame

un village entouré de vignes du coté de Saumur,

Je ne voyageais plus, depuis un certain temps, avec Astrid et son mari, mais je continuais de les rencontrer régulièrement : dîner entre amis, jour de l'an.... Je ne pouvais plus, en effet depuis plusieurs années, fixer d'avance des dates précises pour mes vacances étant à la merci de l'humeur changeante de mon jeune PDG. J'improvisais toujours au dernier moment et, avec le Club Med, je trouvais toujours une place vacante dans un circuit, mais cela m'obligeait à partir seule. Je m'y étais résignée, faute de mieux.

Plus âgés que moi, ce couple d'amis était à la retraite depuis quelques années. Ils avaient acheté une belle maison, une longère, qu'ils rénovaient dans un petit village à 300 km de la capitale, du coté de la Loire et de Saumur, fuyant la banlieue parisienne, le fameux 9-3.

Ils m'invitèrent, à plusieurs reprises, pour un bref séjour afin de me déconnecter de ma vie professionnelle stressante. Ils me persuadèrent d'acheter une maison près de chez eux pour venir y passer l'été puisque j'étais désormais à la retraite.

Un investissement me disaient-ils ! La peur d'une existence vide, aux premiers jours de ma retraite, fera le reste pour me décider. Ce petit village me rappelait Rozay-en-Brie où j'avais vécu tant d'années.

C'était une bâtisse en ruine, abandonnée depuis des décennies, datant du XIIIème siècle, située sur le chemin du pélerinage de Compostelle, dans la partie basse de la ville. La coquille célèbre figurait au fronton de la porte d'entrée donnant sur la rue et je ne sais pour quelle raison, cette maison m'interpellait bizarrement.

C'est la plus mauvaise affaire que j'ai pu faire de ma vie. En définitive, j'allais me fâcher avec Astrid, que je connaissais depuis l'adolescence puisque nous avions été étudiantes à l'Ecole de la Chambre de commerce à Paris. Je découvrais trop tard que c'était une vraie "chieuse", désirant toujours avoir le dernier mot et piquant des colères violentes pour un rien. Comportement que j'étais incapable de supporter pour diverses raisons (c'est toute mon histoire).

Le pire, c'est que je savais qu'elle était pénible parfois, mais je ne l'imaginais pas à ce point.

Par le passé, lors de vacances en commun, des réflexions désobligeantes, idiotes, avaient attiré mon attention, mais je ne m'en étais pas souciée outre mesure, mettant cela sur l'humeur du moment, un verre de trop,.. que sais-je ! C'était une amie d'enfance et je lui pardonnais tout. Son mari, pour avoir la paix, "écrasait", puis prenait son chien et sortait faire une promenade le temps qu'elle se calme. En un mot, elle était caractérielle et impossible à vivre. Elle voulait toujours imposer ses idées, sa façon de vivre, ses goûts, ses loisirs et ne vous lâchait plus jusqu'à ce que, épuisés, vous cédiez à ses désidérata. Je n'avais plus le goût ni la patience de me laisser imposer son mode de vie ni ses humeurs.

Dès qu'elle était contrariée, elle piquait une crise jusqu'à l'hystérie, ce que je n'étais pas capable d'encaisser. Après plusieurs petits conflits pour des histoires banales, ou réflexions désagréables, je décidais, en 2001, de revendre la maison que je venais de rénover et d'installer à grands frais. Cette vente se fera rapidement, car les rénovations étaient très réussies et j'allais vendre à un médecin célibataire.

J'y ai laissé de "nombreuses plumes". Cela m'a coûté un max. Une sacrée sottise que cette maison !

J'ai dit calmement ce que je pensais d'elle, nous ne nous sommes plus revues. Quelques années plus tard, ils quitteront Le Puy-Notre-Dame pour s'installer sur la Côte Atlantique. Comme quoi, j'ai bien fait de partir. J'ai pu constater, depuis, qu'il est très difficile de côtoyer des couples mariés alors que l'on est célibataire. Trop de différence de style de vie, de mentalité.

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Mai 2000 : Andalousie

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Annie, que je ne voyais plus que de temps à autre désormais, (car elle avait un nouveau compagnon attitré, Michel), voulut, à la suite d'une de leurs disputes, partir seule avec moi une semaine en vacances au Club Med où elle n'était jamais allée.....

La suite sera surprenante..

Ainsi va la vie... On s'aime, on ne s'aime plus, on tourne la page... Je la laissais à ses amours et je n'allais pas m'arrêter de voyager pour autant.

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novembre 2000 : Madagascar

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la grande pauvreté de la population et la déforestation.

Cette année, j'ai fêté mes 60 ans en avril.

J'ai décidé de m'offrir un voyage pour fêter cela, puisque personne ne m'avait souhaité mon anniversaire.

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2001 : Loisirs et découverte

Je découvrais dans les annonces du journal de ma commune, une texte publié par une association qui organisait un voyage en Ecosse mais aussi deux circuits annuels. Ce voyage m'intéressait car je ne connaissais pas ce magnifique pays et je me rendis à la permanence qui se tenait dans des locaux appartenant à la Mairie. C'est ainsi que j'ai fait la connaissance de la Présidente qui, après une discussion à batons rompus, allait me proposer un poste de secrétaire au sein du bureau, poste que j'acceptais avec plaisir cherchant toujours des occupations pour meubler mes journées.

Par contre, l'ambiance au sein du bureau était lamentable entre la Présidente et ces Messieurs dont l'un jouait l'Ayatollah, ce qui débouchera sur sa démission lors d'une Assemblée Générale très houleuse. Je comprenais mieux pourquoi elle m'avait "embauchée" pour la seconder. Je restais quelques temps à travailler avec la nouvelle équipe, ce qui me permit de mieux comprendre les rouages de leur organisation et l'origine de leur différent (un remboursement de ristournes aux adhérents).

Le nouveau Président élu, bien connu dans ma commune( car sa femme est conseillère municipale), était bien plus cool, mais l'ambiance ne s'améliorant guère, je démissionnais à mon tour en 2003. J'avais réussi cependant, entre-temps, à faire s'éteindre leur guéguerre mais j'en avais assez de leur façon de me confier tous les travaux qu'ils ne voulaient pas faire. Je n'avais pas une âme de larbin !

J'allais, à la demande du nouveau Président, reprendre du service en 2005, comme trésorière cette fois, après la démission du trésorier en place et de celui avec qui je ne m'entendais guère. Un nouveau bureau de sept membres fut constitué et l'ambiance s'améliorera considérablement, à mon grand plaisir. Les caractères sans concession de l'équipe en place ne nous poussent pas à une grande tolérance mais plutôt à une grande exigence. La secrétaire avait, elle aussi, repris du service, après une démission, et nous étions deux femmes à tenir tête à ces messieurs si nécessaire..

Les projets de voyage ne manquent pas d'intérêt ce qui permit de redonner un second souffle à cette Association et nous allions doubler le nombre d'adhérents.

C'était pour moi une petite activité, développant et entrenant surtout le lien social indispensable au sein d'une petite commune. Je connais désormais nombre d'habitants de ma petite ville, tous retraités, et nous leur proposons des voyages organisés par un tour-opérateur. J'ai ainsi effectué quelques voyages avec eux : Ecosse, Irlande, Côte Almafitaine, Croatie, Côte ouest des USA., mais dans un style tout autre que celui du Club Med !

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Juin 2001 : L'Ecosse

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L'Ecosse, c'est sauvage, avec des landes balayées par le vent, des moutons en liberté en grand nombre, des lochs reposants, des châteaux prestigieux, des fleurs de toute beauté, des vaches à poil long, des routes étroites bordées de hautes haies de rhododendrons en pleine floraison, mais aussi une météo capricieuse, des pubs et de la bière, des kilts, des dégustations de whisky aux noms introuvables ailleurs,

Il ne fait pas très chaud, mais j'ai adoré. j'aurais bien prolongé avec plaisir.......

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Aout 2001 : Le Canada

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les chutes du Niagara

Bienvenue chez nos cousins d'Amérique.

Un voyage décevant malgré le beau temps car trop de touristes, sauf Québec que j'ai particulièrement aimé. .....

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11 septembre 2001 : New-York

9 heures à New-York, 15 heures à Paris

Devant ma télévision en cet après-midi de fin d'été, je vois, dans le ciel de Manhattan, les avions percuter les deux tours du Word Trade Center à New-York. Appée, hypnotisée, scotchée devant mon poste, puis effarée, terrifiée, j'assiste à la fuite des habitants pris de panique et à l'effondrement des bâtiments qui devaient ensevelir 3000 personnes dans des conditions épouvantables. .

Toute la journée, La télé repasse en boucle l'avion qui fonce tout droit sur la tour nord, qu'il percute, pénètre avant d'exploser, séparant les derniers étages de toute possibilité d'évacuation. Quelques instants plus tard, un autre avion s'encastre dans la tour sud. Entre temps, un troisième avion s'écrase sur le Pentagone tandis qu'un quatrième appareil se crasche en Pensylvanie, évitant de justesse une nouvelle catastrophe.

Le monde entier est sous le choc. L'Amérique bascule dans l'horreur et perd son innocence !

Moi qui ne m'intéresse que superficiellement à la politique, je voulais tout savoir de Ben Laden dont je n'avais jamais entendu parler. Je voulais comprendre un peu mieux pourquoi les Etats-Unis, que j'admirais tant depuis que j'avais visité l'Arizona et le Colorado, en étaient arrivés là avec le Moyen-Orient que j'aimais tout autant. Parcourir le Yémen m'avait laissé un souvenir éblouissant et nous n'avions jamais ressenti d'animosité de la part de la population alors que nous campions dans des lieux parfois reculés de tout. Eventuellement, en cette année 1990, nous aurions pu nous faire dévaliser, mais pas assassiner, par des bandes bédouines au confins de l'Arabie Saoudite sur l'ancien site de la Reine de Saba. Depuis, cela a bien changé.

Comme toujours, les journalistes, en fonction de leur idéologie respective, donnaient des versions différentes, parfois opposées, occultant partiellement les faits. J'achetais des livres traitant du sujet, je voulais comprendre pourquoi les Occidentaux s'étaient mis dans un tel merdier qui allait changer le monde.

Ben Laden était désigné principal suspect de ces attentats. La "croisade contre les forces du mal afin d'éradiquer le démon du terrorisme" était engagée par Georges Bush, ce qui conduira rapidement l'armée américaine en Irak.

Lest's roll !, la nouvelle devise américaine.

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C'est à partir de ces faits gravissimes que je prêtais une attention plus attentive à la politique de la France et du monde en général.

Peu d'hommes politiques attirent mon estime. Malgré que je ne me crois pas être de gauche, Hubert Védrine et Jacques Attali représentent, pour moi, un certain réalisme et une vision claire des choses de ce monde. Ils ne sont pas prisonniers d'une idéologie à oeillères les abaissant à faire de la démagogie politicienne. Simone Veil attire tout mon respect.

A droite, je cherche en vain.

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Juin 2002 : Les Fjords Norvégiens

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J'avais envie de nature, de lacs, de fjords, de montagnes enneigées. J'ai choisi la Norvège. Il a fait beau......

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Novembre 2002 : Birmanie

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Bagan

Voilà plusieurs années que je m'interroge : Y aller ou pas ? Boycotter la Birmanie, est-ce le meilleur service à rendre à sa population ?

Pays gouverné par une junte militaire, fonctionnaires corrompus, répressions, ..., Ne pas y aller, c'est se boucher les yeux et condamner le pays à ne pas évoluer. Le tourisme est le seul contact extérieur des Birmans, et le seul moyen, aussi, de parler de la Birmanie.

J'ai donc décidé : j'y vais..........

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Mai 2004

Mon "ex" est expulsé de son appartement de Massy et l'immeuble vendu en lot.

Le prix est très attractif mais il ne veut pas acheter ! D'ailleurs a-t-il encore l'argent engrangé lors de notre divorce, soit la moitié de la valeur de tous nos biens ? Il ne semble pas, et il est tellement pingre que cela doit le déranger d'investir.. Il n'a jamais voulu.

A mon grand étonnement, il trouvera à se reloger du coté d'Angoulême au beau milieu des vignes, comme 'gardien' d'une propriété en rénovation appartenant à des soi-disant "amis" habitant toute l'année près de Massy. La femme, une Cubaine, était sa dernière maîtresse en date d'après ce que m'en diront des relations communes que le couple fréquentait occasionnellement. Il logeait dans une petite maison meublée jouxtant l'habitation principale.

Il a toujours eu un problème avec l'argent et ce malgré le confort relatif de sa pension retraite, il ne voulait pas se reloger sur la région parisienne de peur d'avoir à payer un loyer trop élevé, à moins que ce soit pour fuir définitivement ses copains et copines plus ou moins poivrots dont la fameuse Marie, une noire congolaise qui le poursuivait de ses assiduités et de ses menaces depuis qu'il avait rompu avec elle. Du moins, d'après notre fille.

Ne voulant pas faire les frais d'un déménagement coûteux, il fera appel à Alain le père d'Aurélie qui disposait d'un camion. Celle-ci viendra avec son père et son copain de l'époque, Stéphane, dire au revoir à son "Papy" et emmener divers meubles dont il se débarrassait. C'est aussi la dernière fois qu'elle verra sa mère, car depuis cette date, Aurélie, probablement à nouveau déstabilisée, ne voudra plus la rencontrer malgré toutes mes tentatives de médiation. Quel est le vrai motif de ce blocage ? La peur ?, l'indifférence ?. Je lui en demande la raison et sa réponse était lourde de signification "je n'ai rien à lui dire, je ne la connais pas". et elle n'a pas envie de faire d'effort.

Que puis-je inventer pour renouer des liens bien trop largement distendus par toutes ces années de galère ? Moi-même, je ne la reverrai qu'à Noel 2006 après de longs mois de black-out et de rares communications téléphoniques.

A partir de ce jour, mon "ex" a coupé les ponts tant avec sa fille qu'avec sa petite fille Aurélie, comme si elles n'avaient jamais existées. Il est vrai que c'était moi qui entretenaît, tant bien que mal, le lien familial en réunissant régulièrement tout le monde devant une bonne table dans un restaurant des alentours.

Valérie, au moment du départ de son père pour Angoulême, avait trouvé à s'héberger chez un copain mais cette solution m'angoissait, car la situation de notre fille, avec Gilles son nouveau compagnon, n'était pas suffisamment stabilisée pour que je me sente rassurée. Même si son comportement et son état de santé s'étaient améliorés sensiblement dernièrement, ses sautes d'humeur étaient toujours imprévisibles. Elle se plaignait de n'avoir plus de nouvelles de son père car il ne lui téléphonait jamais. En outre, je n'imaginais pas, un seul instant, accueillir ma fille à mon domicile, une cohabitation avec elle était totalement exclue, impossible à envisager, sauf à me détruire.

Je replongeais dans les angoisses.

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juin 2004 : croisière en Russie au fil de la Volga

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Kiji

Arrivée à Moscou avec la compagnie Aéroflot, et embarquement sur le bateau pour deux jours à quai loin du centre ville. Nous traverserons des banlieues sinistres et pauvres pour rejoindre et visiter la place Rouge, la Cathédrale de Saint Basile le Bienheureux, le Kremlin, Kolomenskoyé.... Les immeubles sont austères de type stalinien, la circulation dantesque avec ses 4/4 de grosse cylindrée et ses luxueuses berlines aux vitres fumées qui n'hésitent pas à doubler en franchissant la ligne jaune !

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Septembre 2004 : Croatie, la Côte Dalmate

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Makarska

Un petit circuit sans prétention de 8 jours sur la riviéra de la Dalmatie, ex Yougoslavie......

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juin 2006 : Italie, la Cote Amalfitaine

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Amalfi : une petite ville très attrayante

Je ne connais pas l'Italie, elle est réputée belle et fleurie, aussi je programmais un petit séjour avec mon Association,

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septembre 2006 : Côte Ouest Etats-Unis

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ville de l'Ouest : Calico

Je m'étais fait une fête de repartir aux Etats-Unis pour découvrir les trois grandes villes mythiques de la Côte Ouest........

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Noël 2006 : Aurélie et Emmanuel

Aurélie, ma belle, te voilà enfin, tu m'as tant manquée ! Tu es une "grande" désormais avec tes 23 ans. Deux ans, une éternité, que je ne t'ai vue depuis le départ de ton grand-père alors qu'il "a pris le maquis " pour se planquer au milieu des vignes du coté d'Angoulème.

Lorsque je vais te chercher à la sortie du RER de Massy, tu me présentes Emmanuel, ton compagnon depuis quelques mois, tout en m'offrant un superbe bouquet de fleurs composé de roses et de petits "chous" saupoudrés de "neige", et en me faisant de grosses bises. Tu es resplendissante. Je suis si heureuse que nous puissions déjeuner ensemble, mais sans ta mère cette fois-ci, car voilà un an et demi que je ne l'ai pas revue.... Toujours son foutu caractère, ses mots grossiers lorsqu'elle ne sait plus quoi faire ou dire.

Nous avons déjeuné dans un restaurant tous les trois, où je t'emmenais parfois lorsque tu étais petite. La vue donne sur un petit lac en contre-bas où, à l'époque, s'agitaient des canards et des cygnes qui malheureusement ont disparu depuis la grippe aviaire. L'ambiance est agréable, feutrée, nous sommes au calme. Je t'ai proposée d'aller jusqu'à chez ta mère, car Emmanuel voulait faire sa connaissance. Il insistait, mais tu as refusé sous prétexte que tu n'avais rien à lui dire.. On s'est promis "Ce sera pour la prochaine fois"..., puis je t'ai emmenée faire les soldes à Verrières dans un magasin vendant de jolis vêtements et j'ai pu ainsi t'offrir un super Noel.

Que vous étiez beaux et heureux tous les deux ce jour-là.

Emmanuel nous a parlé de sa petite Léa, née d'une première union. Il était heureux car il pouvait désormais, comme beaucoup de couples séparés, prendre la petite un week-end sur deux et la moitié des vacances. Elle avait trois ans. Il travaillait dans un hôpital parisien et toi en pharmacie, ces métiers pouvaient vous rapprocher dans un univers un peu similaire, celui de la santé.

Je vous ai raccompagnés au RER, les bras chargés de paquets comme des mulets. Tu étais contente car, cerise sur le gâteau, j'avais consenti à t'offrir ma glace chinoise que tu convoitais depuis des années et qui s'harmonisait avec un coffre ancien et une petite table, de même origine que je t'avais offerte voilà un bon moment. Tu étais aux anges. .. cela allait embellir votre petit studio que vous veniez de prendre en location. La vie vous semblait belle.

J'étais tellement heureuse de cette journée et je pensais toutes ces années terribles enfin terminées.

 

février 2007 : Décès d'Emmanuel

Coup de téléphone d'Aurélie ; elle sort de l'hôpital où elle vient d'être hospitalisée quelques jours. Emmanuel a disparu. Plusieurs jours après on découvrira son sac à dos, ses lunettes, ses papiers, sur les falaises d'Etretat. Il s'est suicidé, du moins cela paraît être l'évidence. Ils s'étaient disputés... Son corps sera retrouvé trois mois plus tard sur la plage, ramené par les vagues. Le test ADN confirmera son identité.

Le ciel me tombait à nouveau sur la tête. Je n'en suis toujours pas remise. Je l'ai connu si peu, mais il m'avait conquise immédiatement. Il était si éloigné des marginaux que fréquentaient ma fille régulièrement. Que lui est-il passé par la tête ? A-t-il eu peur d'un nouvel échec sentimental ? Question sans réponses..., même si depuis, celles-ci se font jour au fil des mois et des années.

J'étais anéantie. Aurélie fera une grave dépression dont elle tenta de se remettre doucement après avoir changé de travail, d'appart. Pas facile, même si je ne cesse de l'aider financièrement. Elle semble solide, mais Emmanuel le semblait aussi. Alors, je tremble.

Deux ans après, ce n'est toujours pas gagné, même si elle semble aller mieux . Pourquoi tant de chagrin, pourquoi la vie nous fait si mal ?

 

Mai 2007 : Nicolas Sarkozy élu Président de la République

Dans leurs tombes, mon père et mon oncle Germain, son frère, doivent applaudir. Ils étaient "fans" de Nicolas.

Germain travaillait depuis de longues années à Neuilly, chez un fleuriste et Nicolas Sarkozy, jeune étudiant y travaillait, occasionnellement, pour payer ses études. Mes parents, expropriés de leur commerce de Courbevoie (en attendant l'âge de la retraite, 65 ans pour eux), avaient fini leur carrière comme employé pour mon père et caissière pour ma mère, chez un commerçant volailler, de Neuilly. Ils le connaissaient donc bien puisqu'il était devenu Maire de la ville et ils le trouvaient très sympathique.

Personnellement, j'étais attentive à la tournure que prenaient les évènements avec sa femme Cecilia, car il était évident que leur couple battait de l'aile depuis un certain temps. Ses excès "bling-bling" (puisque le mot est devenu à la mode) qui ont suivi son investiture et dénoncés par les médias, me paraissaient déplacés face à la grande angoisse de la classe ouvrière en France, la fermeture massive des usines et à l'augmentation dramatique du chômage. Mais ses prédécesseurs n'avaient pas été, non plus, des modèles d'angélisme.

Depuis, je trouve que sa nouvelle épouse Carla, adoucit avantageusement son image et son coté un peu trop "branché", mais les évènements qui se succèdent, crise financière, sociale, récession, dépression, mondialisation, tensions et conflits en tout genre, ne sont guère faciles à gérer.

Où va notre douce France ?

 

mai : voyage en Irlande

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Je partais en Irlande pour huit jours, mais le coeur n'y était vraiment pas. Il était resté en France, je venais d'apprendre la découverte du corps sans vie d'Emmanuel ....

Il pleuvait lorsque nous sommes arrivés à Cork et le temps était en harmonie avec mon coeur.

Retour à la maison pour y retrouver tous les problèmes et l'immense chagrin d'Aurélie. Mon Dieu, pourvu qu'elle tienne le choc...

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J'ai décidé d'écrire. Pour moi, bien sûr. L'exutoire traditionnel.

Pour qu'il reste quelque chose de nous, après nous.

Mon histoire n'est pas exceptionnelle, mais je voulais qu'Aurélie, ma petite fille, connaisse l'histoire de ses ancêtres et la transmette à ses enfants. J'aurais tant voulu connaître des brides de la vie de mes aîeux que j'ai cherché parfois en vain.

J'ai d'abord écrit mes bouts d'enfance et cela m'a fait du bien. Mon clavier est devenu mon ami.

Après, j'ai continué, c'était une question de survie, plutôt que de m'épancher ou de m'écrouler en pleurs auprès d'un psy, car je n'ai besoin ni de me confesser, ni d'appréciations subjectives. J'ai juste besoin de relater les faits le plus exactement possible. Je ne sais pas si j'en ferai un livre, mais en revanche, je suis sûre de ne pas détruire tout ce que je vais écrire. Mon ordinateur est le seul recours qui me reste pour survivre.

Aussi, voilà cinq ans que je me suis attelée à la tâche dont j'ai sous estimé la difficulté : écrire un récit personnel. Ceci, après toutes les recherches que j'ai effectuées sur mes ancêtres. J'ai accepté mes souvenirs, j'ai compris que je ne devais pas les enfouir, pas les censurer, mais au contraire, les déterrer, les raconter. Je me doutais bien qu'en accomplissant ce travail je ne m'en délesterais pas ; néanmoins, je peux désormais ne plus être étouffée par eux. J'ai compris que je devais vivre avec eux.

J'ai donc passé un peu plus de trois ans devant mon ordinateur, quasiment huit heures par jour et sept jours sur sept. Je n'ai réalisé que tardivement à quel point rester assise toute la journée, seule avec mes souvenirs, pouvait être nocif à ma santé. Pourtant, à contrario, écrire me faisait du bien, cela me libérait et me permettait d'analyser les mécanismes de mes peurs et de mes angoisses. Dans ma jeunesse, j'avais été timide, écrasée par la forte personnalité de mon époux. J'avais repris mes études en 1974 et pris sur moi, avec difficulté, pour m'affranchir de cet homme, même si, depuis, la solitude est pesante parfois. Je voulais simplement vivre plus sereinement.

2008

L'eau a coulé sous les ponts et il faut bien, bon gré mal gré, m'habituer à fonctionner au ralenti. Je dois prendre en patience tous ces symptômes bizarres qui obscurcissent d'un seul coup mes journées et je ne sais pas s'ils vont repartir comme ils sont venus ou s'ils annoncent une nouvelle série de maux bien plus graves. J'espère, comme tout le monde, mourir le plus tard possible, sans réaliser vraiment qu'à partir d'un certain âge, la machine commence à avoir des ratés de plus en plus éprouvants qui viennent brutalement à l'assaut de mon corps douloureux sans me laisser le temps de souffler.

Tout l'hiver j'attends désormais avec de plus en plus d'impatience le retour du printemps et de l'été. Pourtant, j'ai la chance de vivre dans un cadre agréable. Le splendide parc qui entoure ma résidence me permet, si je ne suis pas trop fatiguée et lorsque les douleurs de mon corps me laissent en paix ou qu'il ne pleut pas, de faire de courtes promenades.

Peut-être, ainsi, quitterais-je la terre avec moins de regrets, car la prison de mon corps douloureux devient de plus en plus invivable avec le temps.

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Pourtant, mon coeur se serre en pensant au peu d'années qu'il me reste à vivre. Je suis triste en pensant que je n'arrive pas à réconcilier ma petite fille Aurélie avec sa mère et son blocage me désespère ainsi que la grande douleur qu'il y a en elle. Ses sanglots et ses larmes, suite à la douloureuse disparition si brutale d'Emmanuel son compagnon, me font tellement de mal, les rares fois où je l'ai rencontrée depuis ce décès.

Sachant que les chiens ne font pas des chats, elle est écorchée vive, révoltée, tragique, attendrissante, passionnée, drôle, ingrate parfois dans la démesure, mais elle n'a pas les travers de ses père et mère qui eux, avaient voulu jouer à Bonny and Clyde, façon moderne. Elevée par sa grand mère paternelle, je crois qu'elle leur en veut de leurs erreurs d'adultes, excédée de leurs démesures d'alors.

Elle est, aussi, profondément déroutée par le mauvais état de santé de son père, la crainte de le voir mourir prématurément, et le manque affectif qu'elle ressent de son enfance privée de sa mère, quoiqu'elle affirme d'ailleurs. N'y-a-t-il pas aussi ce désir avoué d'avoir des parents comme les autres, "papa-maman" unis dans un foyer commun et comment a-t-elle pu se construire au milieu de tous ces combats ?

Catherine, mon amie astrologue des années 1990 ne m'avait-elle pas dit que son ciel astral était presque aussi perturbé que celui de ma fille ?

Seul le chagrin de quitter ma fille et ma petite fille, la peur de leur propre chagrin, la peur aussi de ce qu'elles vont devenir dans l'incertitude de leur vie matérielle si difficile en ces années de récession mondiale, me font m'accrocher à la vie, ne serait-ce que pour les aider financièrement puisque j'ai la chance, encore, de vivre confortablement, contrairement à elles.

Cette tension m'épuise, j'aimerai tant partir sans regrets comme on éteint la lumière.

 

6 novembre 2008 : Obama 1er président noir des Etats Unis,

Même dans leurs rêves les plus fous, les Américains ne voulaient pas y croire. C'est historique, Barack Obama, 44ème président, à été élu. C'est la victoire des démocrates et de la population noire américaine. Dans son discours du 15 janvier 2009, il affirmera que les Américains avaient choisi "l'espoir plutôt que la peur". Sa présidence intervient dans un contexte de guerre en Irak et Afghanistan, de crise au Moyen-Orient et il devra faire face à une importante récession économique et financière. Good luck ! C'est pas gagné ..

Yes, we can !

janvier 2009 : les voeux

5/1 : Coup de téléphone de mon "ex" pour me souhaiter la bonne année, comme tous les ans ! Papy va bien...parait-il.

26/1 : Coup de téléphone de ma chère Corinne pour m'annoncer le décès de son père. Le chagrin est immense car Marcel et Simone, son épouse, sont nos meilleurs amis depuis nos premières années de mariage. 50 ans déjà ! Que de souvenirs en communs. La roue tourne... combien de temps encore à vivre ?

Ce qui me chagrine aussi, c'est de cesser de voyager, c'était ma "drogue", mon oxygène . Il y a tellement de projets qui me faisaient rêver et qui ne me sont plus accessibles. N'ai-je pas été obligée d'annuler d'abord le Rajasthan en 2007, puis Prague et le Pérou en 2008, tous ces voyages programmés avec l'Association dans laquelle je suis trésorière. Pourtant, on a de beaux projets pour 2009 : la Toscane, La Crête, et pour 2010 New-York, l'Ouzbekistan, l'Argentine que j'ai déjà faite d'ailleurs.. A quoi bon persister ? Les séjours à la plage ne conviennent pas à mon tempérament actif, alors que reste-t-il : les croisières ?? Aurais-je le courage d'essayer ?

6 avril 2009

Cinq ans que Valérie n'a pas rencontré sa fille. Aujourd'hui, je suis arrivée à persuader Aurélie de déjeuner avec nous !

Ce ne fut pas sans mal et ce n'est pas gagné..

5 mai 2009

Deux ans déjà qu'Emmanuel est décédé, nous irons sur sa tombe. Le chagrin d'Aurélie est toujours là, vif, brulant. Elle commence pourtant à se confier, à expliquer ce qui lui semble être les raisons de ce drame. Dur, dur..

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