Année : 2014-2016

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voyage, voyage, le virus m'a repris...

 

ANNEE 2014

Bon Noel et Joyeuse Année 2014

Faut bien que je m'amuse !!

***

 

avril 2014

Cette année ma mère aura 100 ANS !!!!

Ma mère est née en avril 1914..a traversé deux guerres, celle de 14/18 et celle de 39/45....

Voilà 20 ans que mon père est mort, ses pensées lui échappaient depuis plusieurs années à cause de la maladie d'Alzheimer... et presqu'autant d'années que ma mère est en maison de retraite, dans cette petite ville de province qui les avait accueillis lors de leur départ à la retraite en 1980 ...

Dans son cas, ce sont ses jambes qui avaient lâché et le cerveau qui fatiguait. Elle était encore tombée. Elle ne pouvait rester seule. Depuis, elle a affronté, au cours de ces deux décennies, une quatrième colocataire, les précédentes voisines de chambre étant décédées.

Son univers : une grande chambre bien claire et parfois ensoleillée lorsque le ciel normand veut bien être complaisant, avec, au bout du couloir, une vaste salle où se côtoient des résidents en fauteuils roulants, ou non, qui pour certains sont déjà ailleurs, les autres soliloquent, crient, ou regardent la télévision sans vraiment pouvoir se concentrer.

La maison de retraite fait tout ce qu'elle peut pour ne pas ressembler à un mouroir, sans toutefois toujours y parvenir. Le personnel, lui, est admirable.

Il y a de quoi me faire flipper !!

Bonjour et courage à ma fille et ma petite fille qui ne sauront quoi faire de moi plus tard, même si ma retraite jusqu'ici confortable devrait leur éviter bien des soucis, du moins je l'espère. Elles qui perçoivent des petits salaires, qui ne sont pas toujours pourvues de boulot et n'ont aucune économie..

20 avril 2014 : une petite fête est organisée

arlette 100 ans ney 100 ans

réunion en famille

 

Au fil des mois et des années, rien n'a vraiment changé à la maison de retraite.

Les murs ont été repeints, des tableaux raccrochés aux murs. Depuis toujours, chaque fois que je lui rends visite, l'odeur de la vieillesse me prend à la gorge, une odeur âcre, un mélange d'odeurs corporelles et de désodorisant. Le spectacle de tous ces vieillards arrivés au bout de leur existence me terrifie. Et pourtant, pour beaucoup d'entre eux, la vie leur est plus douce à l'intérieur qu'à l'extérieur.

Comme c'est le week-end de Pâques, j'ai du m'accommoder d'organiser cette petite fête le samedi. Le Dimanche et le lundi de Pâques ne convenaient pas à la Direction de la maison de retraite pour cause de personnel en congé. J'ai donc mis deux heures et demie pour venir de Paris, compte-tenu des bouchons. La circulation était intense en vue de ce "pont". Françoise et Sylvette mes cousines Gosnet, du coté de mon père, doivent nous rejoindre. Je passe chercher Hélène, la demi-soeur de ma mère, 84 ans, elle demeure juste à coté.

Je traverse la grande salle où sont réunis tous les résidents de son service qui attendent sagement l'arrivée du gâteau d'anniversaire promis. Comme toujours, certains lancent des cris, d'autres appellent de l'aide pour faire pipi, s'interpellent bruyamment ou font la sieste avachis dans leur fauteuil en skaï, la bouche grande ouverte.

Et, comme toujours, j'ai un moment de recul...

J'approche de la chambre de ma mère le coeur serré.

Elle est là, auprès des belles orchidées que j'ai envoyées par Interflora en début de semaine. Sur l'étagère, les fleurs exposées en plein soleil seront fanées sous peu..

Voilà plusieurs années qu'entre nous la communication s'est amenuisée, puis est devenue impossible. Elle n'a plus le sens de la vie, elle somnole en permanence à cause de son diabète, et la dégénérescence gagne du terrain. Elle ouvre les yeux, puis les referment à ma vue, comme depuis déjà quelques années..

Ma mère ne vit plus, elle survit sans se soucier de ma peine.

A l'infirmière qui lui pose la question, elle affirme "ne pas me reconnaître", mais je crois plutôt qu'elle veut me punir de ne plus venir aussi souvent que par le passé. Comment lui faire comprendre que j'ai, depuis hier, 74 ans, que je marche désormais difficilement, que je dois dans un mois me faire opérer d'une deuxième prothèse de hanche et que ces déplacements en province me sont de plus en plus pénibles.

L'infirmière est sceptique, moi aussi.. D'après celle-ci, qui la côtoie journellement, ma mère ne perd pas la tête, même si elle cause peu. Mais qu'importe, je suis depuis longtemps habituée à ses coups bas.

Par contre, elle reconnaît Hélène sa soeur.

Est-ce cela la grande vieillesse, ce que l'on appelle pudiquement le quatrième âge ?

Heureusement, mes cousines arrivent avec leur mari et des fleurs. Cela fait plaisir de parler à des gens sains et sympathiques, d'embrasser des peaux fraîches. On nous installe dans la grande salle, au milieu des résidents. Les fleurs sont les bienvenues pour égailler ce triste spectacle. Des photos sont échangées, certaines datent de 60 ans. On se promet de faire des copies et de les expédier à chacun au plus vite pour compléter nos albums de famille.

Le gâteau d'anniversaire est partagé entre nous. Ma mère ouvre enfin les yeux sur cette petite fête organisée en son honneur.

Mais pas un seul sourire, son regard est sans complaisance.

On savoure le champagne bien frais que j'ai apporté. Ma mère souffle l'unique bougie, déguste un petit morceau de gâteau, accepte de boire sa "coupe". En réalité dans un gobelet en carton, et aidée par l'infirmière. Les autres résidents se partagent d'autres gâteaux et du jus d'orange ou de raisin. Pas question d'alcool..

Une jeune journaliste arrive pour prendre des photos qui seront publiées dans les journaux locaux. J'ai préparé un "topo" sur sa vie, ce qui nous évite des commentaires superflus. Elle n'aura plus qu'à concocter une synthèse pour rédiger son article qui doit paraître dans Ouest France et le Réveil Normand, nous précise-t-elle.

En définitif, une fois installés au milieu de tous ces pauvres vieux, on se sent bien, en évoquant, entre cousines, nos souvenirs communs sur le caractère souvent difficile de ma mère, et c'est paradoxal ! C'est peut être le champagne qui nous monte à la tête malgré l'angoisse de devenir comme eux.

Après avoir raccompagné Hélène, je m'arrête de retour vers Paris, chez ma cousine Françoise qui possède une jolie petite ferme restaurée qui appartenait à sa mère. On reparle un instant du passé de nos parents respectifs qui entretenaient des liens familiaux très étroits mais que nous avons été incapables de poursuivre dans cette époque dite, pourtant, de communication.

Deux heures après, épuisée, j'étais à Paris. J'ai regretté que ma petite fille n'ait pu connaître cette branche de ma famille paternelle.

On s'est promis de se recontacter très vite et je suggère de leur envoyer le "topo" que j'ai écrit sur la vie de Léon Gosnet, leur arrière grand père, frère de ma grand-mère Madeleine Gosnet. Il faut remonter à la génération précédente pour avoir des ancêtres communs.

 

le lendemain : un bon coup de blues

Deux jours avant celui de ma mère, c'était mon anniversaire, soit un an de plus... J'ai l'impression d'avoir pris 10 ans en une nuit.

Je suis désormais vieille et je me trouve moche. Il n'y a plus que mon kiné et mon chat qui me regardent !

Je n'ai personne à qui parler, sauf à ma femme de ménage portugaise et je ne comprends que la moitié de ce qu'elle essaie de me dire.

Mon ordinateur est bloqué et je ne peux même pas découvrir mes mails.

Je n'ai que 3 amis sur Face book qui me donnent des nouvelles !

Avec Valérie, ma fille, certains échecs sont irrattrapables, on ne se reconciliera jamais parce qu'on ne peut pas modifier le passé. Je ne la reverrai pas. C'est foutu. Je ne peux plus pardonner ce qu'elle m'a fait encore endurer.

J'ai mal partout, je ne pourrai bientôt plus marcher toute seule, il me faudra une canne, puis un déambulateur, et enfin, dans quelques années, un fauteuil roulant en skaï ***.

Je ne peux plus rêver de voyage ni de bel hôtel. Les programmes télé sont nuls. Les hommes politiques sont ringards ou pourris.

Non, je ne veux pas aller en maison de retraite, je veux mourir en bonne santé dans mon lit.

Je ne veux pas devenir Alzheimer comme mon père et centenaire comme ma mère.

J'ai rien à me mettre, ma garde robe est bonne à donner au Secours populaire.

La France est en faillite.

Glauque !

Oui, c'est mon anniversaire, mais je n'ose plus avouer mon âge.

J'ai le cafard.. celui des mauvais jours.

 

Le jour d'après

Ma petite fille Aurélie téléphone. On va déjeuner ensemble pour fêter mon anniversaire, dans un très bon restaurant poissons et coquillages de Versailles.

Ouf, je me sens mieux, moins déprimée.

Ma garde-robe est la même qu'hier, et j'ai largement de quoi m'habiller.

Douche, maquillage, brushing, blush, et c'est reparti.

 

anniversaire 100 ans

 

 

juin 2014

Hospitalisation pour une deuxième prothèse de hanche.

Après une semaine à l'hôpital, deux semaines en centre de convalescence.

On ne trouve rien de mieux que de me mettre en quarantaine huit jours pour cause de contact avec des médecins ou soignants ayant été proches d'un malade atteint d'une "maladie exotique". Laquelle ?? On ne veut pas me le dire. Je rentre à la maison enfin pour retrouver avec plaisir les yeux de mon chat et le sourire de mon Kiné !

Quelques jours après, gros problèmes avec ma fille... alors que je ne l'ai pas vue pendant ces trois semaines d'hospitalisation.

Elle m'insulte après un banal désaccord, me coince dans un coin de l'entrée alors que je lui demande de quitter ma maison, j'ai cru qu'elle allait me taper dessus.

Et, comme d'habitude : coups de pieds dans les portes, hurlements sur le palier, gros mots..

**

Ma fille ne m'apporte que des souffrances. Au quotidien, elle m'use, me fragilise, m'affaiblit.

Je n'en peux plus d'elle. Je décide de ne plus la voir, de ne plus répondre à ses coups de téléphone, de lui ouvrir ma porte.

Le choc m'a meurtrie, marquée, me hantera pendant des années.

Juillet 2014

Aurélie part en vacances à Majorque avec son copain Gilles

aurelie

Aurélie et Gilles

 

fin septembre 2014

françoise

Week-end chaleureux en Normandie, chez mes cousins Gosnet... pour parler généalogie familiale et donner les résultats de mes recherches sur la branche maternelle de ma cousine Françoise... voilà 6 mois que je travaille dessus !!

Une belle tarte aux pommes de Normandie faite maison : c'est délicieux, et dégustée sous un doux soleil de fin d'été, cela nous fait apprécier la vie.

 

Décembre : Aurélie déménage ...

Elle réquisitionne tous ses copains/copines et leurs voitures et camionnettes.. quel boulot !!

Deux escaliers à descendre, trois à monter..sans ascenseur, toujours à Versailles.

Mais cela valait le coup.. Final le jour de Noël. On plante le sapin au milieu du salon.

Que du bonheur pour elle. Je suis heureuse..

sapin

Joyeux Noel à Tous

Fin d'année houleuse en France : les crèches sont interdites dans les endroits publics.. ça devient pénible leur laïcité !!!

 

 

Année 2015 : les voeux..

1er Janvier : coup de téléphone de Papy, mon ex, il va bien. Je lui parle des gros problèmes que j'ai rencontrés avec notre fille ces derniers temps ... Je n'en peux plus de sa violence verbale.. cela me brise.. elle a hurlé, claqué les portes, insulté, elle m'a secouée en menaçant ..

J'ai peur d'elle désormais, déjà depuis un certain temps. Je vais couper les ponts définitivement.

3 janvier : seule carte de voeux, celle de mon kiné de La Clusaz.. ! super mignon... il est adorable.

Quelques jours plus tard : voeux du cousin Cardoux d'Espagne, coté de mon ex belle-mère, cela me fait plaisir. Il y a quelques mois, je lui avais transmis toute la généalogie Cardoux et des photos de famille, certaines de mariage, datant des années 1900 et de ses arrières arrières grands-parents. En retour, et pour me remercier, il m'avait envoyé à l'époque un très beau bouquet de fleurs par Interflora de Madrid.

Certains hommes peuvent être charmants ! Cela remonte le moral.

Et Dominique, mon amie de toujours, mais que je ne vois plus guère..

Beaucoup de messages sur Face book, mais ce n'est pas pareil.. rien ne vaut la bonne vieille carte de voeux adressée par la Poste.

 

7 janvier.. la France déboussolée... sous le choc..

L'année commence dans l'horreur... attentats : 17 morts abattus à la kalach.. dont les journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo ...

Le glas de Notre-Dame de Paris remis en question...sous prétexte de laïcité, encore ! Je trouve cela odieux.

10/1 : Manifestation monstre dans toutes les grandes villes.. les français et les médias s'interrogent sur le sens de ce rassemblement inhabituel... Moi aussi ! Ce n'est peut-être pas aussi simple que ce que l'on veut bien nous faire croire.... Ras le bol ?

De qui, de quoi en a-t'on marre ?

Du coup, j'achète le roman de Michel Houellebecq : "Soumission". J'en recommande la lecture... C'est peut-être bien ce qui va nous arriver ?

C'est surprenant à priori, mais çà donne à réfléchir..

17 janvier : resto

Pour oublier un peu tout ce cauchemar et l'entrée en "guerre" de la France suivant les propos de notre classe dirigeante, Aurélie (qui panique) et moi (qui en a vu d'autres) décidons d'aller déjeuner dans notre resto fruits de mer préféré à Versailles..

Ce n'est pas ce qu'il y a de plus évident pour garder la ligne, mais cela réconforte !!

Bonne année quand même .. Champagne !

petit dessert léger.. léger ! Aurélie et moi avons décidé d'être "sages", on le déguste à deux !

Je vois la tête de mon kiné et elle de sa diététicienne qui nous font la chasse aux kilos superflus.

On ne leur dira pas ! Silence sur le sujet.

 

Mardi 3 mars 2015 : décès de ma mère

La Normandie.. adieu belle province de mon enfance..

 

Coup de téléphone de la maison de retraite dans la matinée. Comme c'est un homme qui appelle, j'ai tout de suite compris avant même qu'il ne m'annonce la mauvaise nouvelle. Ma mère est morte cette nuit dans sa 101ème année, dans un petit froid glacial comme mon coeur.

J'ai gardé mes larmes pour moi, car je m'y attendais depuis dimanche. Une prémonition. J'étais patraque, angoissée.

Commençent les démarches, les coups de téléphone, courir à droite et à gauche pour partir en Normandie au plus vite, le lendemain matin.

Ne rien oublier.. les fleurs à emporter, de l'essence pour la voiture, des espèces au cas où.., contacter la dame qui garde mon chat en mon absence, l'hôtel à retenir, les pompes funèbres pour un rendez-vous, la mairie pour les papiers officiels, la mutuelle pour son contrat prévoyance, la maison de retraite à rappeler, prévenir Hélène ma tante qui habite sur place mais qui ne répond pas (une fois, deux fois, trois fois). Françoise également, ma cousine qui habite à quelques kilomètres et que mes parents ont longtemps hébergée à Paris lorsqu'elle débutait, mais elle travaille... Ne pas oublier d'annuler mon kiné qui lui, non plus, ne répond pas.. une fois, deux fois, trois fois ! Je laisse un message privé sur Face book à Aurélie qui travaille (au moins c'est facile), je ne préviens pas ma fille (je n'en peux plus d'elle, je suis totalement bloquée compte tenu de ses dernières insultes).

Ne pas oublier de recharger le portable...

Je m'imagine : seule avec le cercueil dans la grande cathédrale de Vimoutiers, puis au cimetière, avec les croque-morts devant le caveau où repose mon père depuis déjà vingt ans !

Impossible, je m'en sens incapable....

Que vais-je faire ? Et les problèmes continuent.. Les Pompes funèbres que j'ai au bout du fil, m'informent que le curé de la paroisse a été hospitalisé et qu'il ne peut pas être disponible. Ils cherchent un remplaçant dans les communes alentours à moins, me suggère-t-on, de me passer de la cérémonie religieuse. Une évidence, lorsque j'explique que je suis seule pour cet enterrement ? Je suis contrariée, mais que dire ? On ne me propose pas d'autre alternative...

19 heures : j'explique les problèmes de santé de mon chat Kimy à sa gardienne occasionnelle, ses médicaments, le n° de téléphone du véto à appeler en cas d'urgence..

20 heures : Hélène la soeur de ma mère me rappelle.. Avec ses 87 ans, elle m'explique qu'elle n'entend plus le téléphone sonner, à moins qu'elle n'ait été en train de nourrir ses lapins dans la cour.. Un jour sur deux, elle regarde son répondeur quand elle n'oublie pas ! Rendez vous est pris pour demain, vers midi, lorsque j'arriverai à destination pour déjeuner. Je n'ai pas parlé du curé indisponible !

21 heures : mon kiné rappelle. Entre temps j'ai envoyé un petit mot pour l'avertir de ne rien prévoir comme soins pour les semaines à venir ! Me croit-il ? il a le don de toujours douter de ce que je lui raconte. J'aurai bien besoin d'un peu de repos à mon retour de Normandie, je suis fatiguée... si fatiguée..

22 heures : Je suis à la recherche du livret de famille de mes parents, réclamé par les pompes funèbres ! Il le faut pour les démarches à la Mairie. Où ai-je pu le ranger : trou de mémoire ?

Mauvaise nuit !

 

9 heures mercredi 4 mars

La nuit portant conseil, je retrouve le livret de famille, du moins une copie, établie par la Mairie de Longuyon lors du décès de mon père, ville de garnison où mes parents se sont mariés en 1937. L'original : quid ? L'ai-je eu en mains un jour ? Si j'ai fait établir une copie, c'est que l'original était perdu ? La mémoire va peut-être me revenir..

Je vais chercher le coussin que j'ai commandé chez le fleuriste. La gelée sur la pelouse de ma résidence me fait dire qu'il ne résistera pas longtemps à la température ambiante, c'est dommage, il est très beau.

12 heures : après trois heures de route j'arrive à Vimoutiers chez ma tante Hélène, sans trop de circulation.

Déjeuner léger, je n'ai pas faim. Je n'ai déjà presque rien mangé hier.. ça ne passe pas.

14 heures, les Pompes funèbres : la cathédrale est trop grande, voire inappropriée pour mon cas solitaire..

Ma tante suggère une bénédiction à la chapelle de la maison de retraite. Faut-il encore trouver un curé ! Elle se met en colère, ce qui finit par me contrarier, car pour reprendre son expression ""pas question d'enterrer sa soeur, donc ma mère, comme un chien"" ! Elle veut, en outre, que les pensionnaires de la maison de retraite qui la connaisse bien puissent assister à cette bénédiction. Alors là, c'est moi qui m'énerve. Je veux être seule avec ma mère, je tolère ma tante et mon cousin Pierre qui habite à quelques kilomètres de là. J'accepte aussi Renée, sa voisine de chambre depuis de nombreuses années, (une petite vieille toute rabougrie, mais gentille), qui répondait toujours à sa place quand j'interrogeais ma mère alors qu'elle faisait la sourde oreille pour ne pas avoir à me répondre. Mais pas toutes les pleureuses de la maison de retraite, c'est impossible, je ne supporterai pas.. Je vais pêter un cable.

Que ça plaise ou non à Hélène. Elle est contrariée, mais tant pis.

Mes parents sont dans mon coeur et je n'ai pas besoin de tous ces bla-bla. Son argument : "Mais moi je suis connue à Vimoutiers.." Peut-être bien, mais ce n'est pas mon problème. Je me rappelle avoir enterré Godia mon petit fils, il y a presque trente ans déjà, sans passer par l'église et pourtant il n'a pas été enterré comme un chien.

Ma douleur était suffisante pour savoir à quel point je l'aimais.

***

Je ne crois plus au bon Dieu depuis des lustres et tout prouve sur cette terre qu'il n'existe pas. Hélène mélange tout, elle m'agace. Oui, mon père a eu des funérailles dans la cathédrale de Vimoutiers il y a vingt ans, mais nous avions encore un peu de famille, notamment ses frères et soeurs tous décédés désormais. Il était connu dans sa ville, faisait parti des anciens combattants et diverses associations. Ma mère, par contre, est fâchée avec tout le monde ! Qu'y puis-je..

Je ne veux pas, non plus, de faire-part. J'ai personne à qui les envoyer, ni de publication dans les journaux. Hélène fait la tronche et des commérages, tant pis !

Nouvelle épreuve : il faut choisir le cercueil et les prestations obligatoires, là encore ma tante discutaille.. On voit que ce n'est pas elle qui règle la facture.. Je suis effarée : coût, plus de 3600 euros ! Quand je pense que ma mère et Hélène, lors du décès de ma grand mère en 1987, n'ont pas voulu régler un centime pour son enterrement. Celle-ci a donc été inhumée dans le carré des indigents ! Je crois rêver.

Le Responsable des Pompes funèbres m'assure, enfin, qu'il va faire au mieux pour trouver un vicaire dans les communes alentours. Vendredi ce n'est pas possible ou alors il faut reporter au lundi suivant. Je me vois mal passer trois jours à errer dans cette ville que j'ai bien connue dans le passé mais où, désormais, tous les commerces ferment les uns après les autres victimes de la crise et de la fermeture de toutes les usines alentours. C'est sinistre. Je me souviens aussi, du temps où en carriole à cheval, nous allions, au petit trot, au marché avec ma grand mère. Tout cela est si loin...c'était en 1950, une autre époque..

Rendez-vous est pris à 11 heures le lendemain matin au bureau des Pompes funèbres pour finaliser la cérémonie.

16 heures, maison de retraite : dernier adieu à ma mère dans la chambre mortuaire. Son visage est reposé, mais très amaigri. Je pose sur sa poitrine la branche d'orchidées blanches que j'ai apportée. Ses mains ne sont pas jointes contrairement aux habitudes, mais l'une d'elle le long de son corps. D'après ma tante, cela voudrait dire que les infirmières n'ont découvert son décès que bien tardivement. Elle était déjà roide. Je ne veux pas retourner dans sa chambre, ni reprendre ses effets personnels. Je veux juste récupérer son alliance pour la porter à mon doigt.

J'ai le coeur serré, une page de ma vie se tourne définitivement. On a tellement raté de choses ma mère et moi !

J'ai tant de peine pour tous ces moments que nous n'avons pas partagés.

Je me sens bien seule et angoissée. Je raccompagne ma tante chez elle. Elle ne me retient pas et ne m'invite pas pour dîner !

17 heures : je fais quelques kilomètres hors de la ville jusqu'à mon hôtel pour y déposer mes bagages. Je discute un moment, avec la gérante que je connais bien pour être venue si souvent. Sa gentillesse me réconforte un peu, après les propos houleux avec ma tante.

Je retrouve cette chambre familière. Voilà au moins 20 ans que j'y séjourne régulièrement avec vue sur le lac, le manège, les écuries pour les chevaux, le tennis, les maisonnettes à flanc de coteaux et les collines verdoyantes du Vitou que j'ai connues enfant. D'abord chez ma grand-mère lors de mes vacances scolaires, puis des années plus tard à chaque fois que je rendais visite à mon père, et enfin à ma mère à la maison de retraite.. La vue est toujours aussi apaisante. Le restaurant par contre n'est ouvert que le midi, sauf le week-end. Rien de prévu pour le soir et je n'ai pas le courage de retourner en ville pour dîner seule.

Il fait froid. Le chauffage est un peu juste. Je dois être la seule cliente dans l'hôtel..

Je grignote quelques gâteaux que j'ai apporté dans mon sac de voyage avec, comme boisson, une tisane bien chaude fournie par l'hôtel !

De toute façon je n'ai pas faim. J'espère faire une bonne nuit...

Avant de m'endormir, j'essaie de trouver dans ma mémoire un souvenir heureux à partager avec ma mère, mais rien ne vient, ce qui me rend encore plus triste.

 

jeudi 5 mars

Il fait beau, soleil et ciel bleu. C'est déjà moins déprimant. La campagne est belle..

La nuit a été agitée... j'ai mal dormi. Levée plusieurs fois avec des crampes dans ma jambe gauche, celle qui vient d'être opérée d'une prothèse.

J'ai froid.

9 heures : petit déjeuner copieux et chaud, seule client dans la salle à manger désertique. .. Je quitte l'hôtel en ne sachant pas si j'y reviendrai ce soir ? Je vais opter pour un retour sur Paris dès la cérémonie terminée, retrouver la chaleur et le confort de mon appartement.

C'est la fin de l'hiver en Normandie avec de la gelée blanche sur les pelouses et du givre sur les vitres de ma voiture. Je pense aux fleurs.. pourvu qu'elles tiennent quelques jours. Elles sont si belles, dans des tons clairs et doux que ma mère aimait..

10 heures : J'ai besoin d'un brushing. J'ai le temps d'aller chez le coiffeur. Cela me remontera le moral.

11 heures : RV avec les Pompes funèbres. J'ai oublié de regarder mon téléphone portable programmé en mode silence/vibration. RV au presbytère avec un curé. Que me veut-il ? Savoir si je me suis convertie à l'Islam depuis ma première communion ? Mais où se trouve donc le presbytère, je ne suis pas de la paroisse ?

Enfin, j'arrive à bon port, aidée par la secrétaire des pompes funèbres.

"Sur quel thème faut il envisager le sermon", me questionne le prêtre inconnu ? Je reste bouche bée.. "Quels sont les goûts de votre maman ?" silence de ma part..Je n'en sais rien. Au bout de quelques instants, il comprend que je ne suis guère proche de ma mère. Je ne suis pas non plus une catholique très pratiquante ! Je lui raconte les rapports tendus entretenus avec elle, et nous décidons de faire l'homélie sur le thème du PARDON !!

PARDON pour ma mère, PARDON pour ma tante.. PARDON pour toute la famille !!

Enfin, on est d'accord.

Je donne 60 euros, en plus des 180 de prestations, pour que soient dites des messes ultérieures en mémoire de mes parents. Le bon curé est satisfait. J'ai l'impression de faire une bonne action. RV est pris à 15 heures cet après-midi pour les funérailles.

Midi, je déjeune avec ma tante Hélène. Le chat "Riton" me fait la fête, ma tante un peu moins malgré mes explications sur les nouveaux arrangements de ce matin avec l'Eglise. Elle me reproche les 60 euros donnés en sus, obole qu'elle estime superflus ! Un comble..

Je n'ai pas faim, je mange peu, pourtant sa cuisine est très bonne comme toujours. C'est une bonne cuisinière réputée..

Pierre mon cousin passe nous chercher. Nous partons pour la maison de retraite. La suite de la journée m'angoisse.

15 heures : mise en bière, un dernier adieu, un dernier baiser glacé. Je réajuste le bouquet d'orchidées qui a été mis à l'envers par je ne sais qui. Curieux.

Mes larmes sont au bord des paupières.

Nous passons dans la pièce servant de chapelle jouxtant la salle funéraire. Un crucifix, une statue de la Sainte Vierge, quelques unes de Sainte Thérèse de Lisieux, une table, des chaises le long des murs.

C'est spartiate. Personne, à part Renée la voisine de chambre de ma mère, la responsable du service de la maison de retraite et une bénévole pour assurer les chants suggérés par le curé. Mes fleurs sont toujours belles.

Le sermon, les chants n'en finissent pas. C'est simple et j'apprécie. J'ai le coeur en compote et l'estomac retourné.

Puis l'encensoir dégage une fumée dense et âcre. Le curé à du forcer la dose... je ne reconnais pas l'odeur d'encens que j'aime pourtant bien... Je tousse, je tousse et cela me porte au coeur. Puis le goupillon passe de mains en mains pour la bénédiction finale. J'ai failli sourire, car Renée sa voisine de chambre arrose copieusement les fleurs au lieu de bénir le cercueil.. Direction le cimetière, la fosse, un dernier adieu à mes parents, les fleurs sont déposées. C'est terminé, je me sens seule au monde encore plus que d'habitude..

Je suis malade, j'ai envie de vomir, j'ai mal au ventre.. vivement qu'on arrive chez Hélène. En effet, il était temps...

Je tente de me remettre de ce gros malaise en buvant un café tout en bavardant avec mon cousin Pierre. J'ai plaisir de le revoir puis je décide de rentrer sur Paris. Arrivée vers 22 heures. J'ai peiné un peu sur la route, ma vue est désormais mauvaise la nuit.

Je suis crevée.. je vais me coucher sans avoir mangé. On verra demain. J'ai des idées noires plein la tête..

Vendredi 6 mars

Je suis malade, un peu de fièvre me semble-t-il, quelques frissons, j'ai du attraper un semblant de grippe. Il faisait quand même très froid. Je vais être patraque pendant deux/trois jours. Repos. Pas de kiné pendant 15 jours, je ne m'en sens pas le courage.

Je lui adresse un mot d'excuse. Une p'tite carte postale ! Il "adore".. ? Au moins, il se marre...

J'aime pas lui téléphoner.. quand il prend sa voix "professionnelle".. Il me stresse.

Je passe le week-end à taper les courriers pour prévenir toutes les administrations : impôts, Sécurité sociale, mutuelle et compagnie..! Dimanche soir : terminé.. dossiers clos. La page de ma famille est tournée. Elle n'existe plus.

Lundi : envoi par la poste de toutes ces lettres, en recommandé A.R.

 

18 avril 2015 : encore une année de plus !

Anniversaire... je n'ai personne à inviter ! Pas si joyeux que cela : sinistre..

Les années : je n'ose plus les compter ..et mon coeur perd la tête .... Qui puis-je aimer ?

 

Aout 2015 - qu'est-ce qu'on fête ? les prochaines vacances... bien sûr..

Versailles : toujours au resto, pour la détente.. avec Aurélie et Gilles

Aurélie et Julie : retrouvailles de deux copines, juste 20 ans après, en Normandie près de Villers : 1995>>2015.

Puis, une semaine dans les Pyrénées chez les parents de Gilles : Espagne, Bordeaux, dunes du Pilat, Hendaye, Biarritz...

Par contre une mauvaise nouvelle : départ définitif , dans le Var, de Joel et Josette, celle-ci étant désormais à la retraite.

Ils quittent Massy et l'Essonne...sans regret.

Leur nouvelle maison avec piscine est splendide ! et ils ne sont pas loin d'Alain et Roselyne, de Corinne, des amis de toujours...

Une page encore de tournée. J'ai le coeur gros.. que de souvenirs ensemble.. !

 

 

13 novembre : attentats à Paris, l'horreur absolue

130 morts, 29 en réanimation absolue, plus de 500 blessés.

La gauche molle et Hollande se bougent les fesses, enfin... !

honte à eux !

Je ne dis pas qu'on aurait pu éviter un tel drame pour tant de familles, mais si les mesures prises après coup avaient été mises en place après les attentats de Janvier, au moins on pourrait dire que l'on a fait quelque chose pour les éviter... Mais là, rien.. !

 

La COP 21 : coup de pub électorale pour Hollande !

une semaine de négociations .. et le gouvernement Hollande tout sourire avec tous les Chefs d'état venus se congratuler et rigoler à Paris.... J'ai honte pour eux, quinze jours après les attentats de Paris.

C'est indécent pour les familles. Une vaste fumisterie... on peut toujours rêver ..

 

4 au 11 décembre : croisière aux Antilles avec Aurélie ma petite fille

Pointe à Pitre, Marie Galante, Antigua, Barbuda, Virgin Gorda, Saint Barth, Les Saintes, Fort de France.... Paris

Antigua : baignade avec les raies, surprenant !

 

 

................................l'arc en ciel sur saint-Barth

 

Frédérique et moi, avec les Chefs.. chef de village, chef des excursions et .. ?

 

Aurélie, promenade en squad .. le bonheur de la découverte

 

Bonne année 2016

 

1er janvier 2016

Encore une année de plus... Espérons que nous ne connaitrons pas, à nouveau, les horreurs des attentats commis en 2015..

Coup de téléphone de "Papy", la santé ne semble pas au beau fixe..cela m'angoisse un peu...!

Plaisir d'entendre, aussi, ma cousine Françoise à "un mois" de sa retraite..

La douce Normandie me manque...

 

 

Mars - Avril - Mai - juin : il pleut sans arrêt.

temps gris, gris, gris ... Y en a marre.. la France est sous les inondations.

 

Juin 2016

La Montagne ça me gagne ... J'ai envie d'air pur et de soleil !!

Direction les Alpes.. Valmorel, le Club Med .. un très bon choix.

le soleil n'est pas à l'arrivée, mais ça va venir... que du bonheur ... soleil, air pur, amitié..

 

vue sur les Alpes . c'est si beau..

 

 

Privilège de l'âge : bisous.. bisous... de gentils GO !

 

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