L'Histoire de la Verrerie

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verrerie du vieux Rouen

 

Un peu d'histoire

Dans la France de l'Ancien Régime, où la naissance définit le statut de chacun, les verriers ne sont pas des travailleurs ordinaires. En effet, ils se disent nobles et sont d'ailleurs connus sous le nom de gentilshommes verriers.

La création d'une verrerie et l'exercice de l'art du Maître verrier conféraient, à ceux qui les pratiquaient, un titre de noblesse, d'ailleurs contesté par la noblesse de robe et d'épée.

Le fait de pouvoir travailler en demeurant noble, même de petite fortune, représente un statut particulier. La chose suscite d'ailleurs, dès cette époque, quelques interrogations. La principale consiste à se demander si c'est le métier qui confère la noblesse ou la noblesse qui donne accès au métier.

Les nobles, qui exercent cette activité nécessaire aux besoins aristocratiques, ne dérogent pas. Ils conservent donc leur état de noblesse, ce qui est important dans une société qui maintient chacun à la place que lui confère sa naissance.

Cette position permet en effet, à son bénéficiaire, non seulement d'installer sa verrerie, mais lui assure, également, l'exemption d'impôts pour lui et ses ouvriers.
Il faut savoir, qu'à cette époque, le verre demeurait un luxe que seules peuvent s'offrir les familles les plus aisées de la société.

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avant la Révolution

L'activité verrière s'est installée essentiellement dans la France du Nord et en Normandie. Les vastes forêts ont attiré ces premiers artisans car elles fournissaient le combustible nécessaire aux fours rendus très gourmands par la nécessité d'atteindre de hautes températures de fusion.

Les forêts qui appartenaient aux Seigneurs pouvaient permettre aux verriers d'obtenir un privilège d'affouage, c'est-à-dire le droit de couper les arbres pour le besoin de leur activité.

De toute façon, les verriers n'avaient pas d'autre choix que de s'approvisionner obligatoirement dans la forêt du seigneur local, ce qui permettait à ces nobles familles d'avoir un revenu régulier, puisqu'elles avaient la haute main sur les tarifs de vente de ce matériau précieux. Les prix restaient donc raisonnables, puisqu'ils étaient constants, car les verriers n'avaient pas à passer par des adjudications pour se fournir en bois.

L'affouage fut aboli à la Révolution comme l'ensemble des privilèges. Les verreries durent désormais acheter leur bois de chauffage comme n'importe qui, en passant par des enchères publiques, ce qui en augmentait considérablement le prix.

la verrerie et cristallerie de Meudon

 

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les verreries du 19ème et 20ème siècle, le syndicalisme :

 

La Houille, venue des profondeurs du sol, allait remplacer le charbon de bois. De nouvelles verreries, aux technologies plus avancées, allaient s'installer près des lignes de chemins de fer pour un meilleur approvisionnement en charbon.

Aussi, celles installées en forêt, fonctionnant toujours au bois, mais devenues obsolètes, allaient fermer les unes après les autres, laissant sans ressource de nombreuses familles qui durent "émigrer" pour retrouver du travail dans d'autres régions de France.

A la fin du 19ème siècle, le livret ouvrier, la loi sur les coalitions, met l'ouvrier à la merci du patron, même si quelques nouvelles lois améliorent la condition des femmes et des enfants.

Au début du 20ème siècle, la Vallée de la Bresle en Haute Normandie est secouée par des grèves très dures, car le Président du Syndicat verrier, Abel Pilon, a été licencié. Les ouvriers demandent sa réintégration. A ces mouvements, le patronat réplique par le lock-out des verreries qui durera plusieurs mois et la mesure s'applique, même, aux non-grévistes. Les familles ouvrières sont dans la misère.

Le 11 octobre 1908, les grévistes manifestent notamment lors de l'inauguration du nouvel hôpital du Tréport. Ils se massent des deux cotés de la route et, lorsque la voiture des autorités passe, les verriers entonnent l'Internationale. Des cris s'élèvent : "assassins, nous voulons du pain, nos enfants crèvent de faim".

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C'est dans un tel contexte que mes arrières-arrières-grands-parents paternels DERCOURT quittèrent Campneuseville (Hte-Normandie), pour venir travailler dans la verrerie-de-Saint-Evroult-Notre-Dame-du-Bois (Orne - Basse Normandie).

Leur fille Juliette se mariera avec Arthur Pignard le 17 octobre 1884 à Saint-Evroult-Notre-Dame-du-Bois (Orne),

Ils auront quatre enfants : Henri, René (mon grand père), Thérèse et Bérengère (voir biographies Pignard et Dercourt)

Blangy la verrerie en Seine Maritime

 

Syndicat verrier
syndicat verrier

 

Abel Pilon et le conflit du 30 juin 1908

voir le site de Fabienne Léguillé son arrière petite fille "http://monsite.orange.fr/campneuseville"

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