La Turquie (août 1987)

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soirée à Kuchadasi
Turquie : l'Anatolie, une contrée magnifique

 

Pour tenter d'oublier mon divorce et tous les ennuis qui en découlent, j'ai choisi un circuit en Turquie de 15 jours avec le Club Med.

 

Aussi, je n'ai qu'une idée en tête : prendre le large deux semaines pendant mes congés d'Août.

Voilà la seule solution qui s'offre à moi pour tenter de me remettre d'une rupture aussi brutale, de la perte de mes repères et de tout ce cauchemar.

Surtout ne pas rester seule à la maison à déprimer, à ruminer les humiliations subies.

L'ambiance, la beauté des paysages de la Cappadoce avec ses cheminées de fées, ses églises rupestres, ses cités souterraines, Gorëme, Ankara, Istambul la magnifique, mais aussi la gentillesse des participants me fera le plus grand bien au moral.

L'hôtel qui nous héberge est sublime. L'ambiance merveilleuse de décontraction. Le paysage un enchantement.

Je sympathise avec Monique avec qui je partage la chambre. Je repartirai l'année suivante, avec elle, pour une découverte magique de l'Egypte, et une croisière sur le Nil. Elle est veuve, mais pleine de gaité et d'entrain. Une veuve joyeuse !

Dans l'avion qui nous transporte d'Istanbul à Izmir, nous allons vivre une étrange aventure.

A notre grand étonnement, notre avion est soudain escorté par des avions de chasse turcs. Sur le coup, c'est impressionnant et inquiétant. Nous nous demandons qu'elle en est la cause ? Les hôtesses de l'air ne semblent pas inquiètes...

En réalité : un passager, Ministre et haut responsable politique, voyage dans le même avion..

On nous informe : interdiction de se lever de nos sièges, même d'aller aux toilettes !

Ouf, la Turquie n'a pas déclaré la guerre !! Inch'allah !!

A coté de Monique qui écrit ses cartes postales au milieu des fou-rires, il y a un mari barbu avec ses deux jeunes épouses dont les tchadors noirs ne dévoilent que leurs yeux rieurs. L'époux, la mine sévère reste imperturbable. Nous sentons qu'elles auraient facilement entamé la discussion, mais c'est exclu vu le regard furibond et impitoyable de leur conjoint qui nous toise.

Autre monde, autres moeurs que je découvre avec étonnement.

A mes cotés un homme égrène son chapelet en faisant rouler des perles d'ambre entre ses doigts. Cela m'intrigue, moi qui voyage pour la première fois dans un pays musulman.

Je me demande : A-t-il peur en avion pour prier ainsi ?

Il entame la conversation et je me serais bien laissé conter fleurette, car c'est un bel homme d'une quarantaine d'années parlant admirablement bien le français et avec qui je sympathise de premier abord. Contrairement à l'autre passager, il est habillé à l'européenne. Son regard sombre pétille et il semble à l'écoute de la bécasse que je suis.

Il me questionne sur mon séjour, étonné semble-t-il de voir une femme voyager seule.

Il veut connaître mon impression sur son pays et, chose plus surprenante, si mes parents m'ont mis en garde contre les Turcs ! J'apprendrai, beaucoup plus tardivement, que son pays a choisi, souvent, de prendre position pour l'Allemagne dans les conflits qui l'ont opposé à la France par le passé. Ce que j'ignorais totalement. et d'ailleurs, c'est bien loin de mes préoccupations quotidiennes. Puis, il s'inquiète de savoir dans quel hôtel je suis descendue. "Au Club Med" je précise, "Ah bon", sans plus de commentaires. Il semble connaître ! Il m'indique avoir fait toutes ses études à Paris et y retourner prochainement après un détour par Alger pour affaires..

Le bel inconnu me demande ce que je fais dans la vie, puis de lui communiquer mes coordonnées en me promettant de me téléphoner. Je lui ai transmis ma carte professionnelle. Monique est scandalisée me disant, après coup, que je suis devenue folle ! A cette époque, je n'avais guère voyagé et je n'étais pas méfiante. Le numéro de téléphone de mon entreprise ne semblait pas présenter un grand danger, ni me faire courir de gros risques...

Arrivés à Izmir, je suis surprise de constater que l'homme donne à porter à un "scribe subalterne" sa mallette mais aussi sa veste. Faut-il croire que lui aussi, est un homme important ?

Sur le tarmac, en bas de la passerelle, des tanks stationnent entourés de nombreux militaires. C'est curieux et cela nous angoisse un peu. Pourtant, il y a également plusieurs personnalités qui attendent et des femmes offrent des bouquets de fleurs, ce qui nous rassure.

Le bel inconnu se transforme brusquement en un homme autoritaire qui donne des ordres d'une voix forte et impérative à une multitude de policiers qui courent dans tous les sens. Comme me le précisera notre guide, c'est un haut responsable de la police chargé de la protection du dignitaire voyageant avec nous et se déplaçant pour la foire internationale.

Son intérêt pour moi n'était donc que policier, semble-t-il. J'étais dépitée !

Je n'aurai jamais d'autres nouvelles, mais j'avais passé un moment agréable à discuter avec lui pendant ce vol.

Avec Monique, qu'est-ce qu'on a pu rire, après coup, de notre petite mésaventure qui nous avait rudement effrayées.

Nous continuons en autocar vers Kuchadasi, jusqu'au village du Club Med où nous profiterons de la mer et de la belle plage. Pendant quelques jours, j'allais me reposer de la fatigue provoquée par ce circuit très intéressant et dépaysant.

Au Club, les journées passent à toute vitesse et les soirées sont, comme toujours, d'une folle gaité.

C'est pendant ce voyage que j'ai connu également Jean-Pierre et Maïté un couple qui habitait Massy, près de chez moi. Nous sommes devenus rapidement amis, et par la suite, je les ai souvent revus. Après le décès brutal de son mari, Maïté va déménager pour se rapprocher de ses enfants. Nous nous reverrons parfois pour des déjeuners avec Dominique, mon amie de l'agence immobilière de Verrières, car j'apprendrai qu'elles se connaissent fort bien depuis longtemps. Comme quoi le monde est petit !

J'ai aimé la Turquie, Istanbul, ses belles mosquées m'ont charmée. C'est la première fois que je voyais des femmes voilées de noir intégralement. Lors d'une visite d'un musée, je remarquais que certaines portaient des masques de cuir, d'autres en or... Des princesses Saoudiennes d'après notre guide.

C'est un autre monde, bien étrange. Mon premier pas vers la découverte du Proche-Orient que j'allais apprécier ultérieurement.

A cette époque, les voiles noirs de l'islam n'avaient pas encore envahi notre planète France.

Retour sur Paris avec des souvenirs plein la tête... C'est sur.. je repartirai !

*****

Dans les années qui suivirent, nous nous retrouverons à plusieurs reprises avec Monique et d'autres amis pour des dîners chez les uns et les autres ou dans des restaurants parisiens pour des soirées pleines d'amitié. Je ferai connaissance de Désirée en Egypte, et nous voyagerons ensemble en Malaisie puis au Guatémala. Désirée avait, comme Monique, une pêche d'enfer qui faisait plaisir à voir. Elle aussi était veuve.

Je me suis posée la question de savoir pourquoi elles étaient si joyeuses. Libérées du joug marital : en était-ce la cause ?

Je n'ai jamais rencontré de femmes divorcées au Club. Il est vrai que les veuves ont un meilleur train de vie que les divorcées. Elles bénéficient de la retraite de leur défunt époux et elles conservent la totalité de leurs biens. Les divorcées que j'ai connues sur Paris rament comme des damnées pour toucher leur pension alimentaire avec retard, tout en élevant quasiment seules leurs gamins...

La différence de statut est significative. Il vaut mieux être veuve que divorcée !!

Mais cela, je me l'étais déjà dit !

 

Kuchadasi : soirée sympa avec Jean Pierre et Maité ( à droite) et....
paysage de la turquie

 

 

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