1994 - Vietnam-Cambodge
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| jeunes marchandes dans les rues d'Hanoï | le passage du bac vers la baie d'Along |
Ce pays communiste, coupé du monde de 1954 à 1989, à parti politique unique, s'est enfin décidé de s'ouvrir aux occidentaux après ces nombreuses années de guerres destructrices et sauvages. Le communisme a fait le reste en l'isolant. Aussi j'ai souhaité y aller faire un tour avant qu'il ne soit trop envahi par les touristes.
L'aéroport international d' Hanoï ressemble à un petit aéroport de province, les bâtiments sont vétustes, les formalités expédiées sans problème d'un coup de tampon. Après une petite ballade en cyclo-pousse, nous n'avons qu'une envie, prendre une douche et dormir. La nuit tombe et seul notre hôtel, confortable, est éclairé car le reste de la ville est dans le noir avec des petites lumières qui scintillent, en tremblotant, au fond des gargotes ouvertes le long des rues. C'est surprenant. La rue est un lieu de vie, la soupe est servie de jour comme de nuit dans des "restos" sur les trottoirs, pratiquement impraticables car envahis par les vélos et les cyclos.
Dans le petit matin blafard : il pleut. Les immeubles à la russe qui se dressent en périphérie sont d'une tristesse à donner le cafard. Nous visitons la vieille ville dont la rue de la soie est l'artère centrale, la partie coloniale au charme rétro, le mausolée d'Ho Chi Minh et sa maison construite en bois d'une simplicité déconcertante, le lac de l'épée restituée, l'île de la tortue... Chaque rue est spécialisée : la rue du coton, la rue du sucre, du riz .. ou porte le nom d'un métier.
Hanoï la prude, ville endormie un peu rétro, ville du nord, s'avérera le contraire de l'éxubérante Saïgon, Ho chi minh ville métropole du sud que nous visiterons plus tard.
Nous partons pour la baie d'Along, via Haïphong .... Nous embarquons sur le bac, seul moyen pour traverser le fleuve. C'est un grand moment, on se croirait dans le film "l'Amant" de Marguerite Duras : vélos surchargés de paniers remplis de canards et poulets, mobylettes bringuebalantes, bus surchargés à bout de souffle.. bain de foule garanti.
Nous descendons dans le seul hôtel de charme qui accueillit Catherine Deneuve et faisons un petit tour en jonque, histoire de nous familiariser avec la navigation. Le lendemain, c'est parti pour la journée et nous avons le privilège de naviguer sous un soleil éclatant à travers d'énormes rochers déchiquetés et recouverts de végétation. On croise des maisons flottantes de pêcheurs avec chiens, antenne télé, hamacs remplis de gamins souriants.. Visite de grottes, déjeuner somptueux sur le bateau, baignade dans une eau verte, translucide à la bonne température. La mer est couleur de rêve, la plage de sable blanc.
Les jours suivants :
-- Hoa lou et ses rizières, et nous prennons des sampans pour une promenade le long de la rivière. Visite de la grotte Bich Dong.
-- Hué la cité impériale, ses pagodes, ses mausolées, le tombeau de l'empereur Tu Duc, Nous embarquons et glissons au fil de l'eau sur la rivière aux parfums. En soirée, diner en costume de mandarins ou courtisanes. Franche rigolade.
-- et enfin Saïgon la dynamique, la moderne, Cholon. La circulation est hallucinante, les deux roues battent tous les records. Les femmes portent l'ao dai, une tunique ajustée ouverte sur les côtés jusqu'à la taille dévoilant un pantalon flottant de satin.
- Cu-Chi et son réseau souterrain de tunnels étroits, témoignage du Viet Cong au cours de la guerre. Projection d'un film vidéo,
- Messe Caodaïste, spectacle surprenant dont la solennité tranche avec le coté kitsch. Etonnant : Victor Hugo était le chef suprême de cette secte !
Retour à Saïgon, à l'hôtel Rex, soirée disco et demain... le Cambodge, Phnom Penh, une ville martyrisée, un tout autre monde. Dans l'avion, un grand nombre de démineurs, des Australiens, des Hollandais, venus extraire des champs les mines anti-personnelles avant de les rendre à la culture et aux paysans.
Le pays semble plus pauvre que le Vietnam, les gens plus souriants : des maisons en bois sur pilotis, des canards, des vaches à bosses, des cochons en grand nombre. Les paysans s'en vont aux champs au rythme lent de leurs charrettes à boeufs. Les routes sont en très mauvais état, des nids de poule, plutôt d'autruche, mais le pays sort d'une guerre civile, d'un génocide monstrueux qui a éliminé 2 millions de Cambodgiens, soit 1/4 de la population. Première tâche du gouvernement : désarmer le pays.
Les habitants sont différents, peau plus foncée, type indien de l'Inde, pas de chapeau conique mais le foulard. On croise des moines bouddhistes vêtus de leur grande robe orange et leur parapluie sert aussi d'ombrelle. Ils sillonnent la ville pour demander l'aumône et ça marche ! Le donateur aura droit à une prière pour mieux se réincarner dans une vie ultérieure si possible meilleure.
On apprend ainsi qu'en 1975 les kmers rouges sont sortis de la forêt. Ils prirent le contrôle du pays, détruisirent les temples et mosquées, rasèrent les écoles, tuèrent les instituteurs, les médecins, les militaires, l'élite de ce pays. Les villes furent vidées, les habitants, les malades, les mourants, envoyés à la campagne, les usines et les hôpitaux détruits. Tous sont contraints de construire des digues pour agrandir les rizières et cultiver le riz.
Ils ont cru réinventer l'année Zéro..
Nous visitons cette école qui avait été transformée en prison, les gens y ont été torturés, égorgés, assassinés. Leurs photos sont affichées, on en a froid dans le dos ! Pol Pot était leur chef, il avait fait toutes ses études supérieures à l'université de Lyon et passé sa thèse avec succès sur le thème d'une civilisation nouvelle, égalitaire, super communiste, sous la houlette du parti communiste français, vietnamien, puis chinois. . La terreur, la paranoïa et la famine s'étaient installées pour un vaste génocide à huis-clos. Dieu n'existait plus, mais les hommes non plus.
Puis visite de Siem Reap. Angkor-vat, grandiose. Il y a des temples colossaux édifiés entre l'an 800 et 1430, des cités entières construites en l'honneur de leurs dieux. Tant d'horreur et de beauté réunies.
Retour à Paris. Je reste dubitative sur la nécessité des mouvements révolutionnaires, dont on nous rebat les oreilles parfois, pour soi-disant refaire le monde afin d'obtenir plus d'égalité et de justice.
| Vietnam : qu'elles sont jolies.. | un marché local : quel délice |
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Cambodge
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| Cambodge : il pleut à verse, le resto est sous l'eau, la végétation est luxuriante | Cambogde : Angkor |
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| pagodes bouddhistes | la vie sur le fleuve |
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| Bonjour, la panne ! | au fil de l'eau |
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