2000 - Espagne - Andalousie (mai)
cliquer sur les photos pour les agrandir
Annie que je ne voyais plus que de temps à autre, (car elle a un nouveau compagnon attitré, Michel), voulait, à la suite d'une dispute, lui montrer son désaccord et, ainsi, partir seule avec moi une semaine en vacances au Club Med où elle n'était jamais allée.
Elle pensait faire preuve d'indépendance !
Je n'étais pas très emballée par son idée car nos différences de revenus et de goûts ne nous permettaient pas d'accorder notre choix. De plus, elle voulait passer une semaine dans un "village" et ne pas en bouger pour se dorer au soleil au bord d'une piscine, alors que moi je privilégie toujours la découverte d'un pays et d'un circuit. Solution, certes, beaucoup plus onéreuse et fatiguante que le farniente.
Bref, elle insista tellement que j'ai cédé, optant pour son choix : un séjour en Espagne du sud. Nous sommes parties huit jours à Puerto Maria pour quelques jours incluant le week end du Ier mai, ce qui s'est avéré une mauvaise idée, comme je le pressentais ...
Le "village" était banal et nous étions logées dans des bungalows sans confort, sans chauffage, alors qu'il faisait encore froid : il pleuvait souvent des hallebardes. Ainsi, le toit de la salle à manger fuyait comme un panier percé et nous recevions la pluie sur la tête pendant les repas, ce qui s'avérait fort désagréable. Bref, pas du tout le confort auquel j'étais habituée dans mes voyages précédents. De plus, les G.O. étaient désagréables, mal élevés, rien à voir avec ceux que j'avais eu l'occasion de côtoyer dans des "villages" de meilleure catégorie.
Dilemme.. Les jours suivants il faisait beau, mais je ne me décidais pas à rester sur le bord de la piscine, préférant l'ombre du bar où je sirotais des jus de fruits ou un petit porto à l'heure de l'apéro,-- la spécialité du coin--, tout en discutant avec d'autres vacanciers. Annie faisait la tête car elle ne buvait que de l'eau par conviction ou pour ne pas dépenser d'argent.
Par ailleurs, le jour où il a fait beau, j'ai attrapé un méchant coup de soleil au cours d'une promenade à pied où elle m'avait entraînée de force, moi qui marche peu et mal depuis mon accident. J'étais rouge comme un crabe ce qui m'obligeait à rester à l'ombre, donc loin d'elle qui ne rêvait que de soleil brûlant et de ballades à pied. De toute manière, je ne supporte pas longtemps de faire le lézard, avachie sur un transat, à dormir à longueur de journée.
Mais, le soleil était enfin revenu et le ciel d'un bleu limpide permettait tous les projets. .
Aussi, afin de découvrir le pays, je décidais de m'inscrire aux excursions facultatives que le Club proposait. Annie ne pouvait pas, ou ne voulait pas (?), dépenser un peu plus d'argent que sa mise de fond initiale, ce qui allait limiter nos visites.
Nous allions découvrir Séville, et par chance, c'était la Féria. Les femmes étaient costumées avec de jolies robes gitanes à volant, de couleurs vives, les hommes montaient de superbes chevaux, partout les danses et les castagnettes se déchaînaient dans la rue, dans une gaieté communicative. C'était splendide. Une journée agréable malgré l'humeur maussade de ma copine qui parlait à tout le monde sauf à moi !
Nous irons également une journée à Gibraltar : le rocher anglais et ses macaques et une autre à Arcos de la Frontera, un jolie village perché.
Les jours suivants, on apprendra que le bateau du Club Med était à quai et que nous pouvions déjeuner à bord. Aussi, pour essayer de dérider mon amie, je lui offrais le repas, elle qui ne connaissait pas ce splendide bateau. J'espérais ainsi la voir, enfin, plus radieuse et de nouveau le sourire aux lèvres. Mais, elle se montra désagréable toute la journée et j'en conclu qu'elle était bêtement jalouse car elle ne supportait pas que je puisse parler de voyages avec les autres vacanciers. C'était, il est vrai, notre seul sujet de conversation, nous échangions nos impressions sur nos différents circuits et nos projets.
De quoi voulez-vous discuter avec des gens que vous ne connaissez pas, sûrement pas du boulot, de politique ou des problèmes de la vie familiale !! Elle considérait que c'était la narguer, elle qui ne voyageait jamais.
Nous reviendrons à Paris plus copine du tout, elle faisait une tête de cent pieds de long !
Je ne la reverrai plus, elle coupa les ponts, je ne cherchais pas à la revoir. Voilà quinze ans que nous nous connaissions, mais nos statuts professionnels et nos modes de vie avaient évolué, devenus très différents entre temps. Ils avaient élevé un mur désormais infranchissable entre nous et pourtant, dans les premières années de notre amitié, nous avions bien rigolé ensemble.
![]() |
|
retour vers la page des voyages ou bio des années 1995 et suivantes : cliquez ici