2002 - Birmanie (novembre)

cliquer sur les photos pour les agrandir

 

Bagan
Lac Inlé

 

Le Myanmar de son nouveau nom

Voilà plusieurs années que je m'interroge : Y aller ou pas ?

Boycotter la Birmanie, est-ce le meilleur service à rendre à sa population ?

Pays gouverné par une junte militaire, fonctionnaires corrompus, répressions ... Ne pas y aller, c'est se boucher les yeux et condamner le pays à ne pas évoluer. Le tourisme est le seul contact extérieur des Birmans. Le tourisme est l'unique moyen, aussi, de parler de la Birmanie.

J'ai donc décidé : j'y vais.

*****

Arrivée à Rangoon, via Bangkok, la chaleur est écrasante, plus de 30°.

Passage de l'immigration sans problème, on me rend mon passeport avec le sourire.

Magique Myanmar au passé prestigieux et à la ferveur religieuse intacte. Il s'ouvre doucement au monde.

Première journée : découverte de Rangoon, le bouddha couché et la très fameuse pagode Shewedagon. L'or est partout, impressionnant.

Le lendemain, départ pour une expédition au Rocher d'Or. La route est intéressante avec ses rizières verdoyantes, ses maisons sur pilotis, ses chars à boeufs. A mi-chemin, nous embarquons dans un camion-bus pour une vingtaine de minutes de montagnes russes. Franche rigolade, tout le monde se marre, le camion est rempli à ras-bord. Arrivés au camp de base, nous prenons possession de notre hôtel et il faut encore une heure de montée à pied pour arriver jusqu'au site. Et ça grimpe dur.

J'opte pour une chaise à porteur avec quatre solides gaillards qui sont aux anges, car c'est leur seul moyen d'existence. On négocie un peu, mais je suis large et je n'aime pas marchander.

Autant qui n'ira pas à l'Etat birman mais dans leurs poches.

Il se met à pleuvoir. Ils pataugent dans la boue.

Le rocher couvert d'or est impressionnant mais dans la brume.

On se demande comment il tient en équilibre sur son promontoire. Les pèlerins, les moines se pressent, la foule monte sans discontinuer et sur le bord du chemin de nombreuses petites boutiques offrent des souvenirs en tout genre. Il pleut de plus en plus belle, la terrasse de marbre où nous marchons pied nus est devenue une vraie patinoire...

Je me ramasse en beauté lourdement. Le chemin pour redescendre est devenu bourbier, torrent d'eau.

Mes porteurs me récupèrent et nous redescendons en courant. Je me demande comment on ne s'est pas étalés dans la boue !

Pour la peine, je leur donne un pourboire supplémentaire et l'un d'eux me désigne mon chapeau de pluie. Je lui en fais cadeau. Ses yeux brillent de plaisir, car ils n'ont rien à part leur gentillesse. Nous retrouvons notre autocar après un parcours en camion-bus découvert, le même qu'à l'aller, toujours sous un déluge de pluie.

Les jours suivants, route pour Bago, avec la visite de la Pagode de Shwemawdaw, le fameux bouddha couché de 55 mètres.

Envol pour Bagan, un des plus beaux sites archéologiques où se dressent sur les bords de l'Irrawaddy de nombreux stupas et des temples chargés d'histoire. Promenade en bateau le long des berges. Nous croisons des bateaux surchargés qui glissent au fil de l'eau, des pêcheurs, des petits villages, des femmes qui lavent leur linge sur la berge, des enfants qui barbotent... trajet très agréable jusqu'au coucher du soleil, gâché cependant par une pluie intermittente, une queue de mousson sur le golfe du Bengale qui allait nous poursuivre pendant toute la fin du circuit.

Le seul avantage, il fait moins chaud.

Par ce matin pluvieux, nous attendons l'avion qui doit nous déposer à Mandeley. Il pleut de plus en plus belle.

La piste d'atterrissage est un vrai marécage, un avion s'est crashé en sortant de la piste. Tout le trafic est bloqué, les touristes s'entassent dans la petite salle de l'aéroport sinistre. Nous allons passer la plus grande partie de la journée à attendre un hypothétique avion qui n'arrivera pas.

Enfin, une décision est prise par notre guide. Il a trouvé un bus calamiteux qui doit nous transporter par la route.

Pas de place pour les bagages qui doivent suivre dans une charrette. La route est en très mauvaise état, nos bagages se renversent dans la boue et il fait déjà nuit. Nous nous arrêtons dans un petit restaurant de campagne où nous sommes regardés avec curiosité, mais la population est accueillante malgré la pauvreté ambiante.

Quelle journée !

Nous arrivons enfin, épuisés, et tardivement à l'hôtel qui, heureusement, est très confortable. Nos bagages se sont perdus en cours de route et nous ne les retrouverons que le lendemain en fin de matinée et dans quel état ! Quelle angoisse cette attente...

Une seule journée à Mandeley pour visiter le site, au lieu de deux. Dommage, et nous ne verrons guère d'artisanat. La balade en carriole promise sera également annulée. Visite d'une fabrique de feuilles d'or et de laque.

Le jour suivant, on visitera l'ancienne cité royale d'Ava en traversant la rivière en bateau où nous attendent des carrioles tirées par des chevaux. Il pleut toujours abondamment, c'est hippique. Jolis paysages de rizières, visite du monastère. Nous retraversons la rivière et sommes trempés jusqu'aux os.

Heureusement, le lendemain, la pluie va cesser en arrivant au lac Inlé, situé à 1328 mètres d'altitude. Il fait beau et frais et la balade en pirogue à moteur est fantastique avec la découverte de villages traditionnels bâtis sur les rives. Nous naviguons au milieu de jardins flottants où poussent toutes sortes de légumes.

Les pêcheurs ont une façon particulière de pécher et de ramer en utilisant une seule jambe. Puis, visite d'un atelier de tissage de soie, c'est archaïque mais ça fonctionne. L'hôtel "lake view" où nous sommes logés est magnifique avec ses jardins fleuris.

Le lendemain, nous visitons la pagode Phaung Daw U aux statues recouvertes d'or et le Monastère Kyaung Nga Phe, célèbre pour ses chats sauteurs. Cela me laisse rêveuse car il n'y a rien de plus cabochard qu'un chat. Il est difficile, voire impossible, de les dresser.

Retour à Rangoon

avec sa circulation intense à coups de klaxons.. Dernière visite au Bouddha couché et à la célèbre pagode de Shwedagon dont l'imposant stupa haut de 98 mètres est couvert d'or.

Départ pour Paris, via Bangkok.

Un beau voyage, mais gâché en partie par un temps pourri.

 

Le Rocher d'Or, le camion-bus et il pleut des cordes
mes quatre porteurs et mon chapeau en prime !

 

sur les bords de l'Irrawady
Rangoon

coucher de soleil sur l'Irrawady

 

le rocher d'Or

 

 

retour vers la page des voyages ou retour vers la bio des années 1995 et suivantes